Réécrite, instrumentalisée, défigurée jusqu’à l’abject dans les discours, sanctifiée par la religion, les médias et l’école, l’histoire en Russie rend la guerre non seulement légitime, mais aussi moralement pure.
Comment enquêter sur ce que pensent et se disent les Russes de la guerre en cours ? Les échanges observés en ligne, malgré toutes les limites de l’observation à distance, montrent qu’il est possible de parler en Russie, mais impossible de dire la guerre.
Actrices de la sécularisation et de la résistance, les Iraniennes sont la cible du régime depuis 1979. C’est sur cette toile de fond qu’éclate en 2022 le mouvement « Femme, Vie, Liberté ».
La résilience de l’économie russe, en dépit de la guerre et des sanctions, conduit à s’interroger : quels en sont les facteurs et les limites ?
En septembre 2022, une coalition de droite a gagné les élections suédoises avec le soutien d’un parti d’extrême droite. Comment, en dix ans à peine, la Suède accueillante envers les étrangers est-elle devenue un pays pratiquant une politique migratoire parmi les plus restrictives d’Europe ?
Les infrastructures de l’eau en Ukraine sont mobilisées depuis le début de la guerre russe en Ukraine dès 2014. Touchés par les bombardements, pris dans les combats, mais aussi marqués par les difficultés économiques, les systèmes et les humains résistent mais risquent d’atteindre leurs limites.
Cinquante ans après la révolution, et malgré la célébration de l’événement par la majorité de la population, l’extrême droite refait surface au Portugal.
Quelle est la part de la référence religieuse dans le discours de Vox, le parti d’extrême droite espagnol ? Le catholicisme est au cœur de sa revendication identitaire et nationaliste, mais sert aussi de ressource symbolique pour combattre les courants féministes et progressistes.
Les discours sur l’ « européanité » illustrent la prégnance d’une conception identitaire de la construction de l’Union, de ses frontières, et de ceux qu’elle entend assimiler ou, au contraire, exclure au nom de la protection de ses valeurs particulières.
L’échec des tentatives du Chili pour se donner une nouvelle constitution est l’occasion de revenir sur les processus constituants. Un peuple peut-il vouloir pour lui-même une telle transformation, ou vaut-il mieux continuer de réformer l’actuelle constitution, bien qu’héritée de la dictature ?
En Asie du Sud, où 80% de l’eau prélevée a un usage agricole, les méthodes d’irrigation résultent d’une longue histoire technique et sociale. Alors que les pompages souterrains individuels se multiplient, ce panorama rappelle que les formes de l’irrigation reflètent toujours des choix politiques.
Le Hezbollah libanais se déclare solidaire de la cause palestinienne et fait de la lutte contre Israël l’un de ses principes. Mais le décryptage des discours de Hassan Nasrallah, son secrétaire général, permet de comprendre pourquoi il n’engage pas ses troupes contre l’armée israélienne.
Étrange et inquiétant, le nouveau président argentin l’est à coup sûr, par les extravagances de son spiritualisme et de son libertarianisme. Mais tout cela n’est pas si nouveau.
Il y a un an, le Qatargate donnait à voir la politique de l’influence qui se déploie à la périphérie de la démocratie européenne. Il conduit aujourd’hui à réfléchir à la vulnérabilité, mais aussi à la réticence des institutions européennes à y faire face.
Leibniz mena tout au long de sa vie une intense activité diplomatique en vue d’établir la paix en Europe. Ses réflexions sur le droit de guerre et le projet de paix perpétuelle de l’abbé de Saint-Pierre n’ont rien perdu de leur actualité ; le philosophe de l’optimisme tempère les rêves du pacifisme.
Souvent présenté comme un modèle démocratique sur le continent africain, le Sénégal est traversé par des conflits politiques violents. Les manifestations de juin 2023 et leur sanglante répression sur fond de controverse judiciaire font s’entrechoquer deux récits opposés de son histoire politique.
Comment les Allemands de l’Est peuvent-ils se détourner de la démocratie après avoir lutté pour la conquérir ? Le sentiment d’être méprisés, exclus de la vie politique et économique, explique leur défiance et la montée de l’extrême droite.
À l’instar d’autres leaders populistes et autoritaires de ce début de XXIe siècle, Narendra Modi est en train de déconstruire les institutions démocratiques en Inde. Il semble avoir solidement pris les rênes d’un pouvoir de plus en plus démesuré.
En Corée du Sud, le cinéma comme les séries partagent une même passion pour les histoires de vengeance. Davantage que celle de Marx, la pensée de René Girard éclaire le caractère mimétique et archaïque de cette ultra-violence.
Une exposition et une nouvelle biographie sont consacrées à Léopold Sédar Senghor, à son regard sur les arts et à sa pensée de l’universel. Elles révèlent l’héritage du poète-président, qui éclaire d’une façon singulière les enjeux de notre temps.
Souvenir des crimes du Japon en Corée, éloignement culturel entre l’archipel et la péninsule, affairisme nationaliste des élites : peu importe. L’important est de resserrer les rangs face à la Chine, dans une « alliance du thé au lait ».
