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Les modèles prédictifs en écologie supposent généralement le maintien du capitalisme. Or, selon Claire Sagan, l’adaptation à la situation écologique mondiale exige de dépasser l’hégémonie capitaliste, et, par voie de conséquence, la notion d’anthropocène.

Dès les années 1970 Hans Jonas, précurseur de l’écosophie, avançait que ce que d’aucuns appelaient le « progrès » exigeait de revoir l’éthique kantienne, incapable de prendre en compte le non-humain ou les générations futures dont la survie était pourtant menacée. Ces deux ensembles – nature non-humaine et générations futures – échappaient en effet à l’éthique kantienne car dépassant son fondement de toute responsabilité dans le sujet rationnel capable de se représenter. [1] À l’époque, Jonas avait principalement en tête, non le changement climatique, mais la menace de destruction nucléaire, menace qui persiste aujourd’hui comme au moins aussi tangible que celles du réchauffement dit « anthropique, » bien que souvent éclipsée par la focale climatique.

Jonas proposait alors une « éthique pour le futur » – dont l’affect prédominant serait la peur. Dans ce cadre, nos élites devraient modeler leur comportement selon l’image du patriarche protégeant sa femme et sa progéniture, tout en informant ses décisions grâce à une « futurologie » à inventer. Cette futurologie était quant à elle imaginée par Jonas comme une nouvelle discipline scientifique tournée vers l’évaluation et l’anticipation systématique des conséquences néfastes ou positives du progrès technique. Le modèle éthique jonassien eut au moins le mérite d’afficher explicitement son inspiration patriarcale et technocratique. Le présent essai propose quatre propositions critiques pour dépasser ce type d’inspiration, qui influe encore aujourd’hui, bien que souvent plus insidieusement, sur le discours environnementaliste.

Dépasser la futurologie et son capitalocentrisme

Premièrement, il nous faut dépasser la foi dans l’objectivité et la fiabilité des modèles prédictifs du GIEC, dont la philosophe Émilie Hache [2] a fait l’éloge justement en tant que « futurologie » (cet éloge passant sous silence le caractère patriarcal et technocratique de la notion de Jonas). Les rapports du GIEC s’obstinent à lire passé comme futur de manière systématiquement capitalocentrée [3] – à savoir, le futur comme le passé sont constamment réduits aux économies capitalistes, soit comme telos (toute l’histoire aurait toujours inéluctablement tendu vers le développement du capitalisme), soit comme fin de l’histoire [4] se reproduisant à l’infini dans l’avenir. En témoigne la qualification du changement climatique comme « anthropique », qualification qui masque le fait que l’observation dudit changement ne porte pas sur l’histoire de l’Homo Sapiens en général, mais bien sur l’histoire récente du capitalisme industriel (j’inclus ici les capitalismes dictatoriaux ou totalitaires de monopoles étatiques qui, respectivement, ont été et continue d’être, ceux de l’URSS ou la Chine [5]). Quant aux modèles prédictifs spéculant sur nos possibles futurs, ils incluent uniquement des scénarios où le capitalisme continuerait de prédominer de manière hégémonique, excluant donc la possibilité pourtant tangible d’un dépassement du capitalisme (pour le meilleur ou pour le pire, socialisme, barbarie, ou autre chose encore).

Au mieux, décrire le changement comme « anthropique » nous rappelle combien l’humanisme de l’Anthropos, universaliste mais profondément forgé par l’histoire spécifique de l’impérialisme occidental, est en fait intimement lié à l’Homo Oeconomicus de l’ère capitaliste, donc bien plus contingent qu’universel. J’ai proposé ailleurs le terme de changement climatique « capitalopique » plutôt qu’ « anthropique » [6]. Cette précision est fondamentale en ce qu’elle impacte nécessairement les stratégies d’adaptation plus ou moins viables dans le présent comme le futur : à savoir, ce diagnostic qui dépasserait le capitalocentrisme permet d’entrevoir que l’adaptation à la situation écologique catastrophique mondiale exige un autre dépassement : celui de l’hégémonie capitaliste.

