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Essai Société

Discriminer pour gouverner
Gagnants et perdants du jeu communautaire à Marseille


Topos du discours médiatique, l’image idyllique du cosmopolitisme marseillais ne résiste guère à l’analyse et à l’enquête. Celle-ci révèle de profondes inégalités dans la construction des communautés, le clientélisme et la reconnaissance mémorielle.

Cet essai est associé au livre dirigé par Marwan Mohammed et Julien Talpin, Communautarisme ?, paru le 26 septembre 2018 dans la collection Vie des idées/Puf.

La célébration du cosmopolitisme marseillais et de ses « communautés » est devenue un puissant véhicule de représentations. Promue par les médias, certaines élites politiques et économiques, voire même par des auteurs de sciences sociales, elle se fonde parallèlement sur une rhétorique exaltant la coexistence harmonieuse de « communautés », terme pouvant désigner, selon les besoins, des groupes nationaux, ethniques, ou ethnico-religieux. Les années 1990 et 2000 - avec l’émergence de l’association interconfessionnelle Marseille-Espérance et les Fêtes urbaines de la Massalia et de la Marsceleste mettant en scène « les communautés ayant contribué à la fondation de la ville » - ont vu se consolider le discours consensuel sur le Marseille de la diversité ethnique et religieuse, du vivre ensemble et de la paix intercommunautaire. Tant de rhétorique laisse pourtant perplexe lorsqu’on analyse et lorsqu’on compare les processus de formation et d’institutionnalisation des groupes et milieux « communautaires » construits de façon très inégalitaire selon leurs origines, appartenances, religions et milieux sociaux ; lorsqu’on se penche sur les politiques et les choix de redistribution des ressources (emplois publics, logements HLM, etc.) fondé sur des relations clientélaires ; ou lorsque enfin, on manie de façon fort différente selon les groupements identifiés, les choix de reconnaissance mémorielle et symbolique. Contrairement au discours consensuel sur le Marseille fraternel, le travail sociohistorique et l’observation empirique des relations entre pouvoirs municipaux et groupes « communautaires » de la société urbaine [1] montrent que les communautés n’existent pas naturellement mais qu’elles sont construites de façon relationnelle. Le gouvernement local (et plus amplement les autorités politico-institutionnelles) joue un très rôle important dans la construction différentielle de « communautés » qu’il ne dote pas des mêmes avantages et légitimations.

Des constructions communautaires « par le bas »

Les populations immigrées à Marseille ont souvent été considérées comme les composantes presque naturelles de groupes communautaires. Pourtant, à y regarder de plus près, il paraît difficile de classer dans la même « communauté » des populations dont origines nationales et régionales, caractéristiques sociales, périodes de migration et parcours migratoires, langues et religions, orientations politiques et logiques d’implantation dans la ville et de constitution des groupements associatifs sont très différents et variés (Jordi, Temime, 1996).

Lorsque des populations immigrées sont si diversifiées, il faut, pour faire « communauté », un processus volontariste de construction et de consolidation de plusieurs milieux communautaires autour d’éléments fédérateurs. Pour les « Arméniens », les « Juifs » et les « rapatriés d’Afrique du Nord », l’invention des communautés se fait essentiellement autour de la construction, à l’initiative d’individus réunis en associations, de la reconnaissance identitaire de type national et/ou religieux. Certains travaux démontrent que la construction des référents nationaux, notamment chez les Arméniens et les Juifs de Marseille, se fait au travers de deux principaux leviers d’action : l’entretien constant de liens avec une mère patrie en construction ; et la promotion, dans le secteur associatif, de la langue, des cultures et des traditions. Outre la référence identitaire nationale, la référence religieuse a un rôle central dans la construction communautaire des « Arméniens » et des « Juifs » marseillais [2].