Avant la guerre, l’économie ukrainienne était portée par ses exportations céréalières, minières et sidérurgiques. Ces trois activités ont été brutalement réduites par un conflit durant lequel le secteur informatique s’est imposé comme nouvelle branche de développement.
Pour Poutine, une population nombreuse est une preuve de puissance. Or les politiques natalistes mises en place en Russie depuis vingt ans se sont traduites par un échec, lequel explique aussi sans doute l’invasion de l’Ukraine.
Si les déclarations lyriques sur le « couple » franco-allemand sont bien huilées, les divergences ne manquent pas. La célébration des 60 ans du traité de l’Élysée met en lumière à la fois des malentendus récurrents et une profonde entente à long terme.
La guerre russo-ukrainienne remet en question la place de l’Amérique latine dans le jeu des nations. Les réactions sont loin d’y être unanimes, et entament l’unité du sous-continent, déjà fragilisé par des crises multiples.
En 1947, la princesse Elizabeth a promis de servir « la grande famille impériale », en vue de refaire de la Grande-Bretagne une puissance mondiale. L’Empire britannique s’est effondré, mais ce langage a permis à la Reine d’aborder les préoccupations postcoloniales du XXIe siècle.
Au Sud, une république marchande ; au Nord, une colonie pénitentiaire. Dans la péninsule coréenne, un même peuple a donné naissance à des modèles drastiquement opposés. Séquelle de la guerre civile, héritage de la colonisation ou réponse asiatique à l’hubris occidentale ?
Entraînant maladies cardiovasculaires et diabètes, l’obésité est une épidémie mondiale qui touche aujourd’hui les populations pauvres des pays qui s’enrichissent. Quelles en sont les causes, et comment les politiques publiques peuvent-elles y remédier ?
Le raisonnement quantitatif est de plus en plus utilisé par les autorités politiques, notamment européennes, pour tenter de prédire et gérer les conflits. L’exemple de l’Ukraine illustre les limites de ces pratiques et les erreurs communes de perception sur lesquelles elles s’appuient.
Énergie, gaz, livraisons d’armes, rôle de l’État : à la suite de la guerre russo-ukrainienne, l’Allemagne redéfinit ses valeurs. Une révolution silencieuse, lourde de difficultés annoncées.
L’été 2022 a été marqué par un mouvement de grève massif en Grande-Bretagne, qui s’impose comme le produit de la crise économique, mais aussi d’un renouveau du mouvement syndical après quatre décennies de répression et de tensions avec le Parti travailliste depuis Tony Blair.
L’élection de Yoon Suk-yeol comme président de la Corée du Sud, avec sa rhétorique antiféministe, contraste avec la féminisation croissante des hommes et des garçons, particulièrement dans la K-pop. Paradoxe étonnant ou errements de la lutte contre les inégalités ?
Y a-t-il aujourd’hui pénurie de blé parce que le conflit en Ukraine empêche la production et le commerce des céréales ? Oui, mais en partie seulement : ce que montre l’histoire du commerce des blés, c’est que celui-ci a toujours été une arme au service de la puissance et de la spéculation.
La libéralisation du marché des produits agricoles a conduit à une mobilisation d’une ampleur sans précédent des paysans indiens. Malgré une violente répression, ceux-ci ont encerclé Delhi et campé aux portes de la métropole pendant plus d’un an, jusqu’à faire fléchir le gouvernement.
Le roi lydien, Crésus, crut être assez riche et puissant pour conquérir le royaume de son voisin Cyrus. Mal lui en prit. Peut-on dresser des analogies avec certaine guerre actuelle ? Exercice risqué, mais comment y résister quand on est historien de l’Antiquité, et que l’on vit non loin du champ de bataille ?
C’est aussi une bataille mémorielle qui se livre entre la Russie et l’Ukraine. Quelle est la part de l’histoire dans la reconstitution d’un sentiment national ukrainien depuis l’indépendance recouvrée en 1991 ?
Les négociations autour de la guerre en Ukraine laissent perplexe. Qui peut endosser le rôle de médiateur dans de telles circonstances ? Peut-on prendre au sérieux l’idée même de médiation, compte tenu de l’ampleur des exactions commises par la Russie en Ukraine ?
Tandis qu’une vague de déboulonnage sévit à travers le monde, l’Allemagne se livre à une forme de reconstruction nationale autour de l’héritage prussien, qui fait également polémique.
Qu’est-ce qu’une alliance ? Pourquoi les pays s’allient-ils, quittent-ils des alliances, ou en fondent-ils de nouvelles ? Dans le contexte actuel de retour de la guerre et de compétition stratégique tant militaire qu’économique, l’analyse des mécanismes d’alliances n’a sans doute jamais été aussi cruciale.
Pour justifier l’invasion en Ukraine, Moscou réécrit l’histoire du conflit au Donbass depuis 2014. L’historien russe Nikolay Mitrokhin dénonce, lui, le rôle central du Kremlin dans cet affrontement, ainsi que le pillage et la terreur organisés par les forces « pro-russes ».