En restituant les conditions sociales de l’exercice de leur métier, G. Lejeune montre que l’incertitude est au cœur de la conduite des chauffeurs de taxi. Cet éclairage sociologique permet de comprendre les protestations récentes de ce groupe à l’encontre de la réforme en cours.
Objet de toutes les convoitises, l’œuvre d’art est intimement liée à l’histoire des guerres, des annexions et des conquêtes. Dans cet entretien Bénédicte Savoy évoque l’histoire transnationale des spoliations ou « translocations patrimoniales » et évoque la mémoire longue de ces événements traumatiques.
Retraçant quarante ans d’histoire de l’aide américaine au développement, un brillant ouvrage invite à repenser le rôle méconnu d’un des concepts les plus flous des sciences sociales : la communauté. Présenté par certains comme la solution aux dérives du modernisme technologique, il a pourtant toujours côtoyé celui-ci, plus comme un complément que comme une contre-mesure.
L’Asie n’est plus sous la domination de l’Europe. Mais que reste-t-il des projets anti-impérialistes de ceux qui, à la fin du XIXe siècle, espéraient inventer une voie alternative vers la modernité ? Pour Pankaj Mishra, le développement de l’Asie n’a fait que perpétuer un modèle autrefois dénoncé.
Le roquefort n’est pas seulement un fromage français, célèbre dans le monde entier. Il est aussi le produit d’une histoire originale, celle de l’industrie agro-alimentaire qui naît en France dans la deuxième moitié du XIXe siècle. S. Vabre retrace cette histoire, liée à l’émergence du capitalisme français.
Rompant avec la vision du paysan éternel et des campagnes conservatoires des traditions, Joëlle Zask montre que l’agriculture nourrit une véritable culture démocratique. Cultiver sa parcelle, c’est reconnaître une communauté d’égaux. Amour de la terre, amour de la liberté et de l’égalité ?
Étudiant la pensée des théoriciens allemands du sionisme, l’historien Olivier Baisez relève l’ampleur de tous ses emprunts. Il montre aussi que le sionisme n’a jamais été une utopie mais un projet dès ses débuts ancré dans le réel.
Comment se détermine la valeur de l’art contemporain sur un marché de l’art globalisé ? Dans le domaine de l’art contemporain mainstream, la formation du prix résulte d’un processus multipolaire dont les artistes, les marchands et les collectionneurs n’ont plus l’exclusivité dans la mesure où interviennent désormais des intermédiaires obscurs ou invisibles.
Certains partis proposent aujourd’hui que la France quitte la zone euro. Gregory Claeys s’attache à montrer qu’une telle sortie serait en vérité cataclysmique pour l’économie du pays.
Dans cet essai d’anthropologie historique, Jérôme Baschet met en évidence les conceptions et représentations que la civilisation occidentale s’est faites de la personne, avant que la modernité n’opère le « grand partage » entre corps et âme.
Dans La Politique du Blé, Alain Chatriot retrace le débat politique qui a accompagné la naissance de l’Office Interprofessionnel du Blé, établissement public créé en 1936 par le gouvernement de gauche au pouvoir en vue d’une stabilisation du prix du blé – et contribue ainsi à l’étude des interventions étatiques sur les marchés agricoles.
La Vie des Idées est en vacances. Nous reprendrons nos publications le lundi 28 août. Voici, en attendant, une sélection de textes et d’entretiens publiés cette année.
La tolérance est-elle la dernière vertu des modernes ? Tolérer l’autre, c’est d’abord souffrir une présence, nous rappelle utilement Denis Lacorne dans ce panorama des formes sociales et politiques de la tolérance, de l’empire ottoman aux sociétés multiculturelles.
Ce nouveau dossier de La Vie des idées présente un panorama des pratiques d’influence, d’intermédiation et de corruption entre les sphères publiques et privées des démocraties à travers le monde.
Le remboursement des créances publiques par les États surendettés constitue-t-elle vraiment une priorité politique ? Éric Toussaint, économiste militant, explique que certaines dettes sont odieuses et propose de réformer l’architecture financière internationale en conséquence.
Deux siècles après la naissance de Marx, l’historien du socialisme Gregory Claeys revient sur la formation intellectuelle du penseur et sur sa postérité multiforme, de la Révolution d’Octobre jusqu’au regain d’intérêt qu’il suscite depuis la crise de 2008.
Le capitalisme et la démocratie semblaient, il y a encore quelques années, faire bon ménage. Mais le divorce est consommé, analyse Jean-Fabien Spitz : le marché se porte bien, les régimes autoritaires fleurissent et le désintérêt pour les droits des individus ne cesse de grandir.
Investissement socialement responsable, obligations vertes, agences de notation extra-financières : depuis quelques années, la « finance climat » se développe. Sans implication des États, ses outils suffiront-ils à financer la transition vers une économie mondiale neutre en carbone ?
Les échanges de liquidités entre banques centrales ont constitué une réponse pragmatique à la crise financière. En contournant le FMI et les règles du jeu multilatéral, ces pratiques pourraient mettre en péril la cohésion des dispositifs de régulation économique internationale.
Alors qu’un traité international sur la responsabilité sociale des multinationales est actuellement en négociation aux Nations Unies, Marieke Louis montre comment les entreprises ont investi les arènes de la gouvernance mondiale et fait ressortir les rapports ambivalents entre États et multinationales.
China managed to maintain a certain amount of economic activity during the lockdown, but at what cost and under what conditions? This article highlights the regime’s use of the media alongside the political and market logics specific to China.
According to Isabelle Thireau, there is a political realm in authoritarian regimes, where citizens voice their expectations and evaluate the legitimacy of decisions, public policies and leaders, thus contributing to the assessment of what is acceptable and what is good government.
In this interview, sociologist and sinologist Jean-Louis Rocca describes the development of Chinese sociology since its rebirth in the early 1980s. He also discusses the changes that have taken place in Chinese society by analysing representations of the middle classes.
Now a well-known Chinese lawyer of the democratic dissidence in China, Zhang Sizhi was once a young nationalist, a high-ranking official in the court of Beijing and a victim of anti-rightist repression. In his memoirs, he provides a detailed and fascinating description of the profession and China in the second half of the 20th century.
The international context and the economic and diplomatic rapprochement between the powers currently thriving in Asia seem to reinforce the Japanese idea of creating an Asian community. But what does China make of this?
How can we move beyond abstract architecture, where buildings are constructed without their audiences? Peter Ferretto’s method is based on observation, engagement, and the osmosis between teaching, practice, research, and social impact.
What can literature teach us about China’s experience of democracy in the twentieth century? In an ambitious work, Sebastian Veg explores the links between fiction and democracy in his search for a critical reflection on the reader-citizen.
This dossier examines the recently reopened debate on regional integration in Asia. What are the obstacles to the construction of an Asian Union? How is the issue tackled in Japan, China or Australia?
Recounting his itinerary from research on Communitarianism to the adoption of Confucian values, political philosopher Daniel A. Bell advocates thinking of cities as representing different social values in the modern world. He also sees meritocracy, which is valued in China nowadays as a potential remedy to the flaws of democratic systems.
With China’s regained power on the world stage, making accessible and studying the way intellectuals reflect on their country and contribute to the global conversation has become indispensable.