La sécularisation n’a rien d’un modèle occidental qui se serait étendu lors de la décolonisation ; c’est, selon M. A. Meziane, le colonialisme lui-même qui l’a propagé comme un moyen de domination.
De plus en plus nombreux, de plus en plus pollueurs, les superyachts sont une capitalo-scène : ils matérialisent en un espace à la fois démesuré et très circonscrit la face cachée et criminelle du capitalisme actuel, avec ses fastes fatals aux écosystèmes.
Définir le social de telle sorte qu’il puisse non seulement inclure les animaux, mais aussi toutes les relations entre les espèces : c’est ce qu’entend faire T. Ingold dans ce recueil d’articles. Le défi est grand, mais à la hauteur de ce que demande aujourd’hui une anthropologie écologique.
L’imposante biographie que Claire Weill consacre à Konrad von Moltke est l’occasion de décrire les processus qui ont permis de mettre les enjeux environnementaux sur l’agenda politique des instances internationales et européennes.
Pourquoi le capitalisme est-il si chaotique ? demande Anna Tsing depuis les montagnes de Bornéo saccagées par l’exploitation. Aborder les connexions globales et les idéaux universalistes comme de puissantes mises en récit permet de comprendre et de résister.
L’abeille est notre sentinelle environnementale. Si elle meurt, nous aussi. Pollution, ravage des insecticides, recul de la biodiversité : si l’on veut sauver le monde des ruches, et le nôtre avec, il faut rapidement changer de modèle.
L’appropriation, l’exploitation et l’asservissement de la nature, selon un courant qui entend renouveler le marxisme à la lumière de l’écologie, mènent le capitalisme à ses limites structurelles. Mais cette crise enveloppe-t-elle les conditions de son dépassement ?
Comment interpréter le scandale du « dieselgate » au-delà de la cupidité des constructeurs ? Samuel Klebaner s’écarte des condamnations normatives pour procéder à une analyse complexe des interactions entre les évolutions réglementaires et les comportements des constructeurs automobiles.
L’émergence, dans la seconde partie du XXe siècle, des politiques de protection de l’environnement, résulte d’une série de compromis entre mobilisations contestataires et soutien au développement économique et urbain : une transition par petites touches plus qu’une véritable transformation écologique des villes.
Qu’est-ce qu’un vin “naturel” ? Derrière cette appellation en vogue, un ouvrage plonge dans les pratiques professionnelles, les savoirs concurrents et les débats agitant le monde de l’agriculture dite alternative.
L’accumulation infinie dans un monde aux ressources finies : tel est le vertige des modernes. Mais dans la préoccupation actuelle pour l’écologie, il faut aussi voir une métamorphose de la question sociale.
Comment l’environnement est-il considéré par les discours et statistiques économiques ? Un ouvrage collectif examine autant les études des économistes que les activités d’acteurs militants ou d’entreprises qui cherchent à mesurer l’environnement ou à en faire abstraction.
Les efforts pour faire de Delhi une ville « globale » s’accompagnent d’une destruction de la nature et des communs, ainsi que d’une relégation des pauvres à la périphérie. L’évolution de cette métropole témoigne du besoin urgent de concilier justice écologique et justice sociale.
Selon P. Aghion, C. Antonin et S. Bunel, seule l’innovation technologique permettra de répondre aux défis sociaux et environnementaux auxquels est confrontée l’humanité. Le capitalisme et le « pouvoir de la destruction créatrice » se heurtent toutefois à la complexité des décisions microéconomiques.
Robert Boyer offre une lecture des conséquences économiques et politiques de la pandémie qui va à l’encontre de discours iréniques sur l’avènement d’un nouveau monde. Sa géopolitique des capitalismes jette un regard inquiet sur les conflits entre États et entreprises multinationales.
Quels sont les leviers à actionner pour sortir du tout-automobile ? La déshabituation à la voiture passe par de nouveaux modes de déplacement (vélo, train, bus) et un « permis de mobilité » offrant une plus grande agilité.
Comment sortir de la croissance énergivore ? La question n’est pas nouvelle, un groupe d’historiens recense les tentatives passées, toutes avortées, pour constituer des sociétés écologiques. Un répertoire d’idées pour l’avenir ?
La « compensation écologique » consiste à réparer les dégâts d’un projet d’aménagement par la reconstitution d’un écosystème de même valeur. La nature vient au secours de la nature. Malheureusement, on ne parvient jamais reconstituer un écosystème à l’identique.
Éloi Laurent offre une remarquable synthèse des débats théoriques comme des initiatives pratiques des tenants d’un au-delà du PIB. Son mode d’emploi est enthousiasmant, au risque cependant d’occulter les conditions politiques d’une telle transformation.
Le county de Teton, dans le Wyoming, connait la plus grande concentration de richesse de tous les États-Unis. Les grandes fortunes qui s’y sont installées y affichent un engagement pro-environnementaliste et revendiquent un rapport authentique à la nature. Mais...
Et si Foucault, après s’être intéressé aux « hommes infâmes », s’était penché sur l’histoire des marginalités écologiques, traquant les ermites, bons sauvages et autres hommes des forêts ? Philippe Artières forge une fiction contre-factuelle avec de vraies archives.
