Nous ne sommes pas tous également exposés aux effets du changement climatique. Les plus pauvres et les générations futures sont les principales victimes d’un réchauffement auquel les pays développés ont grandement contribué. D’où un problème moral et politique rarement pris en considération.
Le mouvement des Gilets Jaunes ne s’appuie sur un aucun parti politique ni aucune organisation syndicale et peine à structurer ses revendications. Cette mobilisation offre néanmoins une occasion historique de renouveau du syndicalisme et de l’engagement collectif.
Un manuel d’économie ambitieux et novateur propose d’évacuer les controverses théoriques au profit de « l’étude de la réalité ». Occasion d’examiner la pensée des économistes mainstream et de leur positionnement actuel vis-à-vis du développement du capitalisme.
Comprendre la radicalité religieuse implique d’aller au-delà de l’association entre précarité et délinquance. L’attention doit plutôt se porter sur les configurations familiales, le lien avec les institutions et les trajectoires scolaires ou la socialisation entre pairs.
Professeur au Collège de France, spécialiste des théories de la croissance et auteur de plusieurs articles et rapports sur l’enseignement supérieur, Philippe Aghion défend la nécessité d’augmenter le financement de l’université sans avoir recours à une hausse des frais d’inscription.
L’ethnologie française s’est longtemps distinguée par sa préoccupation pour les cultures matérielles, la conduisant à développer la forme muséale. Le Musée d’ethnographie du Trocadéro connaît un véritable âge d’or entre les années 1928 et 1937.
En fixant le prix des matières premières, les marchés financiers orientent nos conduites à l’égard de l’environnement, mais leurs logiques tendent à masquer la réelle raréfaction des ressources. Comment faire prévaloir la nature dans les comportements des agents économiques ?
Les fondations philanthropiques s’engagent dans la lutte contre le changement climatique, avec des actions célébrées. Mais pour quels résultats ? Selon Edouard Morena, ces fondations contribuent en fait à maintenir l’ordre économique qui aggrave la crise climatique.
Trois ans après sa signature, l’Accord de Paris sur le climat est déjà menacé. En soutien aux actions à mener pour endiguer le dérèglement climatique, La Vie des Idées publie en partenariat avec Public Books une série d’articles consacrés aux rapports entre capitalisme et réchauffement climatique.
Faut-il compter sur les gouvernements nationaux pour sauver le climat ? Un État peut-il être capitaliste et écologiste ? Pour Geoff Mann et Joel Wainwright, l’appel à cette solution manque de réalisme, et d’autres formes de lutte contre le réchauffement climatique doivent être envisagées.
La photographie documentaire et sociale n’est pas née avec la Guerre d’Espagne. L’exposition qui se tient au Centre Pompidou du 7 novembre 2018 au 4 février 2019 éclaire les pratiques des amateurs et des professionnels qui – souvent en marge du Parti – ont mis dès la fin des années 1920 leur appareil au service des luttes. Elle donne à voir cette avant-garde dans toute sa radicalité.
Vivre en ville et aspirer à un développement infini : telles seraient les caractéristiques de la modernité, selon Marshall Berman, dont l’essai classique paraît opportunément en français, alors que la pensée critique est en perte de vitesse.
Au Moyen Âge, on punit par le bûcher, la pendaison, le bannissement ou la mutilation, mais on pardonne aussi beaucoup. De la confession orale à la Pénitencerie apostolique, l’Église est source de miséricorde. Le châtiment et le pardon contribuent à asseoir le pouvoir judiciaire du roi et du pape.
Souvent dépeintes comme le terreau du populisme, les villes en déclin sont également des espaces d’expérimentation d’alternatives au néolibéralisme. Dans ces villes, les politiques de développement renouvellent l’action publique en rompant avec le dogme de la croissance.
Figure majeure de la sociologie économique, Mark Granovetter publie un ouvrage qui, sur les pas de Max Weber, cherche à transcender les frontières disciplinaires pour offrir une compréhension globale de l’économie.
La marchandisation croissante – des organes aux données personnelles – soulève non seulement des problèmes éthiques, mais aussi des interrogations d’ordre juridique et économique. Peut-on faire de tout une marchandise ? Quelles sont les alternatives à la mise en place de tels marchés ?
Le temps présent tend à brouiller la frontière entre le vrai et le faux. La démocratie s’en voit compromise, qui repose sur le conflit des opinions et par conséquent sur l’horizon d’une vérité commune. Mais la menace pèse tout autant, selon M. Revault d’Allones, sur l’imagination.
Si le dioxyde de carbone est un gaz à effet de serre, c’est aussi, comme le carbone lui-même, un partenaire essentiel de l’homme et de la vie. Deux philosophes des sciences viennent nous le rappeler avec autant de rigueur que de poésie.
Le 1er décembre 1988 apparut le RMI, devenu RSA en 2008. Cette prestation, aujourd’hui vitale pour un Français sur vingt, a coupé la lutte contre la pauvreté de la protection sociale générale, opposant catégories populaires et allocataires au sein d’une même insécurité sociale.
Les lobbies européens ont la réputation de passer leur temps à chercher à influencer les décisions politiques. Une étude fouillée de l’Union européenne de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises révèle pourtant la multiplicité de leurs activités.
