Les élections qui ont eu lieu en France en 2021 ont frappé les esprits par leur taux d’abstention record. Qu’en penser à l’approche des élections présidentielle et législatives ? Un nouveau volume de la collection Vie des idées / Puf fait le point sur la question : démobilisation, ou reconfiguration de la citoyenneté ?
Alors que la participation électorale est en baisse constante, les chiffres des votes blancs et nuls ne cessent d’augmenter. Il faut y voir autant le reflet d’une déception à l’égard de l’offre politique que d’une distance, souvent sociale, envers le jeu politique lui-même.
Les attaques de D. Trump contre le “Deep State” ont remis en lumière l’importance de cette dimension institutionnelle, rempart de la démocratie américaine contre la dérive plébiscitaire.
Prix Nobel de littérature, Mario Vargas Llosa a aussi été un homme politique, engagé à droite. Dans cet essai de vulgarisation, l’écrivain péruvien rend hommage aux philosophes qui ont forgé sa conception du libéralisme.
L’assassinat ciblé semble de plus en plus s’imposer comme une nouvelle manière de faire la guerre. À partir d’une comparaison entre les États-Unis et Israël, Amélie Férey explore les discours consistant à légitimer cette pratique difficilement compatible avec le libéralisme politique.
Le néolibéralisme est-il d’essence martiale ? C’est la thèse que défendent les auteurs de cet ouvrage et qui s’appuient à la fois sur des expériences historiques (comme le Chili sous Pinochet) et sur l’analyse de textes considérés comme fondateurs. Stimulante, la proposition peine cependant toujours à convaincre.
Loin des débats théoriques et surplombant sur les règles et les institutions, une sociologue enquête sur la « laïcité vécue » : changement d’échelle qui permet d’analyser la mécanique de la laïcité en contexte urbain, avec ses implications sociales et politiques.
Alors qu’on parle beaucoup de démocratie participative, la théorie politique semble avoir délaissé la question de la délibération de masse. Cristina Lafont critique les raccourcis délibératifs pour s’intéresser à cette voie difficile autant que longue.
Si les partis politiques sont des institutions majeures de la démocratie, certains restent dynamiques quand d’autres tendent à péricliter. Comparant le Chili, le Costa Rica et l’Uruguay, F. Rosenblatt propose un cadre conceptuel innovant pour expliquer les ressorts de la « vitalité partisane ».
De quels pouvoirs disposent les grands philanthropes dans les démocraties ? Des élites du XIXe siècle aux grandes fondations actuelles, ce nouvel ouvrage de la collection Puf/Vie des idées montre comment la philanthropie privée agit sur les problèmes collectifs que rencontrent les démocraties, et mettent celles-ci à l’épreuve.
La représentation politique est née bien avant le gouvernement représentatif et on aurait tort de la réduire au seul espace européen. Son invention est multiple, elle a existé au sein de cultures et de traditions différentes.
Quelles sont les racines des revendications écologistes d’extrême droite ? En France s’y mêlent des éléments d’anticapitalisme, la tradition libertarienne et un néosurvivalisme. Derrière la défense du vivant et la protection de la nature se cache surtout une écologie des populations.
La ré-autorisation des néonicotonoïdes fin 2020 a été justifiée par l’échec de solutions alternatives pour les betteraviers. Mais la focalisation du débat autour des questions technologiques masque les tensions opposant pouvoirs publics et scientifiques.
L’article 24 de la loi “Sécurité globale” est non seulement inutile mais aussi gravement préjudiciable et facteur d’insécurité juridique. Il peut néanmoins être sauvé, si l’on y inscrit le droit à ne pas être empêché de prendre des images des opérations policières.
Le populisme est sans doute une des notions les plus controversées du moment, chargée de préjugés et de stigmates négatifs. Prendre le populisme au sérieux, y compris dans ses ambivalences, permettrait d’y retrouver son essence démocratique.
Et si la crise écologique qui nous frappe appelait un réinvestissement de l’idée républicaine ? C’est la thèse que défend Serge Audier : nous ne répondrons pas au défi environnemental par une réaction anti-moderne et anti-étatique, mais par une nouvelle conception de l’intérêt général.
La rédaction du projet de constitution islandaise, combinant tirage au sort, élection, participation et référendum, donne à Hélène Landemore l’occasion de réfléchir sur les institutions démocratiques : comment rendre démocratique la représentation ?
Regard sur une penseuse-militante à l’origine de l’écoféminisme, et demeurant pourtant méconnue. Son travail a inspiré un mouvement d’une grande hétérogénéité, mais son ambition de transformer concrètement l’organisation sociale, économique et politique de la société a-t-elle été poursuivie ?
Parvenir à une juste distribution des ressources fondamentales, tel est selon G. Mathelier le moyen d’établir l’égalité véritable entre les citoyens. L’occasion de reparcourir les grandes théories de la justice sociale, de Kant à Rawls et à Pettit.
En mal d’incarnation partisane, le clivage droite-gauche n’en demeure pas moins au cœur des représentations des Françaises et Français. Sur la base de grandes enquêtes et de sondages, un ouvrage revient sur les valeurs constitutives de la gauche et de la droite en France.