Si, quelques années après leur arrivée, les milieux associatifs « arméniens », « juifs » et « rapatriés » d’Afrique du Nord, construisent des « communautés » légitimes, tel n’est pas du tout le cas pour d’autres populations immigrées - arabes, berbères et kabyles - en provenance du Maghreb, puis plus tard pour les Marseillais qui en descendent ainsi que pour les populations françaises provenant des Iles Comores et les nationaux comoriens. L’histoire propre de ces migrations et les pratiques de hiérarchisation et d’exclusion de ces populations immigrées (ainsi que d’autres) ont empêché de facto toute possibilité de construction « par le bas » d’auto-légitimations équivalentes, engendrant des constructions communautaires au rabais ou reléguant ces populations en position de subordination matérielle et symbolique. Les constructions identitaires bricolées des immigrés maghrébins et comoriens (qu’elles soient villageoises, nationales ou politiques et associatives) ont eu, aux différentes époques, une grande difficulté à émerger. Pour les « Comoriens » et les « Maghrébins », ces processus de construction identitaire et communautaire ont connu des échecs, des atermoiements ou de véritables impossibilités. Par exemple, la construction communautaire au travers du développement d’associations entretenant des liens avec les villes ou les villages d’origine (chose très fréquente pour les « Arméniens » et les « rapatriés »), ou au travers de mobilisations politiques et syndicales, ou à dimension nationaliste, a été évidemment impossible pour les Maghrébins et encore plus pour les Algériens, du fait de la colonisation puis du processus conflictuel de la guerre et de la période post-coloniale.

Légitimation politique et clientélaire des communautés

La construction sociale d’une autolégitimation des milieux communautaires « par le bas » ne saurait suffire à en faire des acteurs privilégiés sur qui le pouvoir municipal peut compter pour gouverner la ville. La construction des communautés nécessite un processus de légitimation supplémentaire opéré par les entités politico-institutionnelles locales et nationales leur fournissant différentes ressources. À Marseille, une des formes les plus abouties du gouvernement municipal et des différentes machines politico-électorales qui l’ont formé depuis les années 1960 est celle des politiques clientélaires de redistribution des ressources au bénéfice de familles et d’individus considérés comme appartenant à telle ou telle communauté. À Marseille, des politiques de redistribution de ressources matérielles (emplois, logements, services de toute sorte), qui suivent elles aussi des canaux clientélaires habituels (familiaux et partisans), ont particulièrement favorisé des individus et des familles descendantes des anciennes immigrations et considérées comme appartenant à des « communautés » estimées alliées du pouvoir municipal. Ce dernier a donc satisfait de manière prioritaire des individus et familles identifiés comme appartenant à ces groupes socio-ethniques et religieux, principalement les « Arméniens », les « Juifs » et les « Rapatriés » de Marseille. Plusieurs courriers provenant des archives municipales montrent comment les courriers de recommandation et certaines logiques d’attribution d’emplois et de logements finissaient souvent par favoriser des individus du fait de leurs appartenance ou supposée telle aux milieux communautaires dominants.

Rendre service aux individus et en même temps à la communauté socio-ethnique à laquelle ils sont censés appartenir a souvent nécessité l’existence d’intermédiaires politiques disposés à être érigés en représentants de ces « communautés » en occupant une place d’éligible au conseil municipal ou d’adjoint au maire. Dans ce domaine, Marseille n’est pas un cas isolé [3]. Ce rôle d’intermédiaire « communautaire » impliquait d’ailleurs que l’élu soit l’interface entre les demandes privées et personnelles provenant d’Arméniens ou de Juifs marseillais et la mairie. Ainsi, dans les archives municipales, on retrouve quelques dizaines de courriers de recommandation envoyés au cabinet du maire par le conseiller municipal des années 1970-80 Roland Amsellem, justifiant ces interventions (souvent redoublées par celles de son collègue Robert Mizrahi) à la fois par la militance au parti et par l’appartenance à la « communauté » juive. Tout en n’affichant pas systématiquement l’appartenance communautaire dans les critères de formation des listes et au moment des campagnes électorales, les partis locaux et le pouvoir municipal ont progressivement construit des pratiques et un discours autour de la représentativité des différentes « communautés » marseillaises [4].

