Animé par Gwénaële Calvès (Université de Cergy-Pontoise) et Daniel Sabbagh (CERI-Sciences Po), le séminaire de recherches « Politiques antidiscriminatoires » existe depuis l’automne 2001. Le sujet est abordé dans une perspective comparative et interdisciplinaire. Au programme du 28 novembre 2007 : « The Multicultural Welfare State » de Will Kymlicka.
La rationalité des allocataires de minima sociaux, les effets potentiels de dérégulation du marché du travail et le sort de ceux qui ne pourront pas en bénéficier, constituent les trois impensés du projet de Revenu de Solidarité Active. Ces points sont ici mis en perspective par le rappel des résultats de travaux récents.
L’introduction du management dans la gestion de l’État n’est pas une invention des années 2000. Philippe Bezes propose une sociologie historique des réformes de l’État depuis les années 1960, et montre comment experts, hauts fonctionnaires et responsables politiques ont contribué à l’émergence d’une nouvelle rationalité administrative.
À l’heure où s’amorce une réforme en profondeur des minima sociaux, le sociologue Serge Paugam revient sur l’importance de la notion de solidarité dans la réflexion sociologique, sur l’évolution des représentations sociales de la pauvreté et sur les défis auxquels notre système de protection sociale est confronté. C’est l’occasion d’inscrire l’ambition du Revenu de Solidarité Active – mettre fin à la pauvreté – dans une perspective historique et sociologique de longue durée.
Le « nouveau conservatisme » a le vent en poupe outre-Manche, alors que le gouvernement travailliste de Gordon Brown s’enfonce dans des abîmes d’impopularité. S’il offre le visage rassurant d’un conservatisme enfin débarrassé du dogme néolibéral, le renouveau idéologique impulsé par David Cameron s’effectue à la faveur d’un retour à la pensée conservatrice la plus traditionnelle.
Les économistes furent parmi les premiers à réagir à l’œuvre de John Rawls. Leurs objections conduisirent le philosophe de la justice à reconsidérer son ambition : proposer une théorie qui fasse concurrence à l’utilitarisme.
Protection sociale, médicalisation croissante de la société, dynamiques des professions médicales et de l’institution hospitalière : la santé est au croisement de multiples préoccupations. Un état des lieux de recherches empiriques et de perspectives théoriques sur ce thème s’avérait nécessaire.
Qui s’occupe du maintien de l’ordre dans les pays d’Afrique noire ? La police, certes, mais surtout des organismes privés et des milices. Marc-Antoine Pérouse de Montclos étudie les recompositions du monopole de la violence légitime sur le continent africain.
Le sociologue Luc Boltanski revient sur ses deux publications les plus récentes : Rendre la réalité inacceptable et De la critique. Après avoir situé ces ouvrages dans sa trajectoire intellectuelle, l’entretien procède à une explicitation des concepts centraux de De la critique puis évoque des pistes pour renouveler la critique à un moment historique qui est celui de l’apogée du capitalisme et de l’État mais aussi de leur crise et de la crise de leur relation.
La crise grecque est d’abord celle de l’État grec et de sa légitimité. Dans la deuxième partie de cet entretien, Anastassios Anastassiadis explique d’où viennent les difficultés de l’État grec à prélever l’impôt, et met en évidence le rôle des inégalités et de la classe politique grecque dans le déroulement de la crise.
Comment inciter les ménages seniors qui en ont les moyens à transmettre plus rapidement leur patrimoine à leurs enfants ou petits-enfants ? La voie naturelle, selon les économistes Luc Arrondel et André Masson, consiste à donner l’avantage aux transferts entre vifs, aides ou donations, en accroissant l’impôt sur les héritages.
Anthony Giddens, le maître à penser du blairisme, se tourne, dans son dernier livre, vers Gordon Brown et vers l’avenir, cherchant à refonder le projet social-démocrate pour le XXIe siècle. Une tentative inaboutie, selon Olaf Cramme.
Jim House et Neil MacMaster proposent une nouvelle interprétation de la répression de la manifestation du 17 octobre 1961 qui causa la mort de plus de 120 Algériens en plein cœur de Paris. Loin d’être une bavure isolée, cette répression résulta selon eux d’une véritable « terreur d’État » mise en place par le préfet de police Maurice Papon pendant plusieurs semaines, qui s’inspira des expériences coloniales de répression des mouvements insurrectionnels.
