Essai International

Platon banni ou la démocratie américaine en péril


par , le 24 février


Au-delà du Texas, où un enseignant a été sommé de retirer Platon du programme, la dictature idéologique a commencé aux États-Unis. Il s’agit d’un assaut contre les universités, la liberté de pensée et d’expression. Comment résister à ce rouleur compresseur ?

Interdire un texte de Platon dans un cours de philosophie dispensé dans une grande université ? A priori, c’est surréaliste. C’est pourtant ce qui s’est passé aux États-Unis, à Texas A & M University (TAMU), où j’ai enseigné le français de 1986 à 2024. Si cette interdiction a pu abasourdir le monde extérieur, elle n’a pas surgi de nulle part.

Bien au contraire, la censure d’un extrait du Banquet (où Aristophane relate le mythe des androgynes pour expliquer les ressorts de l’amour humain) n’est que le plus récent des méfaits découlant d’une série d’initiatives prises par le gouverneur du Texas Greg Abbott et les Républicains dans l’Assemblée législative de l’État qui, depuis des années, visent à museler les professeurs et à empêcher tout enseignement qui les dérange, notamment lorsqu’il s’agit des questions de genre et de sexualité, ainsi que des inégalités et injustices raciales.

Une volonté de mainmise

Plusieurs incidents ont déjà émaillé cette volonté de mainmise sur les universités. En mars 2023, Joy Alonzo, professeure de pharmacie, s’est vue frappée d’une suspension temporaire d’enseignement, soumise à une enquête administrative et publiquement réprimandée, après qu’elle a été accusée d’avoir critiqué en classe le gouverneur adjoint Dan Patrick sur sa méthode de gérer la toxicomanie. La fille d’une alliée politique de Dan Patrick y ayant assisté avait signalé la prétendue critique (qui n’a jamais été confirmée ni même caractérisée par l’enquête) à sa mère, laquelle s’était mise en contact avec lui. Il lui avait suffi de s’en plaindre auprès du chancelier de toutes les facultés de la TAMU pour que celui-ci exige la mise au pas de Mme Alonzo [1].

Au mois de juillet de cette même année 2023, le College of Liberal Arts à TAMU avait, dans un premier temps, embauché avec enthousiasme une de ses anciennes élèves, Dre Kathleen McElroy, pour venir diriger le programme de journalisme. Cela n’a pas plu à une coalition d’autres anciens élèves, déterminés à ramener TAMU à ses racines ultra-conservatrices, ni surtout au Board of Regents, le conseil d’administration dont les membres sont nommés par le gouverneur Abbott.

Ulcérés par le fait que Mme McElroy, Africaine-Américaine, avait travaillé pour le New York Times et qu’elle avait mis un point d’honneur à introduire davantage de diversité dans la formation et les activités des journalistes, ces deux groupes ont exercé des pressions pour que son contrat d’embauche (initialement fort honorable) soit modifié de manière à permettre son renvoi d’un jour à l’autre – ce qui était inacceptable, si ce n’est insultant. Elle a naturellement choisi de garder sa chaire de journalisme à l’Université du Texas à Austin, l’autre grande institution d’enseignement supérieur publique dans l’État, où elle sert aussi de codirectrice du Center for Ethical Leadership in Media [2].

Au début de ce mois de juillet 2023, une loi imposant le démantèlement de tous les programmes de DEI (diversité, équité et inclusion) dans les universités publiques du Texas avait été votée par l’Assemblée législative de l’État et signée par le gouverneur. Mais les Républicains du Texas n’en sont pas restés là. Dans le sillage de l’« ordre exécutif » émanant de Trump le 20 janvier 2025 et exigeant que seul soit juridiquement valable le sexe biologique assigné à la naissance, le gouverneur Abbott a décrété que toutes les agences de l’État devaient aligner leurs règles et pratiques officielles sur cette reconnaissance exclusive des deux sexes « valables » [3].

