Si le protectionnisme agricole est un frein important au développement de certains pays du Sud, il ne saurait être rendu responsable de la crise alimentaire de 2007-2008. Une libéralisation commerciale accrue dans le secteur agricole aurait un effet ambivalent : elle faciliterait le développement de plusieurs pays, mais elle entraînerait aussi une hausse des prix agricoles.
Dans un contexte de doute à l’égard des cadres politiques traditionnels, l’étude pacifiée des empires est désormais rendue possible par les concepts forgés par l’histoire globale. Pour J. Burbank et F. Cooper, qui refusent une exploration abstraite de la souveraineté impériale, comprendre la nature et le devenir des empires requiert de saisir le rôle des politiques de la différence, creusets de la fabrique d’un commun.
Comment la traite négrière a-t-elle influé sur la culture nationale de la France ? Comment accommodation avec l’esclavage et revendication de liberté ont-elles cohabité entre le XVIIe et le XIXe siècle ? À ces questions délicates, un historien américain apporte des réponses très tranchées.
On impute fréquemment le manque de « compétitivité » de l’économie française à un coût trop élevé du travail. Or, les recherches les plus récentes montrent que les performances à l’exportation des pays avancés reposent moins sur le coût du travail que sur la qualité de leurs produits et sur les comportements d’investissement des entreprises.
La gestion de l’épidémie d’Ebola par la communauté internationale révèle les insuffisances de l’aide au développement sanitaire et des problèmes structurels longtemps ignorés. Mais ce peut être une opportunité pour instaurer des mécanismes de solidarité internationale de long terme et développer les capacités sanitaires de base dans les pays affectés.
Les mouvements pour une alimentation alternative sont-ils une panacée contre l’obésité, les problèmes de santé d’origine alimentaire et la mauvaise alimentation ? Nul besoin d’être réactionnaire pour voir les limites de cette proposition ; difficile pourtant de renoncer à cette croyance. Julie Guthman, dont le travail a presque à lui seul inauguré la recherche scientifique sur ces questions, nous aide à comprendre pourquoi.
La crise des réfugiés irakiens et syriens a réactivé, un peu partout en Europe, la peur du choc des civilisations. L’histoire de la frontière entre la Hongrie et l’Empire ottoman livre pourtant des enseignements fort différents. Au XVIIIe siècle, cette route migratoire, très empruntée par les marchands, s’apparentait bien davantage à une zone de contacts qu’à un mur infranchissable.
À partir du XVIe siècle, l’Europe et l’Inde commencent à échanger. Leur histoire connectée se décline sous diverses formes, où l’on trouve la culture des légumes, le commerce des épices, la littérature ou encore l’architecture.
Le regard de la société change sur ses déchets. Entre usages et réemplois, un ouvrage collectif se penche sur ces transformations de nos modes de consommation et de production.
Nobel d’économie en 1991, Ronald Coase (1910-2013) est célèbre pour son “théorème”, aussi souvent cité que mal compris. Ses travaux fondateurs sur les coûts de transaction, les droits de propriété et la régulation continuent aujourd’hui d’alimenter une riche réflexion, en économie et au delà.
La guerre et la démocratie sont-elles compatibles ? Comment penser les conditions des interventions armées au niveau international ? Au cours de cet entretien, Michael Doyle convoque différents théoriciens du libéralisme afin d’éclairer les relations internationales contemporaines.
La question nord-irlandaise demeure la cause principale de l’échec répété des négociations du Brexit. Cette relecture de la relation de l’Irlande du Nord avec l’Union européenne révèle pourquoi la situation particulière de cette région a plongé le Royaume-Uni dans une crise constitutionnelle.
Le Brexit a fait resurgir le spectre du protectionnisme en Grande-Bretagne. À cette occasion, l’historien David Todd revient sur l’importance d’une idéologie qui a marqué l’histoire britannique de l’Empire à nos jours, pour repenser les liens étroits entre économie, politique et identité nationale.
