Le roquefort n’est pas seulement un fromage français, célèbre dans le monde entier. Il est aussi le produit d’une histoire originale, celle de l’industrie agro-alimentaire qui naît en France dans la deuxième moitié du XIXe siècle. S. Vabre retrace cette histoire, liée à l’émergence du capitalisme français.
Rompant avec la vision du paysan éternel et des campagnes conservatoires des traditions, Joëlle Zask montre que l’agriculture nourrit une véritable culture démocratique. Cultiver sa parcelle, c’est reconnaître une communauté d’égaux. Amour de la terre, amour de la liberté et de l’égalité ?
Étudiant la pensée des théoriciens allemands du sionisme, l’historien Olivier Baisez relève l’ampleur de tous ses emprunts. Il montre aussi que le sionisme n’a jamais été une utopie mais un projet dès ses débuts ancré dans le réel.
Comment se détermine la valeur de l’art contemporain sur un marché de l’art globalisé ? Dans le domaine de l’art contemporain mainstream, la formation du prix résulte d’un processus multipolaire dont les artistes, les marchands et les collectionneurs n’ont plus l’exclusivité dans la mesure où interviennent désormais des intermédiaires obscurs ou invisibles.
Certains partis proposent aujourd’hui que la France quitte la zone euro. Gregory Claeys s’attache à montrer qu’une telle sortie serait en vérité cataclysmique pour l’économie du pays.
Dans cet essai d’anthropologie historique, Jérôme Baschet met en évidence les conceptions et représentations que la civilisation occidentale s’est faites de la personne, avant que la modernité n’opère le « grand partage » entre corps et âme.
Dans La Politique du Blé, Alain Chatriot retrace le débat politique qui a accompagné la naissance de l’Office Interprofessionnel du Blé, établissement public créé en 1936 par le gouvernement de gauche au pouvoir en vue d’une stabilisation du prix du blé – et contribue ainsi à l’étude des interventions étatiques sur les marchés agricoles.
La Vie des Idées est en vacances. Nous reprendrons nos publications le lundi 28 août. Voici, en attendant, une sélection de textes et d’entretiens publiés cette année.
La tolérance est-elle la dernière vertu des modernes ? Tolérer l’autre, c’est d’abord souffrir une présence, nous rappelle utilement Denis Lacorne dans ce panorama des formes sociales et politiques de la tolérance, de l’empire ottoman aux sociétés multiculturelles.
Ce nouveau dossier de La Vie des idées présente un panorama des pratiques d’influence, d’intermédiation et de corruption entre les sphères publiques et privées des démocraties à travers le monde.
Le remboursement des créances publiques par les États surendettés constitue-t-elle vraiment une priorité politique ? Éric Toussaint, économiste militant, explique que certaines dettes sont odieuses et propose de réformer l’architecture financière internationale en conséquence.
Deux siècles après la naissance de Marx, l’historien du socialisme Gregory Claeys revient sur la formation intellectuelle du penseur et sur sa postérité multiforme, de la Révolution d’Octobre jusqu’au regain d’intérêt qu’il suscite depuis la crise de 2008.
Le capitalisme et la démocratie semblaient, il y a encore quelques années, faire bon ménage. Mais le divorce est consommé, analyse Jean-Fabien Spitz : le marché se porte bien, les régimes autoritaires fleurissent et le désintérêt pour les droits des individus ne cesse de grandir.
Investissement socialement responsable, obligations vertes, agences de notation extra-financières : depuis quelques années, la « finance climat » se développe. Sans implication des États, ses outils suffiront-ils à financer la transition vers une économie mondiale neutre en carbone ?
Les échanges de liquidités entre banques centrales ont constitué une réponse pragmatique à la crise financière. En contournant le FMI et les règles du jeu multilatéral, ces pratiques pourraient mettre en péril la cohésion des dispositifs de régulation économique internationale.
Alors qu’un traité international sur la responsabilité sociale des multinationales est actuellement en négociation aux Nations Unies, Marieke Louis montre comment les entreprises ont investi les arènes de la gouvernance mondiale et fait ressortir les rapports ambivalents entre États et multinationales.
La trajectoire du dirigeant de SpaceX illustre les contours du nouveau capitalisme technologique. Si Elon Musk est souvent célébré comme un entrepreneur révolutionnaire et visionnaire, il s’appuie néanmoins sur des répertoires patronaux classiques.
Les modèles prédictifs en écologie supposent généralement le maintien du capitalisme. Or, selon Claire Sagan, l’adaptation à la situation écologique mondiale exige de dépasser l’hégémonie capitaliste, et, par voie de conséquence, la notion d’anthropocène.
Pour expliquer le constat d’un échec scolaire plus important des élèves issus de l’immigration, M. Ichou propose de prendre en compte les caractéristiques pré-migratoires des familles. En s’appuyant sur des données et des méthodes originales, il pose de solides fondations pour renouveler le débat.
Le journaliste Karim Lebhour publie une bande dessinée sur son expérience au mythique siège de l’ONU à New York. Que peut-on retirer d’un tel témoignage pour penser les relations internationales contemporaines ? Qu’apporte le format BD, à mi-chemin entre fiction et reportage ?
China managed to maintain a certain amount of economic activity during the lockdown, but at what cost and under what conditions? This article highlights the regime’s use of the media alongside the political and market logics specific to China.
What can literature teach us about China’s experience of democracy in the twentieth century? In an ambitious work, Sebastian Veg explores the links between fiction and democracy in his search for a critical reflection on the reader-citizen.
According to Isabelle Thireau, there is a political realm in authoritarian regimes, where citizens voice their expectations and evaluate the legitimacy of decisions, public policies and leaders, thus contributing to the assessment of what is acceptable and what is good government.
How can we move beyond abstract architecture, where buildings are constructed without their audiences? Peter Ferretto’s method is based on observation, engagement, and the osmosis between teaching, practice, research, and social impact.
The modernization process China is undergoing has significantly affected the family system and the status of the Chinese elderly. The traditional social structure has been undermined and, as a result, the state’s responsibility to ensure the welfare of the elderly has increased. This paper details the reasons for the emergence of the elaborate reform of the social protection system of the elderly that is under way and gives an insight into China’s pension system.
According to Australian specialist of social classes David S.G. Goodman, China is still far from a capitalist country. In this interview, he maps out the connections between the Chinese middle classes, the upper class and the Communist Party and their political implications.
An interview with a Chinese political scientist trained in American universities gives us an insight into China’s pragmatic policy of local experimentation. It chronicles how officials in the municipality of Chongqing have seized the opportunity offered by its special status to launch a unique blend of liberal and socialist economic policy.
David Bandurski explains that, despite the ongoing control of the Party, the Chinese media and their relationship to their audience have greatly changed thanks to the growing commercialization of the media, professionalism of journalists and the rise of the Internet and social media.
This dossier examines the recently reopened debate on regional integration in Asia. What are the obstacles to the construction of an Asian Union? How is the issue tackled in Japan, China or Australia?
In order to better grasp protests and social movements in China, whose number has impressively swollen in recent years, Books&Ideas presents a dossier on the evolution of social mobilization and on the representation of social instability in this country.