Contrôle à tous les étages

Cet alignement ostentatoire sur la doctrine de Trump n’a pas manqué de se répercuter sur les salles de classe et les enseignants, comme l’a montré le cas de la professeure Melissa McCoul, brusquement mise à la porte au mois de septembre 2025, à la suite d’un échange avec une étudiante offusquée par une séance consacrée à la question du genre dans un cours de littérature. Dans l’enregistrement vidéo que cette étudiante avait secrètement fait faire par une autre personne dans la salle de classe, on la voit s’élever pour affirmer que le sujet du genre non binaire était illégal, car Trump avait déclaré qu’il n’existe pas [4].

Après que la scène a été mise en circulation sur les réseaux sociaux par Brian Harrison, un élu républicain connu pour ses charges tonitruantes contre la communauté LGBTQ+, le gouverneur Abbott s’en est emparé pour exiger le licenciement non seulement de la professeure, mais aussi du président de TAMU. Entre le début de la controverse provoquée dans un cours d’été et son dénouement au mois de septembre sont survenus un certain nombre de rebondissements, mais, à la fin, Mme McCoul s’est retrouvée sans emploi. Le chef du département d’anglais, ainsi que le doyen du College of Arts and Sciences, ont été démis de leurs fonctions [5]. Le président de TAMU s’est trouvé lui aussi poussé à la sortie une petite dizaine de jours plus tard, quoiqu’avec un parachute doré de 3,5 millions de dollars.

Ce n’était pas tout. Dans la foulée de ces actions d’éclat, tous les conseils d’administration des universités publiques du Texas ont exigé que chaque cours proposé sur chacun de leurs nombreux campus soit soumis à un contrôle rigoureux, afin de supprimer tout contenu qui ne soit pas conforme aux directives de Trump ou d’Abbott. En clair, cela visait à éliminer toute idée, toute perspective, toute approche traitant des questions de race ou de genre, sous prétexte d’obligation juridique, bien qu’il n’existe aucune loi – ni au niveau fédéral, ni au niveau du Texas – qui interdise l’enseignement de tels sujets [6].

Le conseil d’administration de TAMU a par surcroît exigé que tout cours semblant promouvoir une « idéologie de race ou de genre » ou qui porte sur des questions de genre ou d’orientation sexuelle reçoive au préalable une dérogation expresse accordée par le président de l’université. Par ailleurs, il était interdit d’aborder en classe un quelconque thème qui ne soit pas explicitement prévu dans le programme de travail, lui-même soumis à un contrôle strict [7].

Philosopher sans Platon (et les autres)

L’appareil administratif et les modalités d’application de ces directives adoptées pour limiter l’enseignement aux sujets jugés admissibles par le locataire du Bureau ovale, le gouverneur du Texas et les élus républicains de l’État étaient désormais en place, prêts à fonctionner. Cela n’a pas tardé à produire des résultats, dont le plus frappant a été la mise à l’index du Banquet de Platon, programmé pour un cours de philosophie portant sur l’éthique.

Voyant que les passages choisis par le professeur Martin Petersen traitaient de patriarcat, de masculinité et de genre, la cheffe du département de philosophie Kristi Sweet, appliquant les restrictions imposées, lui a donné une alternative : soit supprimer ces pages de Platon, soit enseigner un tout autre cours à la place de celui qui lui avait été initialement assigné. M. Petersen a choisi de remplacer la discussion de Platon par des conférences portant sur la liberté d’expression et d’enseignement, tout en faisant référence à des articles de presse portant justement sur la suppression de Platon dans son cours [8].

La suppression d’un texte d’un des plus importants philosophes de l’Antiquité, étudié depuis quelques vingt-cinq siècles par d’innombrables générations, a fait le tour de monde. Mais ce n’était que la partie émergée de l’iceberg. Au moins six autres cours ont été annulés, tandis que 200 autres au bas mot – le nombre exact reste impossible à déterminer, les données n’étant pas révélées – ont subi une censure à cause des questions de race ou de genre qui pouvaient se poser dans les conférences et discussions prévues. D’autre part, TAMU a annoncé fin janvier la suppression pure et simple du programme de Women’s and Gender Studies, depuis longtemps un élément central de l’enseignement littéraire dans les facultés américaines.