À l’opposé de ces milieux communautaires gagnants et alliés du pouvoir municipal, les populations françaises d’origine maghrébine et comorienne et les Maghrébins et Comoriens ont beaucoup moins bénéficié de la grande disponibilité de ressources de redistribution existantes depuis les années 1965. Elles ont été soit discriminées, soit maintenues aux marges des circuits clientélaires de redistribution. Les Algériens, les Tunisiens, les Marocains et les Français originaires de ces mêmes pays du Maghreb n’ont pas bénéficié - ou très à la marge - des mécanismes relevant de la « régulation clientélaire » [5] fournissant, par l’acquisition d’un emploi public (souvent municipal ou paramunicipal) et/ou d’un logement social, deux importantes opportunités dont ont profité les populations immigrées construites comme gagnantes : la première consistant à l’intégration de familles et individus à l’entourage des leaders politiques, aux milieux partisans et aux collectivités locales ; la seconde, permettant l’accomplissement de parcours d’ascension sociale à des familles de classes populaires grâce à l’amélioration de leurs conditions de vie finalement possible au travers d’un emploi stable de fonctionnaire et/ou d’un logement social. Elles ont été globalement discriminées dans l’accès à l’emploi public et à des logements sociaux de qualité [6].

Au-delà de la question de la redistribution des ressources, ces populations ont historiquement connu des phénomènes prononcés de marginalisation, de discrimination et de hiérarchisation d’ordre à la fois social, économique et politique. Pour plusieurs raisons historiques, de conséquents dispositifs publics ont été mis en œuvre autour de ces migrants depuis les années 1900-1910 : d’abord des dispositifs de confinement à des fins d’exclusion et de contrôle policier ; puis, des dispositifs de contrôle social dans les années 1950 et 1960 et pendant la guerre d’Algérie, puis des processus d’ethnicisation et de marginalisation socio-spatiale dans depuis les années 1980 [7], entre autres par des politiques municipales de rénovation urbaine du centre-ville tendant à les considérer comme des populations non désirées.

Discrimination des mémoires communautaires

Les événements historiques tels que les massacres génocidaires d’Arméniens de 1915 suivis par l’exode vers différents pays, les persécutions et massacres de Juifs pendant la seconde guerre mondiale, les rapatriements des Français d’Égypte, du Maroc et de Tunisie, puis des Pieds-Noirs d’Algérie en 1962 sont autant d’événements fondateurs de racines et d’identités communes dotés d’une grande puissance symbolique permettant la construction d’un plus petit dénominateur commun mémoriel au sein de chacun de ces groupes d’appartenance [8]. Avec évidemment des parcours différents, les milieux communautaires arméniens, juifs et rapatriés de Marseille en interaction tout particulièrement avec la mairie et les élus municipaux ont construit un processus de légitimation communautaire dont le rappel des tragédies qu’ils ont endurées représente l’élément central. La construction collective de cette légitimité communautaire de type mémoriel et victimaire se concrétise à la fois par son élaboration au sein des associations et par la reconnaissance des institutions publiques (locales et étatiques), par la tenue de cérémonies civiles et religieuses, par l’édification de mausolées, de plaques commémoratives érigées à la mémoire des événements historiques marquants et symbolisant les tragédies de la « communauté ».

L’aspect hautement symbolique de la reconnaissance mémorielle de leur statut de victimes de l’Histoire a été largement légitimé par le pouvoir defferrien et post-defferrien en place à Marseille. Gaston Defferre (maire de 1953 à 1986) et ses compagnons socialistes de la Résistance sont tout particulièrement sensibles aux histoires des peuples arméniens et juifs. L’un des biographes de Defferre remarque que ses positions politiques suscitent la sympathie des Juifs avec lesquels il tisse des liens durables [9]. Defferre manifeste aussi très souvent sa proximité avec les Arméniens de Marseille qu’il soutient dans leur revendication de reconnaissance du génocide de 1915. Politiquement, Defferre et la SFIO (puis le PS) sont liés au parti arménien majoritaire Dachnak, qui en retour les soutient officiellement à toutes les échéances électorales. C’est dans des lieux urbains connotés par la présence arménienne que les attributions de noms de rue et de places à la mémoire du génocide se font le plus souvent. Avec le maire Robert Vigouroux, puis avec Jean-Claude Gaudin, on assiste, depuis les années 1990, à une nette accélération de la reconnaissance de la mémoire communautaire. Concernant les Juifs de Marseille, les occasions mémorielles soutenues par le pouvoir politique depuis les temps de Gaston Defferre sont extrêmement fréquentes. Inaugurations de monuments et commémorations de résistants juifs, journées du souvenir du génocide de la deuxième guerre mondiale à la synagogue, hommage aux Justes de la Nation, cérémonies religieuses (Yom Kippour), rendez-vous annuels du Consistoire, etc. Pour les rapatriés d’Afrique du Nord, l’enjeu mémoriel est évidemment au centre des préoccupations dès leur retour et encore plus dans les années 1970 et 1980. Après un accueil initial plus que mitigé en 1962, la municipalité Defferre se fait de plus en plus attentive à cette nouvelle population de nombreux rapatriés et nouveaux électeurs installés à Marseille. En 1970, une énorme pale d’hélice de bateau, œuvre du sculpteur César, est inaugurée sur la Corniche en guise de monument à la mémoire des rapatriés. Les associations de rapatriés, les acteurs municipaux et la presse locale qualifient ce lieu de Mémorial des rapatriés. Que ce soit pour des commémorations de dates et d’événements importants, des cérémonies religieuses, d’accueil de diplomates et dignitaires de pays comme l’Arménie ou Israël ou d’accords de coopération décentralisée, les élus de tous bords sont présents, se montrent, prennent la parole et mettent en scène un récit flatteur et consensuel de l’histoire des communautés juive, arménienne ou rapatriée.

