1967 : lutte pour les civil rights, guerre du Vietnam, Sergent Pepper des Beatles, Velvet Underground, début des Doors … Au même moment, Bob Dylan enregistre des morceaux qui renouvellent le langage culturel américain.
Au-delà du Texas, où un enseignant a été sommé de retirer Platon du programme, la dictature idéologique a commencé aux États-Unis. Il s’agit d’un assaut contre les universités, la liberté de pensée et d’expression. Comment résister à ce rouleur compresseur ?
Regroupant des études sur des sources longtemps peu mobilisées (images, objets, vestiges) dans le cadre de l’histoire de l’esclavage, paraît la première publication du comité scientifique du programme « Routes des personnes mises en esclavage. Résistance, Liberté et Héritage » de l’UNESCO.
À Los Angeles, la résistance des habitants et des pouvoirs publics à la politique anti-migrants manifeste l’ampleur du militantisme populaire. On voit s’engager là une lutte majeure pour la souveraineté territoriale.
Anarchiste étatsunienne, Voltairine de Cleyre (1866-1912) a eu des engagements multiples comme militante, écrivaine ou amoureuse. Son parcours largement ignoré entre en résonance avec les luttes d’aujourd’hui.
Peut-on vivre de sa passion dans un pays où le régime de l’intermittence n’existe pas ? Pour la sociologue américaine R. Horowitz, les danseurs professionnels offrent un modèle de l’adaptabilité exigée par le marché du travail.
La séquence conflictuelle éclair entre Israël, l’Iran et les États-Unis illustre les dynamiques contemporaines de désordre stratégique, mais aussi l’instrumentalisation de la fragilité étatique et les conditions pour penser les conditions d’une paix durable – au Moyen-Orient et ailleurs.
Hands Off ! / Bas les pattes ! Depuis les villes de San Antonio et Corpus Christi au Texas, Sandrine Sanos dépeint les multiples formes de résistance d’une petite communauté contre la politique répressive de Trump.
En désignant les organisations internationales comme boucs émissaires, les attaques trumpistes sapent le multilatéralisme et l’ordre libéral issu de 1945. Ce désengagement américain relance le débat sur un possible leadership alternatif porté par l’UE.
En moins d’une décennie, Trump a vidé le Parti républicain de ce qui composait sa substance politique et programmatique depuis au moins une génération : le néoconservatisme.
Depuis l’amorce du processus de libéralisation de l’avortement dans les années 1970, l’accès à ce droit fait l’objet d’une lutte permanente des deux côtés de l’Atlantique.
Le mouvement pour les droits civiques aux États-Unis est plus complexe que ce que le grand public en connaît. O. Mahéo en reconstitue la multiplicité discordante et marginalisée.
Les propos racistes tenus notamment à l’encontre des immigrés en situation irrégulière par Donald Trump ne l’ont pas empêché d’obtenir les voix d’un nombre croissant d’électeurs noirs, hispaniques et asiatiques lors du scrutin de novembre 2024. Que peut-on conclure de ce paradoxe apparent ?
Construit pour bloquer le passage des migrants illégaux du Mexique, le Mur constitue aussi en Arizona un barrage pour les non-humains. Au nom de la sécurité nationale, toutes les lois de protection environnementale ont été ignorées.
À Irvine, terre démocrate, la campagne semble peu présente : dans un campus pourtant socialement très ouvert, personne n’en parle ou ne semble s’en préoccuper. D’où vient cette apathie ? De quoi est-elle le signe ?
Le Texas n’est pas un « swing state », mais il est un des lieux-clés des derniers jours de campagne pour les deux candidats. Sous la direction du gouverneur Abbott, c’est un laboratoire des politiques conservatrices, xénophobes et masculinistes que pourrait mettre en œuvre Trump s’il était élu.
Le “rêve californien” ne remonte pas à la Ruée vers l’or du XIXe siècle, mais seulement au XXe siècle, et relève plus de la critique que de l’enthousiasme. Louis Warren invite à relativiser ce mythe, et à se méfier de la tendance à prendre la Californie pour le laboratoire des États-Unis.
Le Parti républicain a-t-il vendu son âme au diable en choisissant pour la troisième fois Donald Trump comme candidat ? Comment peut-il porter un homme défiant à ce point tous les garde-fous de la démocratie et réinterprétant aussi radicalement la grammaire conservatrice ?
La réforme de la fiscalité est un des enjeux de la campagne, mais abordée uniquement sous l’angle de l’opposition entre riches et classes moyennes. Les impôts sont pourtant un instrument majeur de la perpétuation des inégalités raciales, en particulier dans le domaine de l’éducation.
Un an après la grève massive du secteur automobile étatsunien en 2023, quels sont les acquis du puissant syndicat United Auto Workers et pourquoi cette grève est-elle l’événement écologique le plus important du mandat de Joe Biden ?
