Sans l’apport de la psychologie, la philosophie ne peut pas comprendre la déraison à laquelle a mené la pensée du progrès et des Lumières. L’école de Francfort en a fait le constat dès les années 1930.
Une étude croisée des réalités soviétiques et états-uniennes permet de saisir l’impact de l’arme nucléaire sur leurs sociétés respectives et sur ces villes de l’atome sans « chômage, ni pauvreté, ni criminalité ».
Le rejet de la croissance économique est-il nécessaire à la lutte contre le réchauffement climatique ? Guillaume Delafosse propose une alternative post-croissante au « croissantisme » et au « décroissantisme » autour de quelques exemples de politiques publiques.
Les voyages à Tahiti ont donné lieu, au XVIIIe siècle, à une littérature abondante, souvent idéalisante ou affabulatrice. Entre Européens et Polynésiens, le dialogue ne pouvait avoir lieu, tant les relations entre eux étaient asymétriques.
Regroupant des études sur des sources longtemps peu mobilisées (images, objets, vestiges) dans le cadre de l’histoire de l’esclavage, paraît la première publication du comité scientifique du programme « Routes des personnes mises en esclavage. Résistance, Liberté et Héritage » de l’UNESCO.
On a découpé l’espace en méridiens non seulement pour s’y orienter, mais aussi pour délimiter les frontières ou répartir les ressources. Une manière très occidentale de mettre la main sur le monde.
La liberté que nous invoquons résulte-t-elle du rejet d’un idéal plus exigeant ? Soutenant l’idée que l’indépendance face au pouvoir a cédé la place à une liberté conçue comme simple absence d’entraves, Quentin Skinner identifie une mutation à la racine du discours libéral.
La silhouette féminine est depuis longtemps l’objet de normes sociales. À l’heure des réseaux sociaux, ces normes s’intensifient et provoquent en réaction des mouvements « body-positifs ».
Abbès Zouache est connu pour avoir développé une anthropologie de la guerre dans le Proche-Orient médiéval. Dans cet essai personnel, fondé sur son expérience entre Moyen-Orient et Europe, il propose une réflexion sur la croisade comme phénomène mémoriel, en Occident comme dans les pays arabes.
Alors que se multiplient les initiatives muséales privées (fondations Arnault, Pinault, Cartier, etc.), les musées publics apparaissent fragilisés face à des contraintes budgétaires accrues. G. Adam dessine un panorama global des enjeux inhérents à la privatisation des musées.
Rousseau n’est pas un penseur du déclin, qui jugerait que l’histoire est un mouvement de corruption. Sa philosophie critique n’est pas pessimiste, mais permet de penser les conditions de l’action politique, et avec elles celles de la liberté.
Dans le sillage du renouveau des études sur les épidémies, la peste de Marseille (1720-1722) constitue un épisode important, tant du point de vue documentaire que de celui de l’histoire de la maladie, que Frédéric Jacquin tente d’approcher en enquêtant sur le vécu des acteurs concernés.
À Los Angeles, la résistance des habitants et des pouvoirs publics à la politique anti-migrants manifeste l’ampleur du militantisme populaire. On voit s’engager là une lutte majeure pour la souveraineté territoriale.
À combien doit-on estimer le prix d’une vie pour interdire les chaudières au fioul ? Pourquoi la tarification du carbone reste-t-elle compliquée ? Le changement climatique va coûter cher, Fanny Henriet revient sur les propositions des économistes pour l’atténuer.
À distance des mythes et des fantasmes, Sébastien Bourdon retrace l’histoire des « antifas » et décrit les modalités d’un engagement qui ne se limite pas à la lutte contre l’extrême droite.
Ghassan Hage montre comment la physique du social élaborée par Bourdieu permet de penser les formes de domination contemporaines à travers ce qu’il appelle une « écologie existentielle ».
Il est des moments, dans l’histoire de la production intellectuelle, où les outils conceptuels doivent être transformés. L’architecture du système sert à retravailler les héritages, et plus ceux-ci sont massifs, plus elle doit être puissante afin d’aboutir à ces transformations.
Les conservateurs et les réactionnaires ne doivent pas être confondus : les premiers défendent la démocratie libérale, quand les seconds s’attaquent à ses fondements. Mais le conservatisme est-il encore, aujourd’hui, une force politique et intellectuelle ?
Deux sociologues allemands ont cherché à dresser un portrait psychique des électeurs d’extrême droite. Les promesses non tenues par la société libérale expliquent le désir de destruction au cœur de l’identité fasciste.
S’appuyant sur l’histoire de la pensée économique, le testament intellectuel du grand économiste français Daniel Cohen montre que la croissance économique n’a de sens que si elle contribue au bonheur et invite à repenser l’économie comme un art de vivre.