Yossi Shain étudie le concept de diaspora, essentiel pour comprendre la politique internationale contemporaine. Ses analyses, un peu trop centrées sur l’exemple israélien, montrent que les diverses diasporas s’invitent bien souvent dans la vie politique intérieure et extérieure de leur nation d’origine.
Un type nouveau d’autorité publique émerge au sein l’État suédois, chargé moins d’exécuter les décisions politiques que d’influencer les décideurs et l’opinion publique. D’instrument neutre de la gouvernance démocratique, l’administration se transforme peu à peu en producteur d’idéologie, et s’avère souvent plus puissante que les partis politiques.
A travers l’exemple du développement des technologies de l’information et de la communication en Israël, à Taïwan et en Irlande, Dan Breznitz souhaite réaffirmer le rôle de l’État dans la définition et la conduite de stratégies de développement. Si le propos de l’auteur montre avec force qu’il n’existe pas de modèle unique d’insertion dans la mondialisation, un certain nombre de questions cruciales concernant les politiques industrielles sont laissées en suspens.
Les Mémoires de Maurice Grimaud, préfet de police à Paris en 1968, nous invitent à regarder les événements de mai du côté de l’État et de ses grands commis, et à interroger la responsabilité et l’engagement personnel des hauts fonctionnaires dans l’histoire.
Si Sandrine Baume privilégie, dans sa lecture de Carl Schmitt, les écrits des années 1920 au détriment des textes de la période nazie, c’est parce qu’elle considère à juste titre qu’ils sont fondateurs dans sa conception de l’État. Mais n’est-elle pas conduite à restreindre la philosophie de Schmitt et à isoler sa pensée politique de ses engagements philosophiques ?
Pour Pierre-Yves Quiviger, on ne comprend bien l’œuvre politique et juridique de Sieyès qu’en la ramenant au matérialisme qui lui sert de fondement. Si Sieyès attribue ainsi un rôle majeur au Conseil d’État au sein de l’exécutif, c’est parce qu’il considère qu’il existe un ordre nécessaire à la société humaine et qu’il faut une instance délibérative au sommet de l’État pour le mettre en place.
For a long time, the origin of the term État-providence in French was ascribed to late Second Empire liberals who apparently coined it in a negative sense. In reality, though, the notion reaches further back to the generation of 1848, where it emerged as a response to working-class demands. Understood in this way, the expression regains its legitimacy.
What binds people together and turns them into a society? In an ambitious book, the sociologist Serge Paugam wrestles with this question, while bringing sociology into conversation with psychology.
Karine Berger and Valérie Rabault don’t go along with the usual rhetoric of commentators on current economic developments. Instead of catching our attention with an alarming vision, they present their book as a piece of optimism. However, although their book does suggest an action plan for the future, it is based on a strong critique of recent economic policies.
Are human rights a cornerstone of democracy, or a threat to social ties? Are they a precondition for the existence of a public space, or a triumph of individualism? Political thinkers have debated these questions during the last three decades. In this essay, Justine Lacroix explains the issues and the current situation.
Julian Le Grand, professor of social policy at the London School of Economics and a former advisor to Tony Blair, assesses the New Labour record on welfare reform. According to him, it is necessary to keep on reforming public services by introducing more choice for users and competition between suppliers.
Amid the never-ending crisis of the welfare state and the waning of the principle of solidarity, Sacha Lévy-Bruhl proposes a new interpretation. Starting from the idea of collective responsibility, he pursues an important goal: rethinking social protection in the twenty-first century.
Westerners think they own a universal democratic model. However, their confidence vanishes whenever they try to export it. Worse, this claim hampers their examination of both their own eventful history and the questions raised by non-Western democratic experiences.
As a counterbalance to the simplistic temptations of the populism that is currently spreading within European democracies, Pierre Rosanvallon invites us to complicate our notion of democracy and make it polyphonic, because the people do not all speak with one voice.
Claude Lefort, who died in October 2010, was the author of a great number of titles in political philosophy, working both on history of ideas and interpretation of events, unceasingly questioning the political conditions of freedom.
How did physician-chemists go about putting public hygiene on the agenda during the nineteenth century? Constructing a panorama of their ambitions and projects, Gérard Jorland gives us a sweeping summa that favours the grand narrative at the expense of explaining social complexity.