1967 : lutte pour les civil rights, guerre du Vietnam, Sergent Pepper des Beatles, Velvet Underground, début des Doors … Au même moment, Bob Dylan enregistre des morceaux qui renouvellent le langage culturel américain.
Alors que se multiplient les initiatives muséales privées (fondations Arnault, Pinault, Cartier, etc.), les musées publics apparaissent fragilisés face à des contraintes budgétaires accrues. G. Adam dessine un panorama global des enjeux inhérents à la privatisation des musées.
L’historien Romain Bertrand et le dessinateur Jean Dytar retracent les premières années de la colonisation du Mexique en s’inspirant des gravures sur bois de l’art colonial et des codex mésoaméricains.
Comment l’artiste peut-il représenter le corps endormi, vivant d’une vie invisible et infra-consciente ? La réponse diffère selon les arts. Le Musée Marmottan éclaire ce champ obscur jusqu’au 1er mars.
En s’appuyant sur la pensée de Ricœur, J. Michel propose de transposer l’herméneutique comme méthode d’interprétation des textes au domaine des arts visuels. Mais que risque-t-on à transformer le visible en lisible ?
Et si l’anthropocène était moins un changement d’époque qu’une transformation de l’espace ? Enquêter sur le concept de zone, de la science-fiction à l’écologie politique, permet d’envisager nos milieux de vie comme des agents de transformation, tout en bouleversant nos repères.
Achevé en 1977, le projet d’un centre culturel à Beaubourg avait été lancé par Georges Pompidou dix-huit mois à peine après Mai 1968. Ce contexte politique tendu anime les réflexions des concepteurs du Centre, partagés entre volonté de réconciliation sociale et ouverture aux subversions artistiques.
Dans quelle mesure le Centre Pompidou a-t-il accompagné la reconnaissance de la création africaine et diasporique ? Anne Lafont retrace cette lente conquête de visibilité au cœur de l’institution muséale française, des années 1980 à l’exposition Paris Noir en 2025.
Peut-on vivre de sa passion dans un pays où le régime de l’intermittence n’existe pas ? Pour la sociologue américaine R. Horowitz, les danseurs professionnels offrent un modèle de l’adaptabilité exigée par le marché du travail.
Alors que nous vivons désormais à l’âge de l’IA générative, Mark Algee-Hewitt montre comment l’informatique nous aide à expliquer la vie des concepts, des esthétiques et des genres.
En 1977, le Centre Pompidou inaugurait une bibliothèque d’un nouveau genre, entièrement dédiée aux enfants et représentative des tentatives d’innovations du centre en termes de démocratisation des publics. Régine Sirota en éclaire les usages, entre découverte, plaisir et appropriation des lieux – jusqu’à sa fermeture prématurée.
Peut-on rénover une utopie ? La question se pose avec une acuité particulière alors que le Centre Pompidou ferme ses portes en septembre 2025, pour une rénovation complète de cinq ans.
Au Moyen Âge, les femmes ne se contentent pas d’écouter la musique : elles la chantent, la composent, la copient et la transmettent. Derrière le silence des sources, entre cloîtres et cours affleure une vie musicale insoupçonnée. Un foisonnement de pratiques aujourd’hui rendu à la lumière.
Comment l’art acquiert-il une valeur marchande ? Avant même le marché de la revente et des stratégies spéculatives, deux historiennes se concentrent sur le « premier marché ». Le moment décisif où l’œuvre quitte l’atelier, et que l’artiste fixe son prix et touche son public.
Restituer des œuvres pour réparer l’histoire ? Des pillages coloniaux aux musées contemporains, deux historiennes de l’art montrent la multiplicité des logiques à l’œuvre derrière chaque restitution.
Émilien Sermier met en lumière un pan largement méconnu de l’histoire littéraire : celui des poètes nés en Amérique latine qui ont choisi d’écrire en français. Loin des canons académiques, ces auteurs ont contribué, à leur manière, aux grandes mutations poétiques du XXe siècle.
L’autrice sud-coréenne, prix Nobel de littérature en 2024, raconte dans l’un de ses romans la décision implacable d’une jeune femme qui rompt avec la viande et le sexe. Ce faisant, la littérature fait sécession avec une société emportée par sa vitesse et ses oublis.
La “double vie” de la grande romancière victorienne George Eliot conjugue le champ littéraire et l’expérience matrimoniale. Ses œuvres forment le creuset d’une réflexion sur l’amour, les normes sociales et la liberté.
Peut-on critiquer la littérature contemporaine, qui est un genre en permanente mutation ? Le critique, qu’il soit écrivain, universitaire ou journaliste, se commet à ses risques et périls.
Peut-on produire un récit alternatif à la stigmatisation sociale des périphéries des grandes villes ? À la croisée de l’histoire populaire et des arts urbains, l’exposition du musée national de l’immigration propose une lecture réenchantée des banlieues.