Que disent les signalements de galériens du XVIIIᵉ siècle sur l’institution judiciaire et policière ? En confrontant archives administratives et notes personnelles, Arlette Farge donne à voir une histoire où l’identification des corps engage aussi l’émotion et le regard de l’historienne.
F. Teroni suit pas à pas les Méditations de Descartes, sans craindre d’en relever les insuffisances en retournant l’arme du doute contre lui et en le confrontant aux débats contemporains.
L’extrême droite n’en a pas fini avec Rousseau. A. de Benoist et M. Onfray, dans un livre paru chez Fayard, souhaitent à nouveau s’en débarrasser, le premier en expliquant qu’en réalité il est conservateur (et donc récupérable), le second en affirmant qu’il est moderne (et donc irrécupérable).
Une étude menée auprès de 20 400 répondants aux États-Unis montre que les personnes pour qui le monde se divise en perdants et en gagnants sont plus favorables à une redistribution plus égalitaire et à des politiques d’immigration plus restrictives.
L’historien Romain Bertrand et le dessinateur Jean Dytar retracent les premières années de la colonisation du Mexique en s’inspirant des gravures sur bois de l’art colonial et des codex mésoaméricains.
Derrière les milliers de certificats d’exilés arméniens passés par Marseille se cachent les traces d’un génocide et des chemins innombrables empruntés par ses survivants. Dans les marges, les ratures et les silences des formulaires administratifs se lisent la fin d’un monde et la survie.
Dans la Chine de Xi Jinping où toute dissidence semble impossible, des publications hétérodoxes ont continué à s’exprimer sur des supports divers, même s’il reste difficile de saisir les logiques de la censure et des sanctions auxquelles les auteurs se sont exposés : une anthologie en esquisse le panorama.
À l’heure de l’administration Trump II, l’Europe doit se tourner vers l’autonomie stratégique pour compenser le déclin de la relation transatlantique. Cela implique de financer les capacités militaires et l’indépendance économique de l’Europe par la dette communautaire.
La taxation de l’héritage est très impopulaire, alors que la transmission des patrimoines est la source majeure des inégalités sociales. Au XIXe siècle pourtant, cette taxation et sa légitimité étaient discutées.
Dans leurs récentes recherches sur la politique israélienne, Noam Gidron et ses coauteurs explorent la polarisation affective du pays, le soutien à la réforme judiciaire, le populisme du Likoud et les relations entre ces différents éléments.
Comment l’artiste peut-il représenter le corps endormi, vivant d’une vie invisible et infra-consciente ? La réponse diffère selon les arts. Le Musée Marmottan éclaire ce champ obscur jusqu’au 1er mars.
Entre Valois et Habsbourg, la lutte pour l’hégémonie européenne place la péninsule italienne du XVIe siècle au centre des affrontements. Marqués par des ententes fragiles et de soudains changements d’alliance, les rapports franco-florentins deviennent alors le laboratoire d’une diplomatie nouvelle.
En s’appuyant sur la pensée de Ricœur, J. Michel propose de transposer l’herméneutique comme méthode d’interprétation des textes au domaine des arts visuels. Mais que risque-t-on à transformer le visible en lisible ?
De la mobilisation de la GenZ à l’effondrement d’une autocratie à Madagascar, la lecture en termes d’économie politique permet d’expliquer la chute du régime malgache.
Sur l’île de Peleliu eut lieu, en 1944, une bataille particulièrement meurtrière. B. Cabanes en raconte la sauvagerie, dans un récit singulier qui multiplie les points de vue et s’efforce de saisir pourquoi elle peut encore nous hanter.
La statistique publique constitue un repère indispensable pour le débat et l’information au service de la société, Fabrice Lenglart, directeur général de l’Insee, montre sa contribution à la mesure de la pauvreté et à l’analyse de ses tendances récentes.
Que nous apprennent les sciences sociales sur ce que sont – et ne sont pas – les guerres civiles ? Fort de décennies d’enquêtes au cœur de la violence, Gilles Dorronsoro propose une théorie générale des guerres civiles et démontre l’utilité sociale de l’enquête de terrain.
Le harem a nourri l’imaginaire occidental jusqu’à aujourd’hui, véhiculant le cliché d’un monde despotique et misogyne. L’imposante documentation réunie par J. Dakhlia offre une vision plus nuancée.
L’adoption du mode de scrutin proportionnel apparaît aujourd’hui, selon deux politistes, comme une condition nécessaire pour redonner à la démocratie française la capacité de renouer avec des gouvernements représentatifs, stables et opérationnels.
Les minorités peinent souvent à faire reconnaître les savoirs qui leur sont propres, ou même les transmettre. Aux injustices sociales et raciales s’ajoutent ainsi des injustices épistémiques, contre lesquelles il faut également lutter.