On a tort de croire qu’aux États-Unis, les entreprises dominent le processus électoral ; le problème est en réalité plus profond : l’argent structure le champ des idées et détermine les données des débats.
Avec la disparition du régime censitaire et l’instauration du suffrage universel, la participation politique dans nos sociétés démocratiques ne devrait plus être conditionnée à la propriété. Et pourtant, montre Timothy Kuhner, la politique reste inféodée au capital.
À l’approche de l’élection présidentielle aux États-Unis, La Vie des idées/Books & Ideas et Public Books proposent un dossier commun examinant la façon dont l’argent influence le cours des démocraties électorales.
En France comme aux États-Unis, la transparence est devenue une exigence démocratique centrale et sous-tend l’essentiel des législations qui encadrent le financement de la vie politique. Mais cet art de dévoiler des informations cohabite souvent avec la capacité de les dissimuler.
Le projet d’une démocratie délibérative est-il irréaliste ? Contre l’assimilation désabusée de la démocratie à un ensemble de procédures de vote visant à satisfaire les intérêts du plus grand nombre, Charles Girard soutient que la délibération est un idéal pertinent pour une société d’égaux.
Si l’évaluation par les pairs relève de pratiques routinières de l’activité scientifique, elle est depuis vingt ans devenue un outil de gouvernement des conduites des universitaires autant qu’un instrument dans la reconfiguration du pouvoir scientifique.
Pour les pragmatistes américains du XXe siècle, la démocratie était une expérience radicale : celle de la participation délibérée et délibérative du peuple à l’identification et à la résolution de ses propres problèmes. Qui sont aujourd’hui leurs héritiers ?
« Cachez cette étiquette que je ne saurais voir ». Tel semble être le mot d’ordre des élections municipales de cette année, marquées par la multiplication des listes « citoyennes ». Les partis continuent néanmoins à jouer un rôle crucial dans la structuration de l’offre politique.
À quelques jours du second tour des municipales, que reste-t-il du parti qui domina à gauche pendant une quarantaine d’années, jusqu’à 2017 ? Au-delà de l’extinction de ses ressources, cet article propose de considérer les transformations du parti à l’aune de sa culture organisationnelle.
Alors que s’achève prochainement la convention citoyenne pour le climat, comment concrétiser les propositions des citoyens tirés au sort dans le cadre d’un processus démocratique ? Quelle place et quelle forme doit prendre le référendum dans la prise de décision politique ?
Les démocraties sont fragiles. Dès que leurs principes fondamentaux sont attaqués, elles se meurent. Leur vitalité repose sur les partis politiques qui les font vivre. Mais, si ces derniers abdiquent leur rôle face aux populistes, ils en deviennent alors les fossoyeurs.
Les citoyens sont-ils capables de participer à l’élaboration de politiques publiques aussi complexes que la transition écologique, et par quels procédés ? Comprendre le détail de la conception de la convention citoyenne pour le climat et écouter les citoyen·ne·s tiré·e·s au sort permet d’apporter quelques réponses à ces questions.
L’idéologie jihadiste européenne est-elle directement importée du monde oriental ? L’islamisme dans nos banlieues est-il absolument résistant à la culture laïque et républicaine ? Ces questions sont sensibles, et il faut se garder en la matière de tout essentialisme.
Que pouvait-on savoir et prévoir de l’actuelle pandémie et de son arrivée sur le territoire français ? Premiers éléments de réponse à partir d’un corpus bien défini : le très réputé magazine « Science », et les déclarations de l’OMS depuis fin décembre 2019.
Le transfert de compétences aux communes et aux établissements intercommunaux a donné une acuité aux enjeux d’action publique locale. Mais comment en débattre dans le cadre d’une campagne municipale ?
Alors que la représentation démocratique connaît une grave crise de confiance au niveau national et que se développe l’intercommunalité qui prive les maires d’une partie de leur pouvoir, la démocratie locale pâtit des lois de décentralisation.
Incarnations éminentes du malaise démocratique actuel, les organisations partisanes semblent appelées à disparaître irrémédiablement. Une prédiction que vient nuancer une mise en perspective historique et structurelle du jeu politique, telle que la propose le nouveau titre de la collection Puf-La Vie des idées.
Institué pour permettre à l’exécutif de faire taire les divisions partisanes, le régime de la Ve République semble avoir atteint son paroxysme avec l’élection de 2017. L’examen des transformations du champ politique suggère néanmoins qu’il ne faut pas enterrer trop tôt les partis politiques.
La Loi sur la Programmation Pluriannuelle de la Recherche suscite de vives critiques dans le monde universitaire. Emmanuelle Picard revient sur la genèse et l’évolution des institutions qui régulent la profession universitaire, en France et à l’étranger.
Les politiques publiques françaises concentrent les moyens de recherche sur quelques “sites”, aux dépens de régions entières, creusant les inégalités entre universités dites “d’élite” ou “de masse”. Mais de nombreux travaux empiriques démontrent l’inefficacité d’une telle concentration des moyens.