Non seulement la bibliographie du grand écrivain argentin est confuse, mais elle comporte des « inédits » en pagaille. La publication de ces textes oblige à redéfinir sa géographie littéraire, jusqu’à poser la question troublante : qu’est-ce que l’œuvre de Borges ?
Entre épreuves personnelles, contraintes d’atelier et conquête artistique, Artemisia Gentileschi est une figure singulière de peintre femme au XVIIᵉ siècle. À partir de son parcours, Pierre Curie éclaire les spécificités des trajectoires féminines parmi les artistes de l’Europe baroque.
Alors que le surréalisme célèbre son centenaire, W. Asholt retrace un siècle de débats autour de la révolte des avant-gardes contre l’autonomisation de l’art en régime bourgeois.
Face à des directions artistiques plus frileuses, face à la concurrence de la photo et de l’IA, quelle liberté y a-t-il encore pour le dessin de presse aujourd’hui ? Pour Sergio Aquindo qui travaille depuis 25 ans pour la presse, il est encore possible d’y jouer finement de la polysémie du dessin, notamment dans les chroniques judiciaires.
Comment sont écrites les séries télévisées ? L’enquête menée par M. Mille révèle un processus collectif, régi par la division du travail et les contraintes temporelles, en rupture totale avec l’image de l’auteur-réalisateur issue de la Nouvelle vague.
De l’aristocratie déclinante aux classes populaires, Pérez Galdós a dépeint les inégalités sociales qui marquent l’Espagne du XIXe siècle. Ce « Balzac espagnol » fascine le Nobel de littérature d’origine péruvienne.
Chef de file de l’avant-garde musicale au second XXe siècle, Pierre Boulez est né le 25 mars 1925. De 1976 à 1995, il a occupé une chaire au Collège de France. Jonathan Goldman, qui a participé à l’édition de ses cours, évoque ces deux décennies d’enseignement et leur place dans le legs boulézien.
Comment sortir de l’architecture abstraite, où les constructions sont faites sans leurs publics ? La méthode de Peter Ferretto repose sur l’observation, l’engagement et l’osmose entre enseignement, pratique, recherche et impact social.
Le film que Walter Salles consacre à la disparition de l’ancien député Rubens Paiva a provoqué de nombreuses polémiques. Il est surtout un acte de mémoire dans le long chemin que le Brésil parcourt pour se rendre justice.
La parturition est un sujet presque absent de l’histoire de l’art. Quelques planches et toiles émergent néanmoins de ce silence et nous livrent le regard d’artistes masculins, partagés entre fascination et effroi devant la souffrance de la mise au monde.
Ici, les concurrents risquent leur vie de plein gré, sans qu’il soit jamais question de morale ni d’idéal commun. Le corps-à-corps a remplacé la délibération. À l’heure où le président sud-coréen tente de balayer l’opposition démocratique, la politique rejoint la fiction.
Entre ordre et transgression, critique sociale et fascination pour l’étrange, l’image de la folie dans l’art modifie le regard porté sur la marginalité. Du Moyen Âge au romantisme, de la fête des fous à l’enfermement, les représentations reflètent autant de regards sur l’insensé.
26 gravures au trait de Moritz Retzsch jouèrent, par leur diffusion et leurs métamorphoses, un rôle clé dans la diffusion européenne de la première partie du chef-d’œuvre de Goethe. L’approche globale de l’objet livre renouvelle l’analyse des œuvres littéraires.
À l’opposé de l’idée du texte clos sur lui-même, Florent Coste milite en faveur d’une théorie et d’une pratique politiquement engagées. Comment inventer des formes nouvelles de radicalité agissant depuis l’intérieur du système ?
Lors de tout procès qui se tient à la Cour Pénale Internationale, les juges traitent des centaines d’éléments de preuve afin de rendre leur verdict. Les œuvres-outils tranchent dans la masse des données et offrent un raccourci artistique et visuel indispensable à l’administration de la justice.
Les architectes rendent aujourd’hui la terre inhabitable : au lieu de réutiliser ce qui est déjà là, ils poussent à l’extraction des ressources et produisent des déchets impossibles à recycler.
La passion est un thème récurrent de la littérature, mais les histoires d’amour sont souvent en fait des histoires d’abus. Les notions modernes de « harcèlement », d’« emprise », de « consentement » et de « mémoire traumatique » permettent de relire nos classiques de manière éthique.
Muse du cinéma moderne puis « insoumuse » révoltée, l’actrice et réalisatrice féministe Delphine Seyrig semble plus que jamais notre contemporaine, par la persistance de son aura comme par l’écho rencontré par ses combats.
S’inscrivant dans l’entreprise de longue haleine d’une « politique de la littérature », Jacques Rancière révèle la portée révolutionnaire des intrigues faussement inoffensives dont Tchekhov a nourri ses nombreux récits.
En trois volumes rassemblant l’œuvre écrite et parlée de Chantal Akerman, apparaît l’écrivaine derrière la cinéaste.