Les mêmes restrictions ont été mises en vigueur dans tous les établissements d’enseignement supérieur publics au Texas, parfois de manière encore plus stricte, comme c’est le cas à Angelo State University (ASU), où la censure s’avère draconienne. Sous peine de licenciement, les professeurs d’ASU doivent s’abstenir non seulement de toute discussion, mais aussi de tout propos laissant entendre qu’il y a autre chose que deux sexes ou deux genres (masculin et féminin). Leurs programmes de travail doivent être exempts de toute information au sujet des personnes trans, et ils sont tenus d’appeler les étudiants par leurs noms officiels donnés à la naissance et de n’afficher aucun signe LGBTQ+ dans leurs bureaux [9].

Et ailleurs aux États-Unis

Il est vrai que, même si les grands centres urbains comme Houston, Dallas, Austin votent démocrate, le conservatisme est depuis longtemps enraciné au Texas. Le gouverneur Abbott, caressant sans doute des ambitions présidentielles et en tout cas heureux d’occuper le devant de la scène, a toujours tout fait pour mettre la politique texane à la pointe de la guerre culturelle et de la répression brutale de l’immigration.

On aurait tort cependant de voir dans ces exemples de dictature idéologique un phénomène simplement régional. Il s’agit de l’assaut MAGA contre les universités et leurs interrogations intellectuelles, lancé au niveau national. Dès le début de son second mandat, Trump et son équipe ont exercé des pressions sur les universités les plus prestigieuses – Columbia, Harvard, MIT, Stanford, Penn, Chicago notamment – pour qu’elles mettent fin à leurs programmes de DEI et limitent l’enseignement de ces principes [10]. Dans de nombreux États, des professeurs ont été inquiétés et même licenciés soit pour avoir abordé des sujets controversés, soit pour avoir moqué Charlie Kirk, le militant vedette de l’organisation d’extrême droite Turning Point USA assassiné le 10 septembre 2025, au moment même où le renvoi de Mme Melissa McCoul, suivi de la démission forcée du président de TAMU, défrayait la chronique.

Dans bon nombre d’États, comme c’est le cas au Texas (où a été créée une agence gouvernementale chargée de donner suite aux griefs des étudiants ou de quiconque se plaint de cours ou propos contraires aux directives censurant l’enseignement de certains sujets), les professeurs doivent désormais mettre sur Internet, sous une forme rapidement accessible aux moteurs de recherche, le plan de tous leurs cours. Tant et si bien que les professeurs se sentent à tout moment surveillés, y compris dans leur vie privée [11].

La volonté de soumettre la pensée, le discours et les connaissances aux normes dictées par le Bureau ovale ne s’arrête pas aux écoles et universités. Les musées et les parcs nationaux ont été obligés de retirer ou d’effacer toute information soupçonnée de nuire au prestige des États-Unis ou de blesser la fierté nationale [12]. L’équipe de Trump a aussi procédé à des coupes claires dans le budget de toutes sortes de recherches scientifiques [13], tandis que l’agence chargée de surveiller les conditions météorologiques a vu ses finances réduites de manière drastique, ce qui limite sévèrement ses capacités de recherche [14].

Toute référence au changement climatique a dû être supprimée sur les sites Internet et dans les documents gouvernementaux [15]. Des bibliothèques de la NASA documentant des décennies de recherche sur le climat ont été fermées, rendant l’information inaccessible [16].