Les fêtes ont longtemps été considérées comme essentielles : à la vie sociale, au culte, au divertissement. Elles posent aujourd’hui des problèmes de santé publique, et sont à présent considérées comme non-essentielles. Comment expliquer cette évolution ? Peut-on, désormais, se passer de faire la fête ?
Alors que les immigrés et descendants d’immigrés chinois ont longtemps été dépeints comme une « minorité modèle », Ya-Han Chuang montre que ce qualificatif masque les représentations racistes dont sont victimes les membres de cette minorité en France, qui s’investissent en retour dans des mobilisations antiracistes.
Au Mexique, la guerre contre le narcotrafic a fait près de 300 000 morts et 100 000 disparus entre 2006 et 2021. À contre-courant des récits romancés sur le trafic de drogues et ses barons, Adèle Blazquez dépeint les conditions de vie dans une commune rurale en proie à la violence armée.
En 1947, la princesse Elizabeth a promis de servir « la grande famille impériale », en vue de refaire de la Grande-Bretagne une puissance mondiale. L’Empire britannique s’est effondré, mais ce langage a permis à la Reine d’aborder les préoccupations postcoloniales du XXIe siècle.
Peut-on situer l’origine du grand basculement du féodalisme au capitalisme ? L’hypothèse de la transition ne se réduit ni à une simple expansion du commerce ni à une évolution linéaire. Elle implique une transformation des rapports sociaux, du travail et de la production.
Une république sans État, pourtant au cœur de l’impérialisme européen. Fabien Levy dévoile la puissance des Génois et les fondements de l’emprise d’une cité-réseau dans les recompositions commerciales et politiques du monde de la première modernité.
L’extrême droite n’en a pas fini avec Rousseau. A. de Benoist et M. Onfray, dans un livre paru chez Fayard, souhaitent à nouveau s’en débarrasser, le premier en expliquant qu’en réalité il est conservateur (et donc récupérable), le second en affirmant qu’il est moderne (et donc irrécupérable).
China managed to maintain a certain amount of economic activity during the lockdown, but at what cost and under what conditions? This article highlights the regime’s use of the media alongside the political and market logics specific to China.
What can literature teach us about China’s experience of democracy in the twentieth century? In an ambitious work, Sebastian Veg explores the links between fiction and democracy in his search for a critical reflection on the reader-citizen.
According to Isabelle Thireau, there is a political realm in authoritarian regimes, where citizens voice their expectations and evaluate the legitimacy of decisions, public policies and leaders, thus contributing to the assessment of what is acceptable and what is good government.
How can we move beyond abstract architecture, where buildings are constructed without their audiences? Peter Ferretto’s method is based on observation, engagement, and the osmosis between teaching, practice, research, and social impact.
According to Australian specialist of social classes David S.G. Goodman, China is still far from a capitalist country. In this interview, he maps out the connections between the Chinese middle classes, the upper class and the Communist Party and their political implications.
An interview with a Chinese political scientist trained in American universities gives us an insight into China’s pragmatic policy of local experimentation. It chronicles how officials in the municipality of Chongqing have seized the opportunity offered by its special status to launch a unique blend of liberal and socialist economic policy.
Despite strict censorship and control, the Chinese party-state and journalists also sometimes interact in a collaborative manner. Constructive investigative reports serve as governance tools to better control local officials and project the image of a responsive government.
David Bandurski explains that, despite the ongoing control of the Party, the Chinese media and their relationship to their audience have greatly changed thanks to the growing commercialization of the media, professionalism of journalists and the rise of the Internet and social media.
This dossier examines the recently reopened debate on regional integration in Asia. What are the obstacles to the construction of an Asian Union? How is the issue tackled in Japan, China or Australia?
As populism is rising on a global level, Books & Ideas offers a series on media politics in East Asian countries, to be published over the next two weeks. Though situations are extremely diverse, they can teach us a lot on the relationship between the state and journalists in authoritarian contexts. What role is left for the media to play in non-democracies?