La Vie des idées est un magazine international d’analyse et d’information sur le débat d’idées.
À l’heure d’un retour généralisé de la violence et de mutations technologiques aux issues incertaines, penser les relations internationales comme un seul espace mondial permet de saisir la multiplicité des dynamiques internationales et l’augmentation des interconnections à l’échelle planétaire.
Face à la défaite de 1940, Marc Bloch mettait en accusation le système d’enseignement. Notre temps appelle à relire son diagnostic.
Pourquoi les négociateurs internationaux se sont-ils tant attachés, malgré les échecs répétés, à la solution à deux États pour trouver une issue au conflit au Proche-Orient ? Pour Robert Malley, dans un monde profondément nouveau, tout est à revoir pour reconstruire à partir des débris.
Les socialismes entendaient libérer l’homme du culte de la marchandise et de l’incitation individualiste à consommer. Ils imaginèrent au fil du temps des sociétés où l’abondance et le confort matériel partagés avec justice déboucheraient sur des sociétés heureuses. Cet idéal existe-t-il encore ?
Pourquoi la bureaucratie est-elle si souvent tenue pour responsable des échecs de l’action publique ? En examinant les stratégies de mise en cause des administrations et les réalités du travail des agents, deux ouvrages récents montrent comment la critique de l’État se déplace vers ses exécutants.
À propos de : Jean-Arnault Dérens, Géopolitique de l’orthodoxie. De Byzance à la guerre en Ukraine, Tallandier
À propos de : Laurent Testot, Perrin Remonté, Notre empreinte sur Terre, Armand Colin
À propos de : Jim Gabaret, L’Art des IA, Presses universitaires de France
Célèbre pour sa critique du dualisme cartésien et pour son style plein d’esprit, le philosophe anglais Gilbert Ryle incarne le triomphe planétaire, mais oublié, de la philosophie du langage ordinaire d’Oxford de l’après-guerre aux années 1960.
Et s’il existait une alternative à la fin catastrophique de l’histoire et au progrès illimité du « bon Anthropocène » ? Jean-Baptiste Vuillerod propose de prendre l’histoire à contre-sens pour surmonter la crise écologique contemporaine en s’inspirant des rapports passés ou non modernes à la nature.
La rencontre entre la post-croissance et les espaces urbains concrétise une économie du bien-être qui peut redonner vie au projet européen à l’heure où le continent s’interroge à raison sur son identité mais à tort sur son déclin.
Dans ce portrait intellectuel de l’enfant terrible de l’École de Francfort, S. Müller-Doohm nous découvre un infatigable polémiste, dont les prises de position ont marqué le dernier demi-siècle. C’est aussi l’histoire allemande d’après-guerre que cette première biographie nous donne à parcourir.
Partant d’une comparaison entre l’Asie et l’Europe, l’anthropologue Jack Goody dénonce ce qu’il appelle le « vol de l’histoire ». Il reproche à Elias, Braudel ou Needham d’avoir conforté le grand récit qui fait de l’expérience historique de l’Europe à la fois une exception et la mesure de l’histoire du reste du monde. Cette critique est utile et légitime, selon Jacques Revel, mais repose sur des jugements parfois tout aussi globalisants que ceux qu’elle entend contredire.
À propos de : J. Habermas, Entre naturalisme et religion, Gallimard.
La recherche n’a pas que des objets, elle a aussi des formes : le texte et la langue, mais également le théâtre, la peinture ou encore la bande dessinée. En investissant cette dimension négligée, on peut engager une modernisation des sciences sociales et lutter contre la crise qui les frappe.
Que peuvent les sciences sociales face aux attentats ? S’en saisir, à égale distance des peurs et des représentations imposées. Des sciences cognitives à l’économie, en passant par l’anthropologie et la science politique, ce dossier donne un aperçu des savoirs sur les effets sociaux des attentats.
3e Congrès de l’Association Française de Sociologie, du 14 au 17 avril 2009, Université Paris 7 – Paris Diderot.
Révolutionnaire ralliée à Lénine, ministre bolchevik féministe, écrivain polyglotte, « sexuellement émancipée », intellectuelle ayant pensé la famille, l’État ou les nationalités : la modernité d’Alexandra Kollontaï (1872-1952) saute aux yeux.
En 2009, Elinor Ostrom figure parmi les lauréats du prix Nobel d’économie pour son analyse de la gouvernance économique, notamment en ce qui a trait aux biens communs. Si ce choix en surprend plus d’un au sein de la profession, sa quête de toute une vie pour comprendre les modalités de gestion réussie des ressources communes est riche d’enseignements pour notre avenir.
Le renouvellement du socialisme suppose, selon Nancy Fraser, qu’on lie pratique militante et théorie politique : l’émancipation ne peut être comprise qu’à partir des luttes sociales, dont les formes sont aujourd’hui multiples. Et elle implique une participation égale, dans toutes les sphères de la vie.
How can we move beyond the double deadlock of state socialism and market capitalism? For Lea Ypi, returning to Kant and the Enlightenment offers a perspective to provide a new ground to freedom as social responsibility, and to open up towards a cosmopolitan horizon against the authoritarianism of profit.
We would rather not see or even think about our waste, but it has a lot to tell us about our habits, our lives, and more importantly, about what we are doing to our world today.
Marx misunderstood Proudhon: he criticized him for neglecting the relations of production, when in fact the French anarchist was interested in the political subjugation that, in his view, private property inevitably causes.
About: Dimitri Tilloi d’Ambrosi, Le Régime romain, Presses universitaires de France
Reviewed: Georgina Adam, The Rise and Rise of the Art Private Museum, Lund Humphries
About: Raphaël Morera, Une histoire au fil de l’eau. Paris et son environnement, XVIe-XVIIIe siècle, Éditions de l’EHESS