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Le temps des dolmens
Entretien avec Jean Guilaine


par Jean Demerliac & Ariel Suhamy , le 24 novembre


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Que nous apprennent les dolmens sur le temps long de la protohistoire ? Selon Jean Guilaine, ils témoignent de l’apparition progressive des inégalités, avant la naissance des États.

Jean Guilaine a été titulaire de la Chaire Civilisations de l’Europe au néolithique et à l’âge du bronze au Collège de France de 1995 à 2007. À l’occasion des vingt ans de l’INRAP, il revient dans cet entretien sur ses recherches autour du monde protohistorique, sur le site de Saint-Eugène dans l’Aude, qu’il a restauré dès 1964. Entretien en partenariat avec l’INRAP.
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L’Inrap est un établissement public placé sous la tutelle des ministères en charge de la Culture et de la Recherche. Il assure la détection et l’étude du patrimoine archéologique en amont des travaux d’aménagement du territoire. Il réalise chaque année plus de 2 000 opérations archéologiques (diagnostics et fouilles) pour le compte des aménageurs privés et publics, en France métropolitaine et outre-mer. Ses missions s’étendent à l’étude scientifique des données relevées sur le terrain et à la diffusion de la connaissance archéologique.

Transcription de l’entretien

Inrap/Vie des idées : Qu’est-ce que la Protohistoire ? Doit-on ranger le Néolithique dans la protohistoire et non dans la Préhistoire ?

Jean Guilaine : Pour moi, la Protohistoire c’est le temps des villages et des agriculteurs. Donc je pense que dans l’histoire de l’Humanité, il y a grosso modo trois parties : le monde des chasseurs-cueilleurs, c’est le monde du Paléolithique et du Mésolithique ; le mondes des premiers villages et des premiers paysans, c’est le monde du néolithique et des âges dits des métaux (âge du Bronze et âge du Fer), et puis le monde de l’écriture, et en même temps des États, de la ville, des empires. Évidemment, un État ne supprime pas l’autre : il peut y avoir des chasseurs-cueilleurs jusqu’à aujourd’hui. Il y a des paysans qui évidemment vivent aujourd’hui, et heureusement parce que ce sont les campagnes qui nourrissent les villes. Donc je pense que l’avènement de l’agriculture c’est vraiment la grande césure. Et en même temps c’est à partir de là que commence l’histoire rurale, donc on ne peut pas scinder l’histoire rurale : elle commence au néolithique et elle se poursuit aujourd’hui.

Quand et comment le Néolithique arrive-t-il ici, dans l’Aude ?

Jean Guilaine : le Néolithique se constitue au Proche-Orient grosso modo entre 12 000 avant J.-C., là c’est la sédentarisation, mais surtout entre 10 000 et 7000 avant notre ère. Et à partir de là, progressivement ces premiers paysans vont diffuser, vont avancer, vont gagner de l’espace et vont faire la conquête géographique de l’Europe. Il y a deux voies par lesquelles le Néolithique se transmet à l’Europe : d’une part, la voie méditerranéenne, essentiellement par la navigation, mais pas seulement. Et puis la voie continentale essentiellement par l’Europe centrale et le bassin du Danube. Avec une arrivée jusqu’au Bassin parisien ou à l’embouchure du Rhin. Ils sont partis, grosso modo du Proche-Orient autour de 7000 avant notre ère et ils arrivent ici autour de 5500 avant notre ère. Ils ont donc mis 1500 ans ou au moins 1000 ans pour traverser la Méditerranée : c’est une conquête de petits pas, elle s’est faite progressivement. Et puis elle ne s’est pas faite non plus d’une manière très régulière : de temps en temps il y a des arrêts, des pauses, qui sont dus à des phénomènes que nous ne connaissons pas très bien, qui peuvent être culturels ou climatiques. C’est le cas par exemple dans l’ouest de la Grèce, où le néolithique jusque-là se stabilise, et puis une autre culture se reforme et c’est celle-là qui arrivera jusque dans nos régions ici.

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Le dolmen de Saint-Eugène (Laure-Minervois) après restauration
© A. Airgoin

Quelle était la fonction de ces dolmens ?

Jean Guilaine : Nous sommes ici au Dolmen des Fades, c’est-à-dire “des fées” en occitan, qui est le plus grand mégalithe du sud de la France avec la Grotte des fées d’Arles, qui est un hypogée, c’est-à-dire une tombe creusée dans le roc, mais avec des tables essentiellement mégalithiques. Ici à Pépieux, comme dans le dolmen voisin de Saint-Eugène, nous avons affaire à un monument qui date de la seconde moitié du quatrième millénaire, construit aux environs de 3500 avant notre ère. Ces monuments sont des tombes collectives. C’était des lieux où, au fil des générations, on a enterré tout au long de la fin du néolithique et même au début de l’âge du Bronze. Ce sont des monuments qui ont eu une très longue vie, dans la mesure où ils ont été en fonction pendant souvent plus d’un millénaire.