Dépasser le règne des questions climatiques sur les questions d’écologie politique

Deuxièmement, la réduction trop fréquente des catastrophes écologiques contemporaines à la seule question du climat est non seulement erronée, mais encore, dangereuse, car elle sous-estime le caractère systémique des dommages écologiques. L’écologie politique dépasse de très loin la seule question du climat : des menaces de destruction nucléaire tant civile que militaire, à l’extinction des pollinisateurs ou à l’hégémonie des monocultures intensives, en passant par les modificateurs endocriniens et nanotechnologies, etc., les questions écologiques ne sont ni mono-causales, ni solvables par de simples réformes des économies industrielles.

Cette réduction des questions écologiques urgentes à la seule question climatique tend à se calquer sur des modèles globalisés effaçant les immenses inégalités qui traversent les bouleversements écologiques en cours et leurs conséquences sur les populations humaines et non-humaines. Les questions de justice environnementale croisent les inégalités socio-économiques tant locales que mondiales, le caractère genré des dommages écologiques, les insuffisances démocratiques à tous ces niveaux. Ainsi Françoise Vergès a avancé la notion intersectionnelle de « capitalocène racial, » liant colonialisme, racisme, et destructions écologiques. [7] Ces problèmes doivent être considérés dans leur ensemble et leurs nombreux liens, ce qu’éclipse la focale sur le changement climatique, lu comme monolithe qui expliquerait et résumerait l’entièreté de la catastrophe en cours.

Les formules couramment usitées au sujet du changement climatique sont symptomatiques de cette tendance réductrice. Ainsi l’on entend régulièrement, dans les discours politique, médiatique, et même scientifique au sujet du réchauffement dit « anthropique », qu’il « causerait », par exemple tel ou tel évènement spécifique (inondation, incendie, typhon…). Nietzsche et sa contestation du doublement opéré par le langage, qui réduirait nos réalités à l’agir de sujets souverains, peut être utile ici. Les évènements climatiques en question ne sont en effet pas « causés » par le changement climatique, mais en sont des manifestations. Le temps qu’il fait fait partie du climat, qui n’est autre que le temps qu’il fait, sur une durée plus longue de temps qui passe. Lorsque Nietzsche remit en cause la notion de sujet dans sa Généalogie de la morale, il évoqua la foudre et son éclat [8], démontrant l’absurdité d’une vision de la causalité inventant un sujet : la foudre ne « cause » pas l’éclat, mais les deux sont autant de perceptions (visuelle, auditive) d’un seul phénomène. « Il n’y a point d’être derrière l’acte, l’effet et le devenir. » De même, le réchauffement de la Terre est un phénomène global en cours composé d’événements locaux, et non un être mondialisé abstrait. Le lissage de cette complexité par des modèles globalisés nous démunit quant aux exigences de critique radicale des économies capitalistes dont il faudrait sortir.

Par exemple, la question n’est pas de savoir si l’ouragan Irma qui a tant détruit à Puerto Rico ou Saint Martin est « causé » par le changement climatique (en tant qu’abstraction mondialisée devenue cause plutôt qu’événement en cours). La question est plutôt de savoir comment résister au silence et au manque d’assistance abyssaux par lesquels les pouvoirs coloniaux [9] états-uniens et français qui prétendent gouverner ces territoires ont répondu à cet événement climatique.

Dépasser la notion de crise

Troisièmement, la dévastation écologique ambiante ne tient aucunement d’une « crise, » terme qui suggèrerait un caractère transitoire et cyclique.