La modernité s’est construite sur l’idée d’un partage fondamental entre la nature et la culture, entre les humains et les non-humains, entre le monde et l’esprit. Ces distinctions, comme le montre un ouvrage collectif et interdisciplinaire, n’ont désormais plus cours.
Le nouveau grand compromis à inventer entre capitalisme, démocratie et système-Terre passera, selon David Djaïz, par une réhabilitation de la nation démocratique, vecteur premier des solidarités sociales et territoriales et seule à même de décélérer la mondialisation.
La propriété privée est aujourd’hui sacrée ; et sa définition très stricte interdit que l’on puisse remédier aux inégalités et aux défis environnementaux. Mais elle n’a pas toujours été conçue de cette manière : c’est la Révolution française qui l’a inventée.
Quels sont les effets de l’œuvre d’art sur la conscience et sur la société ? L’art écologique renouvelle cette question de manière urgente, en appelant à l’amitié pour la nature mise à mal.
Les doctrines les plus influentes (libérales, socialistes, marxistes) qui se sont affrontées depuis le XIXe siècle pour définir l’avenir des sociétés industrielles ont en partage le productivisme, dont l’hégémonie a marginalisé les alternatives écologiques. Vivons-nous la fin de cette domination ?
Que devons-nous à la nature ? Et à quelle nature ? Dépassant les éloges dualistes de la wilderness, le philosophe Rémi Beau invite à observer l’ordinaire de la nature. Dans les espaces indéterminés que sont les friches, nous pourrions trouver la source d’un nouveau rapport éthique. Mais pour quelles implications pratiques ?
L’écologie aussi connaît un tournant décolonial. Les travaux – inédits en français – de l’anthropologue Arturo Escobar montrent comment les luttes des indigènes et les mouvements de libération en Amérique latine apprennent à lutter de façon réaliste contre le néolibéralisme, et à favoriser un usage responsable des ressources.
L’épuisement des ressources halieutiques mondiales ne résulte pas tant d’évolutions anarchiques qui affecteraient les océans que de politiques concertées, appuyées par les États, d’industrialisation de la pêche et de maximisation des captures. Au cœur de cette prédation, des armadas de bateaux-usines…
Le sol des villes est partout et gravement pollué, du fait d’activités industrielles aujourd’hui disparues. Une pollution invisible et indifférenciée, qui vient apporter une nuance de taille aux théories de la justice environnementale.
Producteur de déchets toujours plus nombreux, l’homme moderne n’a plus avec eux le même rapport. Que révèlent ces déchets que l’on tente de cacher ou d’éloigner de nos sociétés ? Maîtrisons-nous les déchets que nous tentons de gérer ou nous échappent-ils ?
Investissement socialement responsable, obligations vertes, agences de notation extra-financières : depuis quelques années, la « finance climat » se développe. Sans implication des États, ses outils suffiront-ils à financer la transition vers une économie mondiale neutre en carbone ?
L’écologie politique ne date pas des années 1970, elle est née au XIXe siècle, de la conviction de penseurs progressistes qu’il ne saurait y avoir d’émancipation sans respect de la nature — être de gauche, c’était alors nécessairement être écologiste.
Qu’est-ce que l’écoféminisme ? Une anthologie présentée par Émilie Hache introduit le lectorat français à ce courant de pensées très divers, qui s’attache à penser le lien entre nature et féminisme loin de tout essentialisme.
« Nourrir les villes nécessite des efforts gargantuesques, qui ont sans doute davantage d’incidences physiques et sociales sur nos vies et notre planète qu’aucune autre de nos activités. » Synthétique et accessible, le livre de l’architecte anglaise Carol Steel dresse un bilan édifiant de l’évolution de l’approvisionnement alimentaire.
À partir des notions-clés de la pensée environnementale aux États-Unis que sont la frontier, la wilderness et l’ensauvagement, William Cronon montre que l’histoire humaine se déploie dans un cadre géographique, grâce à des ressources naturelles qui la marquent profondément. Manière de rappeler que l’écologie est un humanisme.
La philosophie de Leibniz fera-t-elle de nous des écologistes ? C’est le pari de Pauline Phemister, qui montre, à partir de la théorie leibnizienne de la perception et de l’interdépendance des êtres, que la biodiversité est une forme de beauté dont la destruction appauvrit notre expérience.
À la fin du XIXe siècle, le critique d’art et penseur social John Ruskin se retire avec plusieurs disciples dans le Nord de l’Angleterre pour vivre plus proches de la nature. Les idéaux qui les animaient peuvent-ils encore nous guider aujourd’hui ?
L’idée d’une nature sauvage à protéger des avancées techniques ne prend en compte ni la complexité des artefacts, ni ce qu’implique aujourd’hui la protection de la nature. En mettant l’accent sur la notion de biodiversité, C. et R. Larrère cherchent à donner un nouveau fondement à l’écologie politique.
Lieu de promenade, de divertissement voire d’émerveillement, le parc national est aussi un instrument au service de la Nation. Guillaume Blanc analyse cette imbrication entre environnement et politique à partir du cas de la France, du Canada et de l’Éthiopie.