Ces monuments, celui-ci comme le dolmen voisin de Saint-Eugène, sont des monuments très allongés, et qui s’inscrivaient dans un grand tumulus circulaire. Et ces monuments sont découpés en trois parties : un long couloir, et deux chambres mortuaires successives.

Nous sommes ici dans la première chambre funéraire, qui présente l’avantage d’avoir conservé sa table de couverture à la hauteur initiale, puisque nous avons des piliers d’origine qui ont été conservés. Cette chambre servait de lieu de dépôt des défunts et de leur mobilier, et puis par une seconde dalle-hublot, que vous avez ici, qui est brisée, mais qu’il faut imaginer se terminant en cercle dans la partie supérieure, on pouvait passer dans une seconde chambre mortuaire qui était la “cella terminale” en quelque sorte, et nous avons ici la dalle de chevet qui marque la limite de la tombe. Tout ce monument était recouvert par un tumulus qui lui servait de protection et de contrefort.

Ce mégalithisme est-il local ou se modèle-t-il sur d’autres archétypes méditerranéens ?

Jean Guilaine : Ces grands monuments, Pépieux ou Saint-Eugène, ce sont des monuments très allongés, qui sont caractéristiques de la fin du Néolithique, et on retrouve à peu près les mêmes monuments de l’autre côté des Pyrénées, en Catalogne. Vous avez ici une sorte de faciès funéraire de la Catalogne et du Languedoc. Mais il existe de très grands monuments comme ceux-ci, également funéraires, qui sont caractéristiques de la même période. Vous avez les hypogées d’Arles, vous avez certaines allées couvertes de Sardaigne, vous avez de grands monuments également en Andalousie. Quant à la comparaison avec Malte, on a affaire à quelque chose de complètement différent, d’une part par leur architecture : ce sont des monuments qui comportent plusieurs cellules en forme générale de trèfle, 3,5, 7. Et puis ils sont différents par leur fonction, puisqu’à Malte, nous n’avons pas affaire à des sépultures, mais à des temples, c’est-à-dire à des sanctuaires, à des lieux du rituel.

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Presqu’île de Quiberon
Découverts en 2007 par des vacanciers, ces deux couples de haches polies en jadéite étaient associés à un alignement de stèles aujourd’hui couchées et submergées par la mer.
© Hervé Paitier, Inrap

Quel mobilier trouve-t-on dans les dolmens ?

Jean Guilaine : Dans des monuments comme celui-ci ou le Dolmen de Saint-Eugène, on trouve les mobiliers qui accompagnaient les défunts. Ils recouvrent une tranche de temps très longue. On retrouve des poteries du Néolithique final, des poteries campaniformes de l’extrême fin du Néolithique, des poteries du début de l’âge du Bronze. On retrouve également des lames de couteaux en silex, des pointes de flèches, des poignards qui peuvent être en cuivre comme c’est le cas ici et à Saint-Eugène. On retrouve des parures, en roches diverses, en coquillages ou en métal. À Saint-Eugène, une perle en or, par exemple. Il ne faut pas croire que ces mobiliers étaient des offrandes à la communauté des défunts, c’était presque toujours des mobiliers qui accompagnaient certains défunts particuliers. Mais tout cela est brassé au fil du temps dans un même magma d’os, qui caractérise ces grandes tombes collectives.

Quelle est la place du mégalithe dans le paysage ?

Jean Guilaine : Les mégalithes, tels ceux que nous voyons ici sont construits très souvent sur des collines, notamment les plus grands d’entre eux comme le Dolmen de Pépieux. Et puis il faut penser que le paysage tout autour était un paysage en partie anthropisé, c’est-à-dire gagné à la culture ou transformé en pré ou en prairie pour les animaux d’élevage, bien entendu. Donc on avait un paysage tout autour où travaillaient les paysans du Néolithique, et puis il y avait sur la colline le tombeau des ancêtres, qui était le tombeau vénéré et qu’ils avaient visuellement sous le nez en permanence.

On ne peut pas étudier le Néolithique si l’on n’étudie pas le paysage. Pourquoi ? Parce qu’étudier simplement le Néolithique à partir des habitats ou à partir des nécropoles c’est ne voir qu’une petite partie du problème. En effet, les Néolithiques sont des paysans, et pour cela ils ont besoin de champs et de prairies pour leurs troupeaux, donc ils brûlent la forêt pour se créer des clairières, pour pouvoir cultiver et élever leurs animaux. Si donc on ne connaît pas le paysage, qui est le lieu où ils travaillent, le lieu qui les nourrit, nous n’avons qu’une petite vision de ce qu’était le Néolithique. C’est pourquoi l’étude du paysage, c’est-à-dire l’action de l’Homme sur la nature, est absolument capitale dans l’étude du Néolithique et des périodes qui ont suivi.