Pour les humain-e-s, la soi-disant « crise » tient plutôt de la catastrophe, irrémédiable (mais pas de manière aussi universelle ou, encore moins, égalitaire, que les termes « humain-e-s, » « humanité, » « Anthropos » ne laissent croire). « Irrémédiable » ne signifie pas insurmontable, c’est-à-dire qu’il n’est pas encore certain que cette catastrophe implique l’extinction de l’humain – bien que celle-ci, évidemment, arrivera inéluctablement un jour, il n’est pas encore certain que les changements actuels en seront la cause. « Irrémédiable » signifie plutôt qu’il n’y aura pas retour à une situation antérieure, ce qui serait le cas si celle-ci était en effet une simple crise. Ce constat est lié à celui du premier dépassement – celui du capitalocentrisme.

La théorie marxiste a depuis longtemps rappelé à juste titre que le capitalisme n’est pas plus éternellement hégémonique que n’importe quelle autre forme d’organisation économique de l’histoire humaine. À force de s’attendre à ce qu’une crise l’emporte cependant, ce rappel à la contingence avait perdu en crédibilité, surtout depuis les déclarations triomphales de fin de l’histoire qui suivirent la fin du monde bipolaire.

Mais désormais la rupture métabolique [10], bien plus profonde et d’une tout autre nature que celle d’une crise, s’impose et met en lumière le fait que les crises jusqu’à présent traversées par le capitalisme pendant toute son histoire étaient partie intégrante de sa résilience. Le capitalisme a bel et bien dépendu de la traversée régulière et cyclique de ses crises, et il n’a jamais été garanti qu’une d’entre elles l’emporterait. Au contraire, chaque crise fut l’occasion de reconfigurations consolidant la distribution, la concentration du pouvoir, et les inégalités au fondement de l’empire.

D’où l’importance de la distinction entre crise et catastrophe, et la nécessité d’enregistrer le fait que cette fois-ci, il ne s’agit plus de crise, mais de limite, de rupture, de catastrophe écologique. Comme le rappelle Isabelle Stengers dans son essai Au temps des catastrophes [11], si les économies capitalistes se constituent leur histoire qui ignore tant d’autres (notamment l’histoire géologique), et si elles forment bien un agencement tenant de la transcendance dans la mesure où la démesure est de mise et où le tout dépasse la somme de ses parties, il n’en reste pas moins que la démesure et la transcendance (entendue en ce même sens) de Gaïa dépasse de très loin celle du capitalisme, qu’elle peut éliminer telle une simple et dérisoire chatouille, un picotement devenu parasitaire. [12]

En effet, pour l’histoire de la Terre, il n’est pas du tout certain que la description de notre situation comme une « crise » soit démontrable, à moins de nous faire, à l’instar des défenseur-euse-s du terme « Anthropocène, » juge et partie dans une Histoire aux temporalités qui nous dépassent.

Dépasser la notion d’Anthropocène

Mon quatrième et dernier point découle directement du troisième, et nous ramène à l’enjeu qui ouvre cet essai, de dépasser la technocratie environnementaliste et son hybris. La notion d’« Anthropocène » agit comme une incitation au discours, brouillant le sens de ce qui nous arrive, homogénéisant le phénomène sous un label éminemment universaliste et mondialisé, pour finalement paver la route des apprentis-géoingénieurs dont la normalisation est inquiétante pour toute approche démocratique et/ou véritablement écologique, de l’écologie. [13] Je propose donc de défier cette incitation en rejetant tout bonnement cette notion futurologique.

Son caractère dangereusement technocratique a été clairement identifié par Isabelle Stengers, dans la préface de l’édition anglophone de son ouvrage cité plus haut. Dans ce contexte, la philosophe féministe des sciences évoque une seconde vague de discours, en cours de substitution aux voix qui se sont jusqu’ici élévées pour nier le changement climatique. Ce discours « affirme (…) que la seule solution serait la géo-ingéniérie, qui assurera la possibilité de continuation de l’extraction (…) sans que les températures n’augmentent. » Stengers identifie clairement le lien entre cette position technocratique et la notion d’Anthropocène :

point n’est besoin de paranoïa pour se demander si le succès [du terme Anthropocène], tant dans les médias que dans le monde universitaire (…) ne signale pas une transition de cette première phase – de déni – à la seconde – celle d’un grand récit dans lequel l’Homme deviendrait conscient du fait que ses activités transforment la Terre (…) et qu’il devrait par conséquent prendre la responsabilité du futur de la planète. [14]