Démolir les valeurs de la démocratie libérale

Cette offensive ne concerne pas seulement les élites universitaires et les intellectuels. Elle entrave le discours public et la vie culturelle en général. J’en veux pour preuve l’exemple de ce qui est arrivé localement à Little Rock, où le cycle de conférences « Evenings With History », visant à mettre les universitaires au contact du grand public, a été annulé après que les historiens organisateurs ont refusé de dissimuler les taux d’incarcération révélant un racisme structurel [17].

De même, les prestations de Carlotta Walls, l’une des célèbres « Little Rock Nine » (ayant puisé les trésors de courage nécessaires pour braver injures, humiliations et menaces pour intégrer la Central High School de Little Rock en 1957), voient tomber en chute libre le nombre d’invitations pour venir témoigner de son parcours de combattante. Certaines conférences déjà programmées ont été annulées dans le sillage de la charge MAGA contre tout programme DEI. Elle assure qu’il en va de même pour bon nombre d’autres conférenciers noirs [18].

On le voit bien : il s’agit d’une tentative quasi totalitaire pour contrôler non seulement le discours académique, mais aussi la pensée, voire la possibilité de connaissances indépendantes. Fondée sur les débats ouverts et la libre transmission des idées, ainsi que sur la recherche non entravée de la vérité, la démocratie américaine est en péril. Reprenant les courants anti-intellectuels depuis longtemps présents aux États-Unis, les républicains MAGA prétendent combattre une élite privilégiée, arrogante, déconnectée des réalités quotidiennes, irresponsable, voire dangereuse, car hostile aux « valeurs » américaines.

Mais Trump va encore plus loin, non seulement en méprisant le débat d’idées, mais aussi en le rendant impossible, répondant aux critiques par la moquerie, l’injure et la grossièreté. Comme le remarque Jonathan Rauch, cela fait partie d’une stratégie cohérente visant à démolir les normes du discours public dans les sociétés libérales [19].

Comment résister ?

Platon banni, les universités bâillonnées, la démocratie bafouée : l’heure est terriblement grave. Comment résister à cette offensive tous azimuts visant à museler, si ce n’est définitivement étouffer toute pensée critique, toute voix dissonante ? La réponse n’est pas aisée. Les grèves et manifestations massives auxquelles on pourrait s’attendre dans le contexte français sont peu susceptibles de mobiliser des foules – du moins pas à l’extérieur des campus américains – aux États-Unis, encore moins au Texas.

Si descendre dans la rue fait depuis longtemps partie de la lutte sociale et de la confrontation des idées en France, tel n’est pas le cas aux États-Unis, même si la contestation de la guerre du Vietnam et de la ségrégation constituait une exception à la règle dans les années 1960. L’organisation de syndicats d’enseignants est prohibée au Texas. Le grand public, on l’a vu, tend à se montrer peu sensible aux griefs des professeurs de l’enseignement supérieur.

Je ne saurais élaborer une stratégie d’ensemble ni formuler des mots d’ordre. Néanmoins, on peut citer quelques exemples significatifs, à commencer par le refus de Barclay Key, directeur du département d’histoire à la University of Arkansas Little Rock, de camoufler le contenu de la conférence « Race, Ethnicity, Gender, and the Death Penalty in Arkansas and the United States » pour ne pas s’attirer la foudre des élus conservateurs de son État. Voyant que l’administration de son université avait effacé de son site l’annonce de la conférence, ses collègues ont décidé par vote de retirer leur participation. Par ailleurs, M. Key s’est démis de son poste de chef du département en signe de protestation. C’était à mon sens la réponse appropriée.

Certains chefs de département et deans (presque toujours des professeurs ayant accédé à un poste administratif) suivent l’ordre d’exclure les textes et thèmes risquant d’enfreindre la nouvelle règle bannissant l’« idéologie de race et de genre » ou demandent à leurs collègues de les supprimer des programmes. C’est à mon sens se compromettre, en acceptant de devenir l’un des rouages, sans doute secondaires, mais indispensables, de la censure actuellement en vigueur.