D’autre part, les « Maghrébins » et les « Comoriens » de Marseille sont les perdants des ce jeu communautaire comparativement à ces « communautés gagnantes ». Sur le terrain de la légitimation mémorielle et victimaire elles sont disqualifiées d’emblée et, même si elles le voulaient, elles ne peuvent quasiment pas en jouer le jeu. La construction d’une légitimation par la victimisation d’un destin historique est dès le départ très improbable pour des populations anciennement colonisées comme les Comoriens et pratiquement impossible pour les Maghrébins. L’histoire coloniale et ses enjeux conflictuels de mémoire, la présence à Marseille et plus généralement en France des Rapatriés et des Pieds Noirs d’Algérie ne permet pas une légitimation mémorielle concernant par exemple les victimes maghrébines du terrorisme des années 1990 en Algérie, les victimes du racisme et la période post-coloniale en France des années 1970-80 [10], ou, encore moins, les victimes des conflits coloniaux.

Conclusion

Même si, sur la base des principes républicains, l’idée de représentativité de « groupes communautaires » ne devrait pas faire partie de la coutume politique française, il est désormais acquis, chez un grand nombre d’auteurs en sciences sociales, qu’il existe bien en France des politiques de l’ethnicité ou des minorités impliquant la reconnaissance, voire l’incitation à la constitution de logiques communautaires d’agrégation [11]. Marseille s’inscrit pleinement dans cette tendance, et même parfois à l’extrême. Cependant, prenant en compte de façon comparative les analyses portant sur les politiques urbaines des minorités et de la diversité ethnico-religieuse dans d’autres villes européennes, on peut s’apercevoir qu’à Marseille, ce sont moins des politiques d’intégration des minorités ou de la diversité ethnique que des politiques de gestion du pouvoir local par la construction des communautés et de leur coexistence présentée comme pacificatrice.

La marginalisation de la vie urbaine que connaissent une grande partie des Français d’origine maghrébine et comorienne et des étrangers maghrébins et comoriens constitue seulement le premier aspect – parmi d’autres – de leur subordination dans la hiérarchie communautaire marseillaise. Les logiques fédératrices sont difficiles à réaliser pour les populations maghrébines de différentes nationalités (Marocains, Algériens, Tunisiens principalement) et où la référence nationale demeure quasi impossible à mobiliser (en particulier pour les populations originaires d’Algérie) dans des contextes très chargés par les conflits coloniaux et les enjeux diplomatiques et internationaux. Concernant les aspects d’appartenance religieuse, le pouvoir municipal a quasi systématiquement minoré la place de l’islam dans la cité marseillaise par rapport à celle des autres « communautés religieuses ». Vincent Geisser a bien montré qu’à Marseille, on retrouve un islam communautarisé malgré lui, car le fait musulman, à la différence d’autres villes françaises, est moins traité dans sa dimension strictement religieuse que dans sa dimension communautaire imposée par les institutions politiques municipales et conçue comme minoritaire par rapport à un culte catholique majoritaire [12]. Malgré les déclarations de la majorité de droite de Jean-Claude Gaudin, les projets de grande mosquée sont toujours restés lettre morte. Cette minoration des musulmans comme groupe minoritaire et perdant reste donc une constante malgré les pratiques éparses de cooptation de personnes d’origine maghrébine sur les listes municipales, à l’œuvre depuis les années 1990 et l’attention publique particulière de Robert Vigouroux – en manque de relais dans la société civile marseillaise et attentif au potentiel d’un « électorat musulman » – vis à vis de la « communauté musulmane » lors de son mandat (1989-1995).