Jacquerie, révolte des périphéries, revanche des prolos… Les premières analyses du mouvement des gilets jaunes mobilisent de nombreuses prénotions sociologiques. Ce mouvement cependant ne reflète pas une France coupée en deux, mais une multiplicité d’interdépendances territoriales.
M. Cerovic retrace l’épopée des brigades de partisans durant la Seconde Guerre mondiale, aux confins de la Biélorussie, de l’Ukraine et de la Russie, désintégrés par la Wehrmacht avant d’être bannis des mémoires par le pouvoir soviétique.
Y a-t-il un droit du premier occupant ? Plongeant dans la théorie médiévale de la possession, P. Thévenin montre comment les juristes manient les faits pour y trouver les éléments propres à fonder un droit légitime ; et suggère que les philosophes ont tout à apprendre de ces pratiques du droit.
L’économie comportementale (ou nudge) est à la mode. Comment expliquer son succès ? Peut-on attendre qu’elle révolutionne aussi bien la recherche en économie que les politiques publiques ? Ses premiers usages par les gouvernements tendent à tempérer l’optimisme.
La lutte contre les sectes révèle la réticence française à l’égard du pluralisme et du religieux. Selon Étienne Ollion, le phénomène sectaire doit pourtant être appréhendé par une sociologie de l’État plus que par une sociologie du religieux.
La défaite historique de la CSU en Bavière signe l’échec incontestable du tournant identitaire pris par ce parti dont l’assise électorale était incontestée depuis 1945. Preuve que la récupération des thèses anti-immigration n’est pas la solution pour endiguer l’extrême droite.
Alors que Madagascar élit son prochain président, un ouvrage revient sur les causes du sous-développement chronique de l’île. Inégalités sociales et déconnexion entre élites et populations malgaches seraient les premiers facteurs de l’instabilité politique et de la stagnation économique du pays.
Au sein des institutions où on les plaçait dans les années 1950, les mères célibataires, marginalisées et réprimées, avaient parfois l’occasion de retisser du lien. C’est ce lien que recrée le sociologue Jean-François Laé à travers la correspondance d’une « fille-mère » avec son assistante sociale.
Comment les sciences humaines traitent-elles les rapports entre humains et animaux ? Entre objectifs épistémiques et politiques, l’animal progresse des deux côtés de l’Atlantique en tant que sujet d’étude légitime, voire en tant que sujet politique à part entière.
À partir de documents et de matériaux divers, Louis Pinto retrace la genèse de la catégorie de consommateur comme élément central de l’économie et de la société de marché. Au risque de déconsidérer les théories critiques et les possibilités de politisation liées à cette forme de participation sociale.
Fait social total, la guerre moderne n’engage plus seulement les soldats mais mobilise toutes les forces, politiques, économiques, culturelles, des nations. Elle bouscule les formes classiques du combat, elle pousse la violence à son paroxysme.
Ville emblématique du progressisme californien, San Francisco est aussi la championne des inégalités sociales. La géographe Sonia Lehman-Frisch cartographie les ambiguïtés de cette cité singulière qui continue à être le porte-drapeau de l’innovation aux États-Unis.
Comment peut-on être sceptique ? S. Marchand montre qu’il est possible de vivre en doutant de tout, et que le scepticisme peut rester cohérent tout en échappant aux objections qui lui sont adressées depuis le fond des âges.
Internet nous rend-il plus agressifs, ou plus tolérants à l’égard de l’agressivité, dans nos discussions politiques du quotidien ? Romain Badouard dresse une cartographie de la violence des débats en ligne, de ses usages et de ses effets.
Comment les familles patriciennes de la région de Boston se sont-elles hissées au cœur du développement économique de l’Ouest américain ? Grâce aux réseaux de sociabilité, à la maîtrise des connexions politiques et à l’invention d’outils financiers.
Homme d’État, économiste politique, premier promoteur du tunnel sous la Manche et chantre de la paix entre les nations, Michel Chevalier a également été l’une des voix dominantes du saint-simonisme à l’époque romantique. L’éclectisme de sa pensée annonce l’Union européenne d’aujourd’hui.
En 1887, Pranzini a égorgé trois femmes avec une « véritable science de boucher ». Frédéric Chauvaud étudie le crime dans ses rapports avec la société de l’époque et son imaginaire, mais sans évoquer le contexte colonial de l’affaire.
On parle souvent au nom du peuple, sans savoir ce que le terme, très équivoque, signifie. Selon Gérard Bras, il faut considérer qu’un peuple n’existe que lorsqu’il se déclare, dans un acte toujours révolutionnaire.
Sous le nom de logistique on désigne les travaux impliqués par les entrepôts : stockage, préparation de commande, manutention etc. Ces activités, souvent trop pénibles pour être durables, structurent aujourd’hui la condition des classes populaires et leurs trajectoires.
Daniel Cohen aborde avec une inquiétude rarement perceptible chez les économistes les mutations de notre monde globalisé. L’avènement de l’homo digitalis, les réseaux sociaux, la robotisation des économies appellent à chercher les voies d’une maîtrise collective des bouleversements à l’œuvre.