Le rôle des étudiants

D’autres professeurs ayant subi la censure, comme M. Petersen cité plus haut, s’empressent de le signaler haut et fort à leurs étudiants, attirant l’attention sur l’objet et les motifs de leur censure pour mieux souligner l’importance de la liberté de pensée et d’expression. Certains professeurs de la Texas Tech University, se trouvant soumis à la censure, ont adopté une stratégie semblable en donnant aux étudiants un programme de travail indiquant en lettres majuscules sur les numéros de page à lire « DO NOT READ », ou en ajoutant la mention « censored » sur certaines lectures initialement prévues.

Pour sa part, le professeur Leonard Bright de la Bush School de TAMU n’a pas hésité à dénoncer les méfaits de cette politique de censure en prenant la parole (comme son collègue Martin Petersen) devant le Board of Regents, le conseil d’administration. Ils n’en sont pas restés là. M. Bright a adressé une lettre ouverte aux étudiants, professeurs et administrateurs pour faire remarquer qu’au moment même où l’université commémorait la vie et l’œuvre de Martin Luther King, la politique de censure en vigueur trahissait son legs. De son côté, M. Petersen a multiplié les interviews dans la presse et les médias, rédigeant lui-même un éditorial [20].

Par ailleurs, Petersen et Bright se sont retrouvés au centre d’un rassemblement en plein air organisé par ce dernier : les étudiants se sont joints aux professeurs pour protester contre les tentatives de mettre au pas les uns et les autres. Le rassemblement a fait l’objet de reportages de la part du quotidien publié par les étudiants de TAMU [21]. Venant manifester leur soutien aux professeurs, tout en insistant sur leur désir d’accéder à un enseignement non filtré, ce sont peut-être les étudiants qui sont les mieux placés aujourd’hui pour mobiliser l’opinion publique, à commencer bien sûr par leurs parents.

Naviguer sur les océans du monde

Les professeurs auraient tout à gagner à sortir des couloirs quelquefois étroits de l’académie, pour organiser des conférences, masterclasses, tables rondes et forums, afin d’alerter le grand public. Au lieu de se parler entre spécialistes, ils rendraient leurs enseignements et recherches plus accessibles, sans oublier de partager le plaisir de la découverte, de l’élucidation et de la compréhension qu’ils poursuivent dans leur métier.

L’enjeu est d’importance, car la « valeur » (monnayable, s’entend) des diplômes universitaires se voit de plus en plus remise en question depuis une dizaine d’années. Le coût des études ne cesse de grimper, tout comme le montant de la dette accumulée par des centaines de milliers d’étudiants devant recourir à des emprunts, souvent sans pouvoir trouver de poste assez bien rémunéré pour leur permettre de les rembourser, une fois leur diplôme en main. Dans ces conditions, comment s’étonner que les étudiants et leurs parents se soucient d’abord de suivre un parcours débouchant sur des postes accessibles et bien payés ?

Dans le même temps, les cours de lettres proposés leur semblent trop souvent axés sur des thèmes et des discours aussi arrogants qu’édifiants découlant d’échanges entre spécialistes. Tout cela donne une cible de choix non seulement aux républicains MAGA, mais aussi aux champions du capitalisme néolibéral.

Dans ce contexte, il est urgent non pas d’évacuer toute discussion susceptible de mener à la contestation (revenir sur la nature du pouvoir politique, de l’ordre économique et des institutions socioculturelles, comme on doit le faire d’une manière ou d’une autre dans les études littéraires ou de sciences sociales, suscite immanquablement de vifs débats), mais d’insister sur le fait que ces études constituent l’une des pierres angulaires des sociétés libérales depuis leur origine. Ensuite, il s’agit de démontrer leur pertinence pour naviguer sur les océans du monde contemporain, tout en construisant sa propre vie.