En effet, si les critiques de l’Anthropocène situent bien souvent l’origine de cette notion en 2002 avec l’intervention du chimiste Paul Crutzen, on a rarement signalé que Crutzen fut également le premier à invoquer publiquement, dans le cadre d’une revue scientifique [15], la possibilité d’entamer des recherches en géoingéniérie. Ainsi les critiques de l’Anthropocène s’arrêtent souvent au constat, certes important, de l’imperfection de la notion – trop universaliste, effaçant les inégalités socio-économiques, etc. Partant de ce constat, ces critiques re-déploient néanmoins cette notion comme si elle correspondait à une réalité dont « l’Homme » serait effectivement le centre, bien que faisant désormais figure de centre destructeur. L’anthropocentrisme de ce concept devrait suffire à le déconsidérer [16], et pourtant même en le critiquant, on a du mal à ne pas l’entretenir. Nous victoriens, réprimés et censurés dans notre discours sur le sexe, répétions sans cesse combien nous ne pouvions pas parler de sexe. [17] De même, nous, critiques de la condition écologique contemporaine, dénonçons l’Anthropos, vieille figure décatie d’un ordre mondialisé capitalocentré en phase d’écroulement. Mais ce faisant, nous répétons à cor et à cri que les scientifiques auraient inventé un concept capable de décrire les méfaits et les responsabilités de cet Anthropos, concept qui réitère et reproduit le problème autant sinon plus qu’il ne permettrait véritablement de le dénoncer.

Pour que l’écologie politique dépasse la tentation futurologique, il lui faudrait bien pourtant dépasser également le discours anthropo-scénique, pièce maîtresse de ce type d’environnementalisme technocratique.

Pour citer cet article :

Claire Sagan, « Dépasser l’anthropocène », La Vie des idées , 22 janvier 2019. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Depasser-l-anthropocene.html

Nota bene :

Si vous souhaitez critiquer ou développer cet article, vous êtes invité à proposer un texte au comité de rédaction (redaction chez laviedesidees.fr). Nous vous répondrons dans les meilleurs délais.

par Claire Sagan , le 22 janvier

Notes

[1Jonas, H. (1998). Le principe responsabilité Une éthique pour la civilisation technologique, trad. de l’allemand par J. Greisch, Paris, Flammarion.

[2Hache, E. (2011). Ce à quoi nous tenons. Propositions pour une écologie pragmatique. Paris, La Découverte.

[3J’emprunte le terme ‘capitalocentré’ à J.K. Gibson-Graham, qui l’ont construit sur le modèle de la notion Irigarayienne de phallocentrisme. Voir notamment Gibson-Graham, J.K.(2006). The End of Capitalism (As We Knew It), Minneapolis, University of Minnesota Press. Pour plus de développement sur la question des temporalités capitalocentrées, voir Sagan, C. (à paraître, 2018), “Capitalist Temporality as Uchronia,” Theory and Event.

[4L’exemple par excellence de ce discours téléologique serait évidemment celui du célèbre livre (publié initialement en 1992) : Fukuyama, F. (2006). The end of history and the last man. Simon and Schuster.

[5Voir notamment Resnick, S. A., & Wolff, R. D.(2013). Class theory and history : Capitalism and communism in the USSR. Routledge, et Gaulard, M., (2014). Karl Marx à Pékin : les racines de la crise en Chine capitaliste. Demopolis.

[6Brault (Sagan), C. (2017). Feminist Imaginations in a Heated Climate : Parody, Idiocy, and Climatological Possibilities. Catalyst : Feminism, Theory, Technoscience, 3(2)<.

[7Vergès, F. (2017). Racial Capitalocene. Johnson, G. T., & Lubin, A. (Eds.). (2017). Futures of Black radicalism. Verso Books.