Ouvrant les portes des coulisses des campagnes politiques, Daniel Laurison nous invite à regarder de plus près le travail des politiciens qui ont joué un rôle déterminant dans les élections présidentielles aux États-Unis.
Pourquoi un homme politique pris dans autant de procédures judiciaires, notamment pour des faits liés à son mandat présidentiel, n’est-il pas devenu inéligible ? Est-ce en raison de la politisation des juges ? Et quels seront les effets du résultat des élections sur ces procédures qui continuent à défrayer la chronique ?
À l’approche des élections américaines, la Vie des idées consacre un dossier à cet événement dont les enjeux sont plus importants que d’ordinaire. Il s’agit cette fois du sort de la démocratie elle-même.
Rachel St. John explore les divers projets de construction nationale qui se sont disputé la légitimité et les territoires à travers le continent américain au cours du XIXe siècle, mettant en lumière la diversité de l’histoire politique et le caractère contingent de l’idée de nation.
En retraçant la complexe ascension du néolibéralisme nord-américain au cours des quarante dernières années, la sociologue australienne Melinda Cooper contribue à en désamorcer l’aspect faussement inéluctable, voire à préparer son déclin possible.
Aux États-Unis, Jim Crow désigne un ensemble de coutumes et de lois qui a fait des Noirs une sous-caste d’“intouchables” dans les États sudistes pendant 70 ans. À partir de l’abondante littérature historique sur la période, le sociologue Loïc Wacquant forge un modèle de ce régime afin de l’étendre à d’autres systèmes de domination raciale.
Comment les Afro-Américains ont-ils tenté de renverser les rapports de domination raciaux aux États-Unis ? En créant à partir de l’après-guerre des institutions culturelles et éducatives spécifiques à leur communauté, toujours utiles aujourd’hui dans la lutte contre les discriminations.
La droite conservatrice américaine est en plein renouveau. Son idéologie très éclectique mêle anti-modernité et démocratie, religion et capitalisme – ce qui fait en partie son succès.
Comment ce symbole de liberté qu’est l’automobile pour les Américains les mène-t-elle à un cycle d’endettement et d’emprisonnement ?
Aux États-Unis, de nouveaux mouvements s’engagent dans la lutte contre l’incarcération massive en proposant un “définancement de la police” en faveur des services de soin et d’éducation. Ces mobilisations ont pris de l’ampleur depuis l’assassinat de George Floyd.
La philosophe américaine K. S. Belle analyse la façon superficielle dont Hannah Arendt commenta en 1957 la fin de la ségrégation raciale aux États-Unis. Si les critiques de Belle s’avèrent souvent justes, elles ne sauraient s’étendre à l’ensemble de l’œuvre d’Arendt.
Marie-Jeanne Rossignol revient aux origines du mouvement pour l’égalité des droits politiques aux États-Unis, dont on situe bien souvent les origines dans une période récente, négligeant la profondeur temporelle et la complexité du phénomène.
Convaincus que la pensée géopolitique allemande expliquait les succès militaires foudroyants des nazis au début de la Seconde Guerre mondiale, les Américains cherchèrent à la retourner contre leurs ennemis, avant d’en faire un instrument de lutte contre l’URSS durant la guerre froide.
Héritière de l’opérette, la comédie musicale associe une musique populaire à des thèmes ultra-contemporains, ce qui n’exclut pas l’usage de clichés, voire du kitsch. Car la comédie musicale a son esthétique propre. En bref, ce genre léger n’est pas à prendre à la légère.
En retraçant l’expansion de l’État-providence militaire américain de la Première Guerre mondiale au début des années 1960, l’historien Olivier Burtin montre que les anciens combattants furent à l’origine d’un des mouvements sociaux les plus puissants aux États-Unis au milieu du XXe siècle.
Le corps a longtemps été le point de cristallisation de la haine raciale. Nicolas Martin-Breteau montre comment les Africains-Américains ont su s’en ressaisir pour en faire le lieu d’affirmation d’une force collective.
Dans un ouvrage extrêmement ambitieux, Scott Cummings retrace comment avocats et juristes se sont mobilisés pour faire de Los Angeles une ville plus inclusive. Son analyse lui permet d’interroger l’efficacité du répertoire d’action juridique dans les luttes sociales.
L’historienne Marie-Pierre Ulloa étudie les Maghrébins de Californie dans leur rapport avec la France. Elle éclaire la manière dont ils négocient leur identité à partir d’éléments linguistiques, religieux, culinaires et sportifs. Une étude originale sur les migrations et les diasporas.
L’ethnographie de Laurence Ralph explore les différents systèmes de punition qui blessent les corps des Noirs et Bruns américains et qui contribuent à maintenir les vestiges de l’esclavage. Ces blessures appellent à la justice réparatrice.
Les États-Unis connaissent un recul de la démocratie, affirme Hakeem Jefferson qui appelle à de profondes réformes institutionnelles comme l’augmentation du nombre de juges à la Cour suprême ou la répartition du Sénat américain en fonction de la population des États.