Vous avez montré l’émergence progressive de la guerre et des guerriers dans la Protohistoire. Que nous disent ces dolmens sur cette question ?

Jean Guilaine : Pendant longtemps, on a cru que le Néolithique, qui était le moment où l’Homme, en travaillant, capitalisait, c’est-à-dire créait des richesses, était le moment où la guerre apparaissait. Mais en fait par la suite on s’est rendu compte que déjà, les cultures de la fin du paléolithique supérieur au moins se battaient. On a des exemples au Soudan, au Kenya où l’on a des communautés qui ont été décimées par d’autres. Donc, le vol du bien d’autrui, c’est-à-dire une vision un peu matérialiste des choses, n’est pas la seule condition qui peut amener à la guerre. Déjà les chasseurs-cueilleurs pouvaient se battre. Mais évidemment avec le néolithique, la guerre a pris de plus en plus de poids et d’importance. Et même, vers la fin du Néolithique, on peut voir que dans l’équipement des tombes, dans l’équipement funéraire des gens qui sont enterrés, des hommes essentiellement, ou sur les statues menhirs, les mâles, les hommes, sont toujours représentés avec des armes. Il y a donc une idéologie du guerrier qui se construit au Néolithique, alors même qu’il n’existe pas encore d’armées de métier. Déjà, dès le Néolithique, il y a une idéologie du mâle armé.

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Vue des défunts dans la sépulture du Néolithique récent de Saint-Doulchard (Cher)
© Laure Pecqueur, Inrap

Comment se traduisent les inégalités sociales dans les sociétés néolithiques ?

Jean Guilaine : On voit progressivement les inégalités se développer au cours du Néolithique, parfois rapidement, parfois plus lentement. Parfois il y a des pics, par exemple on a en Bretagne dans le courant du cinquième millénaire (avant J.-C.) des personnages très importants, enterrés sous de très grands tumulus. Ces gens-là, ou leurs proches, ont été à même de faire venir pour eux de très belles haches polies, dont l’origine est alpine, ou des colliers de barysite dont l’origine est andalouse. Donc des gens qui sont capables de drainer pour eux des richesses de l’époque. Mais à la même époque dans notre région, par exemple dans le Midi, ce type de hiérarchie sociale n’existe pas. Et puis on voit d’autres types de hiérarchies se développer dans le courant du Néolithique, par exemple, dans un monument comme celui-ci nous ne pouvons pas vraiment faire la différence dans ces tombes collectives entre le statut de l’un et le statut de l’autre. Mais nous savons qu’on a enterré des gens avec des équipements plus riches, ayant une plus grande valeur sociale que d’autres. Donc, la hiérarchie est difficile à déceler. Par contre, à la même époque, dans le sud de la péninsule ibérique, nous avons dans certains monuments des logettes, dans lesquelles sont enterrés des personnages, souvent un seul individu d’ailleurs, avec des mobiliers absolument extraordinaires. Avec notamment des objets d’ivoire, un ivoire qui vient soit d’Afrique soit d’Asie. Donc vous voyez comment les dominants de l’époque se font souvent enterrer avec des marqueurs sociaux, des objets de qualité, qui n’ont aucune valeur au niveau utilitaire, mais qui sont les marques, la matérialité de leur pouvoir social.

Qu’est-ce qui change avec le Campaniforme ?

Jean Guilaine : Lors du Néolithique final, on a essentiellement affaire à des sépultures collectives. Bien sûr, dans ces tombes il y a des gens avec des statuts différents, mais en mêlant leurs corps dans la mort, on annihile la hiérarchie sociale qui pouvait exister dans la vie. Ces gens sont liés par des liens de parenté, ce sont des familles, des lignages, et donc il y a une sorte d’homogénéisation dans la mort, de collectivisation qui se produit. Avec le Campaniforme, qui apparaît vers la fin des temps néolithiques, vers 2500 avant notre ère, ce n’est pas la même chose. On voit, en révolte contre ces liens de parenté, ce sens de la communauté et de la cohésion collective, on voit se développer des gens qui s’affirment et qui ont davantage le culte de leur personnalité, un meilleur individualisme. Et cet individualisme s’affiche contre l’esprit collectif qui était l’esprit traditionnel de la fin du Néolithique. Donc le Campaniforme assume une certaine révolution sociale qui d’ailleurs va entraîner petit à petit le déclin et puis la disparition des dernières cultures néolithiques.

