La Vie des idées est un magazine international d’analyse et d’information sur le débat d’idées.
Le débat sur l’existence des « cathares » divise. Hérétiques dualistes organisés en contre-Église ou fruit d’une construction médiévale reprise et amplifiée au XIXe siècle pour des raisons identitaires ? Le choix s’impose désormais, qui empêche toute synthèse de compromis.
Face à la défaite de 1940, Marc Bloch mettait en accusation le système d’enseignement. Notre temps appelle à relire son diagnostic.
Pourquoi les négociateurs internationaux se sont-ils tant attachés, malgré les échecs répétés, à la solution à deux États pour trouver une issue au conflit au Proche-Orient ? Pour Robert Malley, dans un monde profondément nouveau, tout est à revoir pour reconstruire à partir des débris.
Les massifications scolaires favorisent-elles la mobilité sociale ? Une analyse comparative de 40 pays montre qu’elles ont contribué à desserrer le lien entre origine et destinée sociale.
Les ouvriers peinent à se faire élire dans les communes où ils sont pourtant majoritaires. Julian Mischi, à partir de l’étude de trois villes, s’interroge sur cette marginalisation.
À propos de : Marc Lazar, Pour l’amour du peuple. Histoire du populisme en France, XIXe-XXe siècles, Gallimard
À propos de : Frédéric Ramel, Espace mondial, Presses de Sciences Po
À propos de : Alexia Blin, À l’assaut de l’abondance. Socialisme et consommation du XIXe siècle à nos jours, Puf
Célèbre pour sa critique du dualisme cartésien et pour son style plein d’esprit, le philosophe anglais Gilbert Ryle incarne le triomphe planétaire, mais oublié, de la philosophie du langage ordinaire d’Oxford de l’après-guerre aux années 1960.
Et s’il existait une alternative à la fin catastrophique de l’histoire et au progrès illimité du « bon Anthropocène » ? Jean-Baptiste Vuillerod propose de prendre l’histoire à contre-sens pour surmonter la crise écologique contemporaine en s’inspirant des rapports passés ou non modernes à la nature.
La rencontre entre la post-croissance et les espaces urbains concrétise une économie du bien-être qui peut redonner vie au projet européen à l’heure où le continent s’interroge à raison sur son identité mais à tort sur son déclin.
Et si la raison, comme le montre aujourd’hui la logique marchande, était finalement bien plus capable de calculer des moyens que de poser des fins ? Le dernier recueil de Jürgen Habermas, le chantre de la raison communicationnelle, témoigne d’un surprenant revirement vers la religion et le registre compassionnel.
Partant d’une comparaison entre l’Asie et l’Europe, l’anthropologue Jack Goody dénonce ce qu’il appelle le « vol de l’histoire ». Il reproche à Elias, Braudel ou Needham d’avoir conforté le grand récit qui fait de l’expérience historique de l’Europe à la fois une exception et la mesure de l’histoire du reste du monde. Cette critique est utile et légitime, selon Jacques Revel, mais repose sur des jugements parfois tout aussi globalisants que ceux qu’elle entend contredire.
À propos de : S. Müller-Doohm, Jürgen Habermas. Une biographie, Gallimard
L’ouvrage de T. Piketty a incontestablement lancé une réflexion de grande ampleur. C’est ce que soulignent les trois articles critiques qui lui sont consacrés dans ce dossier, auxquels répond T. Piketty, précisant la manière dont il a retracé l’histoire des régimes inégalitaires.
Dix ans après le déclenchement de la crise financière, ce dossier rassemble l’ensemble des textes qui lui ont été consacrés sur la Vie des idées. Des outils pour comprendre comment elle s’est étendue au monde, en la resituant dans le contexte global des mutations du capitalisme.
Alors que la loi Leonetti de 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie est remise en cause, La Vie des Idées a souhaité contribuer à clarifier un débat à la fois éthique, médical et philosophique qui engage la liberté et la dignité humaines. Au-delà de la souffrance des patients et des proches, c’est à la société tout entière d’engager le « travail du trépas », selon l’expression du psychanalyste Michel de M’Uzan.
L’œuvre de Martha Nussbaum est foisonnante, mais tout entière soucieuse de corriger le libéralisme politique et de construire une démocratie plus achevée. La théorie des capabilités en est le fondement : elle permet de lutter contre l’inégalité sous toutes ses formes, par l’analyse de leurs conditions d’émergence.
Méconnue en France, l’œuvre de l’anthropologue Mary Douglas est pourtant fondamentale pour penser les formes élémentaires de l’organisation sociale et de la vie quotidienne. En dévoilant sa trajectoire universitaire et personnelle, ce portrait réhabilite la pensée d’une grande intellectuelle.
Révolutionnaire ralliée à Lénine, ministre bolchevik féministe, écrivain polyglotte, « sexuellement émancipée », intellectuelle ayant pensé la famille, l’État ou les nationalités : la modernité d’Alexandra Kollontaï (1872-1952) saute aux yeux.
How can we move beyond the double deadlock of state socialism and market capitalism? For Lea Ypi, returning to Kant and the Enlightenment offers a perspective to provide a new ground to freedom as social responsibility, and to open up towards a cosmopolitan horizon against the authoritarianism of profit.
Backed by Raymond Aron and Manès Sperber, the French publishing house Calmann-Lévy championed anti-communism and the fight against totalitarianism from the end of World War II.
Against the trend towards experts having exclusive control over technological development — justified on the grounds of the public’s alleged incompetence — Adeline Barbin argues that citizens should be given greater power so as to ensure that techniques are consistent with democratic values.
About: Claire Larroque, Philosophie du déchet, Presses universitaires de France
About: Catherine Malabou, Il n’y a pas eu de Révolution, Payot & Rivages
About: Dimitri Tilloi d’Ambrosi, Le Régime romain, Presses universitaires de France