[8Voir le fameux aphorisme 13 de la première dissertation, Nietzsche, F. Contribution à la généalogie de la morale.

[9J’emploie ici l’adjectif « colonial » plutôt que « néo-colonial », puisqu’il ne s’agit pas seulement de territoires souffrant des effets de dépendances économiques et héritages de l’histoire coloniale telle que les ont décrits par exemple André Gunder Frank et les théoriciens du sous-développement, mais bien de territoires encore sous contrôle politique direct. A noter cependant que l’on peut concevoir les inégalités mondiales et les problèmes de rétention ou des formes néo-libérales d’assistance dans ces évènements dits de « catastrophes naturelles », de manière similaire dans les contextes néo-coloniaux, rapprochant par exemple l’analyse de Françoise Vergès il y a déjà presque deux décennies concernant les continuités entre colonialisme et humanitarisme, d’une part, et les catastrophes écologiques en cours, de l’autre – cf. Vergès, F. (2001). Abolir l’esclavage, une utopie coloniale : les ambigüités d’une politique humanitaire. Albin Michel.

[10Voir notamment Clark, B., & Foster, J. B.(2009). Ecological imperialism and the global metabolic rift : Unequal exchange and the guano/nitrates trade. International Journal of Comparative Sociology, 50(3-4), 311-334.

[11Stengers, I. (2013). Au temps des catastrophes : résister à la barbarie qui vient. La découverte.

[12Ibid., p. 50.

[13Pour plus de détails au sujet de la mainstreamisation grandissante de la géoingéniérie, voir notamment Hamilton, C. (2013). Les Apprentis sorciers du climat. Raisons et déraisons de la géo-ingénieri e : Raisons et déraisons de la géo-ingénierie. Le Seuil. Pour mes propres développements depuis l’intégration de certaines technologies de géo-ingéniérie dans les modèles prédictifs du GIEC, et les implications éthico-politiques envisagées d’un point de vue féministe, voir mon essai paru dans Catalyst en 2017, cité plus haut (note 6).

[14Stengers, Isabelle. In catastrophic times : Resisting the coming barbarism. Open Humanities Press and meson press, 2015 : 8. Ma traduction.

[15Voir Crutzen, P.J.(2002). Geology of mankind : The Anthropocene. Nature, 415 : 23 ; et Crutzen, P. J.(2006). Albedo enhancement by stratospheric sulfur injections : A contribution to resolve a policy dilemma ? Climatic Change, 77(3), 211–220.

[16Nombre de critiques ont proposé de contester la notion à travers des propositions alternatives, du « capitalocène » (voir notamment Altvater, E., Crist, E., Haraway, D., Hartley, D., Parenti, C., & McBrien, J. (2016). Anthropocene or capitalocene ? : Nature, history, and the crisis of capitalism. Pm Press) au « capitalocène racial » cité plus haut. Ces interventions dénoncent pour la plupart le lissage universaliste opéré par la notion d’Anthropocène et aplanissant, niant violemment les inégalités profondes entre les humain.e.s, tant en termes de responsabilités qu’en termes d’effets. Les interventions de Donna Haraway et de Dorion Sagan, qui évoquent respectivement l’idée de Chthulucène et de Cyanocène, ajoutent un élément plus qu’humain, anti-anthropocentré, à cette contestation. Voir Haraway, D. J.(2016). Staying with the trouble : Making kin in the Chthulucene. Duke University Press ; et Sagan, D. (2017). “Coda. Beautiful Monsters : Terra in the Cyanocene.” Tsing, Anna Lowenhaupt, Nils Bubandt, Elaine Gan, and Heather Anne Swanson. Arts of Living on a Damaged Planet : Ghosts and Monsters of the Anthropocene. University of Minnesota Press.

[17Foucault, M. (2014). Histoire de la sexualité (Tome 1)-La volonté de savoir (Vol. 1). Éditions Gallimard.