Quelle était la signification sociale des statues menhirs ?

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Poignard en cuivre trouvé sur le site du dolmen de Saint-Eugène
fouille de Germain Sicard (1924-1928)
© Jean Guilaine

Jean Guilaine : Les statues-menhirs, c’est la plus ancienne statuaire européenne. Ce sont donc les premières statues qui représentent des hommes ou des femmes. Ça peut être des ancêtres, c’est-à-dire des chefs de lignées, ça peut être des héros, des représentations de personnages qui ont joué un rôle dans la communauté, ça peut être de simples dominants. Ces statues sont soit masculines, soit féminines. Les statues masculines on les reconnaît parce qu’elles portent des armes, c’est souvent un simple poignard, mais ça peut être aussi un arc avec sa flèche ou une hache. Les femmes sont essentiellement représentées par des parures, des colliers et elles présentent leurs seins, leur poitrine. Donc vous voyez déjà la différence : les hommes ont des armes, autrement dit ils sont dans la chasse, la guerre et le mouvement. Les femmes, avec la parure, sont dans la séduction, mais elles sont aussi dans l’anatomique, le biologique, le naturel. Donc vous avez un codage des genres qui sont très bien marqués dans ces représentations de statues menhirs. Et en même temps ça nous en dit long sur la façon dont les sexes étaient définis et se situaient les uns par rapport aux autres, à ce moment-là. Les femmes sont exclues des armes, des objets qui donnent du prestige. Elles sont plutôt dans le gynécée, dans le domestique. Il y a de la domination masculine qui apparaît à travers ça. Cette domination masculine on la retrouve à travers les études génétiques qui sont menées dans certaines régions, sur certaines tombes, de cette époque-là, la fin du Néolithique. C’est-à-dire qu’on voit que les hommes d’une nécropole restent dans la même région de père en fils. Ils se succèdent généalogiquement les uns aux autres. Alors que les femmes, bien souvent, viennent de l’extérieur. Vous voyez donc la puissance du masculin, qui s’autorise la permanence, alors que les femmes viennent d’ailleurs et sont acculturées dans les lieux où les hommes les emmènent, voire les contraignent à vivre.

La Protohistoire éclaire-t-elle le présent ?

Jean Guilaine : La Protohistoire éclaire notre temps tout simplement parce que les problèmes qui se sont posés pendant la Protohistoire sont exactement les mêmes que ceux que nous connaissons aujourd’hui. Nous avons des problèmes climatiques, mais vers 2300-2200 avant notre ère, des civilisations entières de la Méditerranée ont souffert d’aridité. L’eau a baissé dans les nappes phréatiques, on n’a pas eu assez d’eau pour abreuver les bêtes, pour faire fonctionner la société, les dirigeants ont perdu toute légitimité et ces civilisations ont disparu. Nous avons des problèmes sociaux, mais des problèmes sociaux il y en avait également à l’époque. Certaines statues-menhir qui représentaient les ancêtres ou les dominants d’un certain clan ont été abattues à un moment donné, parce qu’on voulait délégitimer la place qu’occupait tel clan dans la société. On pourrait multiplier les exemples : nous avons des guerres : il y en avait aussi à l’époque. Nous avons des problèmes d’idéologies, on pense différemment pour transformer la société ; mais le Campaniforme par exemple, c’est une révolution sociale qui s’est manifestée contre une certaine tradition qui mettait la collectivité au-dessus de l’individu. Vous avez toute une série de problèmes que nous connaissons aujourd’hui, mais qui étaient tout à fait présents dans les sociétés du Néolithique et de la Protohistoire en général.

Retrouvez Jean Guilaine au Colloque : Les mondes du néolithique, mercredi 1er décembre, musée du quai Branly – Jacques Chirac. La révolution néolithique est sans doute un des événements majeurs de l’histoire humaine. Longtemps, le néolithique a été, dans les représentations habituelles, seulement cantonné à l’Europe occidentale, et au Moyen-Orient. Cependant, indépendamment, dans au moins cinq à six foyers différents dans le monde, des espèces animales et végétales sont domestiquées, permettant une maîtrise des ressources alimentaires, concomitant à la sédentarisation des communautés humaines. L’événement ’Les mondes du néolithique’ se propose, par l’intermédiaire de conférences d’une table ronde et de la projection d’un film, de revenir sur la néolithisation dans d’autres régions du Monde.

par Jean Demerliac & Ariel Suhamy, le 24 novembre

Pour citer cet article :

Jean Demerliac & Ariel Suhamy, « Le temps des dolmens. Entretien avec Jean Guilaine », La Vie des idées , 24 novembre 2021. ISSN : 2105-3030. URL : https://laviedesidees.fr/Le-temps-des-dolmens.html

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