Il faut tout mettre en œuvre pour transmettre cette passion de comprendre et le plaisir de la culture dans tous les sens du terme. Plus les étudiants, leurs parents et le grand public partageront ces valeurs, plus les tentatives de mise au pas des universités, des professeurs et des connaissances provoqueront l’indignation. Ainsi pourra commencer la résistance contre le rouleau compresseur politique et culturel piloté par Trump et ses acolytes.

par , le 24 février

Pour citer cet article :

Nathan Bracher, « Platon banni ou la démocratie américaine en péril », La Vie des idées , 24 février 2026. ISSN : 2105-3030. URL : https://laviedesidees.fr/Platon-banni-ou-la-democratie-americaine-en-peril

Nota bene :

Si vous souhaitez critiquer ou développer cet article, vous êtes invité à proposer un texte au comité de rédaction (redaction chez laviedesidees.fr). Nous vous répondrons dans les meilleurs délais.

Notes

[1Kate McGee et James Barragán, «  Texas A&M suspended professor accused of criticizing Lt. Gov. Dan Patrick in lecture  », The Texas Tribune, 25 juillet 2023.

[2Stephanie Saul, «  Texas A&M Celebrated a New Journalism Director. Then Came the Complaints  », The New York Times, 12 juillet 2023.

[3Emma Whitford, «  Texas Systems Review Course Descriptions, Syllabi, as Critics Scrutinize Them  », 9 octobre 2025.

[4Le caractère tendancieux, voire explosif du commentaire de cette vidéo tronquée et mise en scène, apparaît clairement.

[5«  Texas A&M fires professor over gender-identity lesson in literature course  », NBC News, 10 septembre 2025.

[6Emma Whitford, «  Texas Systems Review Course Description  », op. cit.

[7Nicholas Gutteridge, «  Texas A&M system approves policy to restrict faculty from advocating ‘race and gender ideology’  », The Texas Tribune, 13 novembre 2025.

[8Emma Whitford, «  Plato Censored as Texas A&M Carries Out Course Review  », Inside Higher Education, 7 janvier 2026.

[9«  ASU to Put New Transgender Policies in Place  », The Concho Observer, 19 septembre 2025.

[10«  Tracking Trump’s Crackdown on Higher Education  », U. S. News & World Report, 3 octobre 2025.

[11Vimal Patel, «  Professors Are Being Watched : ‘We’ve Never Seen This Much Surveillance’  », The New York Times, 4 février 2026.

[12Kanishka Singh, «  Trump reshapes US historical and cultural institutions  », Reuters, 30 janvier 2026.

[13Evan Bush, «  Trump tried to gut science research funding. Courts and Congress have rebuffed him.  », NBC News, 4 février 2026.

[14Dinah Voyles Pulver, «  Dramatic budget cuts at NOAA could put weather forecasts in peril, lives in danger  », USA Today, 1er juillet 2025.

[15«  Disappearing data - Trump administration removes climate information from government websites  », Department of Earth Sciences, Freie Universität, Berlin, 6 mars 2025.

[16Cody Boteler, «  ASA library closure in Maryland the latest in Trump cuts to space research  », The Baltimore Banner, 1er janvier 2026.

[17Austin Gelder, «  Lectures on race and history canceled in latest assault on academic freedom in Arkansas  », 24 janvier 2026.

[18Micah Smith, «  Little Rock Nine icon Carlotta Walls LaNier confronts new barriers to sharing her story  ».

[19Jonathan Rauch, «  Yes, It’s Fascism  », The Atlantic, 25 janvier 2026.

[20Voir Martin Petersen, «  Texas A & M told me not to teach these Plato readings. That’s not how you make universities great again  », 10 janvier 2026, MS Now.

[21Taryn Stilson, «  ‘Education is our right’ : Protestors demonstrate for academic freedom  », The Battalion, 30 janvier 2026  ; voir aussi le reportage photo fait par le même journal des étudiants : Steve Carrasco IV et Mateo Aguirre, «  GALLERY : Aggies for Academic Freedom Protest  », The Battalion, 29 janvier 2026, https://thebatt.com/multimedia/gallery-aggies-for-academic-freedom-protest/.

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