Aller plus loin

Ce travail s’inspire, au moins en partie, d’un article déjà publié : Cesare Mattina, « Gouverner la ville avec des milieux « communautaires », Métropoles, n.19, 2016.

Pour citer cet article :

Cesare Mattina, « Discriminer pour gouverner. Gagnants et perdants du jeu communautaire à Marseille », La Vie des idées , 12 octobre 2018. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Discriminer-pour-gouverner.html

Nota bene :

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par Cesare Mattina , le 12 octobre

Notes

[1Ces considérations se basent sur une recherche de longue haleine sur l’influence des relations clientélaires et des politiques de redistributions des ressources individualisables sur les modalités du gouvernement de la ville à partir du cas marseillais entre les années 1960 et les années 2000. Elle se fonde sur des matériaux d’archives provenant du cabinet du maire des archives et conservés aux archives municipales de Marseille, d’entretiens avec des élus sur les pratiques du métier politique, d’observation directes et participantes des campagnes électorales des années 2007 et 2008, d’analyse de la presse locale. Cf. Cesare Mattina, Clientélismes urbains. Gouvernement et hégémonie politique à Marseille, Paris, Presses de sciences po, 2016.

[2Martine Hovanessian, Le lien communautaire. Trois générations d’Arméniens, Paris, A. Colin, 1992.

[3Nadine Gallery de la Tremblaye, Les mécanismes d’intégration de la diaspora arménienne. Alfortville, Marseille, Los Angeles, Beyrouth, thèse de doctorat, science politique, Institut d’Études Politiques, Paris, 1998.

[4Même si des phénomènes d’intermédiation politique par l’insertion dans les listes électorales de personnes d’origine maghrébine ou comorienne ont émergé depuis les années 1980, les travaux existant sur Marseille (Michel Peraldi, Michel Samson, Gouverner Marseille. Enquête sur les mondes politiques marseillais, Paris, La Découverte, 2005 ; Vincent Geissier, Françoise Lorcerie, Les Marseillais musulmans, New York, Open society Foundation, 2011) montrent le caractère grégaire et subordonnée de ces candidatures par rapport aux logiques ayant caractérisé les « communautés » gagnantes dans la composition des listes.

[5Cesare Mattina, op. cit.

[6Valérie Sala Pala, Discriminations ethniques. Les politiques du logement social en France et au Royaume-Uni, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2013.

[7Émile Temime, (dir.), Migrance. Histoire des migrations à Marseille, Édisud, Aix-en-Provence, 1990, 4 vol.

[8Eric Hobsbawn, Terence Ranger (dir.), The Invention of Tradition, Cambridge University Press, Cambridge, 1983.

[9Gérard Unger, Gaston Defferre, Fayard, 2011.

[10Rachida Brahim, La race tue deux fois. Particularisation et universalisation des groupes ethniquement minorisés dans la France contemporaine, 1970-2003, thèse de doctorat sous la direction de Laurent Mucchielli, Aix-Marseille Université, 2017.

[11Lionel Arnaud, et Gilles Pinson, « Villes européennes et citoyenneté de projet : vers de nouvelles formes d’implication locale pour les minorités ethniques ? » dans Lionel Arnaud (dir.), Les minorités ethniques dans l’Union européenne, La Découverte, Paris, 2005, p. 209-228.

[12Vincent Geisser, « Immigration et mobilisations musulmanes à Marseille. L’éveil d’un "islam paroissial" (195-2008) », Cahiers de la Méditerranée, 78, 2009, p. 13-31.