Essai Histoire Portraits

Christiane Klapisch-Zuber, arborescences florentines


par , le 5 mai


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Pionnière de l’histoire des femmes avant que les études de genre s’institutionnalisent en France, Christiane Klapisch-Zuber a construit une œuvre multiforme ancrée dans l’histoire sociale et l’histoire de la parenté.

Disparue en novembre 2024, la médiéviste de renom international Christiane Klapisch-Zuber laisse une œuvre multiforme mais d’une grande cohérence, qui a profondément marqué la recherche historique des cinquante dernières années. Formée et nourrie par l’histoire économique labroussienne, attentive aux études sérielles, au structuralisme et à la démographie historique, puis très influencée par l’anthropologie historique et l’histoire des mentalités, Christiane Klapisch-Zuber a su très tôt se démarquer de ces influences pour élaborer une histoire sociale et intime des familles et des individus qui les composent dans toute leur diversité en intégrant pleinement une démarche de micro-histoire et des problématiques issues de l’histoire des femmes et du genre. En 2006, elle a parfaitement résumé son itinéraire de recherche par le titre choisi de son article d’ego-histoire : « du nombre au profil » [1].

Il paraît bien difficile aujourd’hui d’étudier la famille et la parenté de la fin du Moyen Âge ou de la première modernité, les femmes à Florence, les stratégies matrimoniales, les rituels de mariage, la dot, le trousseau, le veuvage, la nomination, l’allaitement mercenaire, le parrainage, l’apprentissage ou d’analyser les ricordanze, les estimi ou les catasti sans faire référence à un ou plusieurs essais rédigés par Christiane Klapisch-Zuber. Dès lors, les notes de bas de page se remplissent d’élégants titres désormais devenus des classiques : « La ‘mère cruelle’ », « Parents, amis et voisins », « le nom ‘refait’ », « Compérage et clientélisme », « Zacharie ou Le père évincé », « Le complexe de Griselda », « Parents de sang, parents de lait » « Les saintes poupées », « Les clefs florentines de Barbe-Bleue », « Tombeau pour le croquemitaine », « La bourse ou les boules de saint Nicolas », etc [2]. Dans le texte qui va suivre, je résumerai rapidement les traits saillants de sa carrière et de son engagement politique et féministe [3] avant de souligner les immenses apports qu’elle laisse en histoire de la famille et de la parenté, des femmes et du genre, de l’identité, des différences sociales et des images à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance.

On mesure aujourd’hui les domaines qu’elle a ouverts, souvent de manière avant-gardiste : elle a su proposer une histoire sociale de l’art, élaborer une version électronique du dépouillement exhaustif d’un document fiscal, étudier la parenté pratique, démontrer que la cellule conjugale est bien, dès le Moyen Âge, la structure portante de la société, porter une attention à la scripturalité et aux écritures pragmatiques, construire une histoire du genre en étant attentive aux masculinités, participer à l’histoire des sensibilités et des émotions, œuvrer pour une histoire matérielle et des objets (trousseaux, poupées, corbeilles et coffres de mariées), et la liste est loin d’être close. Les traits saillants de sa carrière, liés à son engagement politique et féministe [4], éclairent les immenses apports qu’elle laisse en histoire de la famille et de la parenté, des femmes et du genre, de l’identité, des différences sociales et des images à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance.

De la prison à Florence : une historienne militante

Entrée à l’ENS de Sèvres, Christiane Klapisch-Zuber est reçue à l’agrégation d’histoire et de géographie en 1959. Alors que son engagement militant durant la fin de la Guerre d’Algérie auprès du FLN lui a valu d’être emprisonnée à la Roquette de septembre 1960 à juillet 1961 [5], elle est repérée par Fernand Braudel et entre à la VIe Section de l’EPHE en 1962 (qui devient plus tard l’EHESS). Elle soutient en 1966 sous la direction de Jacques Le Goff une thèse sur la consommation d’art et sur l’usage du marbre de Carrare [6]. Elle se tourne alors vers Florence. C’est dans la cité toscane qu’elle rencontre David Herlihy, historien américain avec lequel elle travaille durant douze ans sur une source fiscale remarquable, le catasto de 1427, un recensement fiscal d’une rare exhaustivité, dont ils assurent le dépouillement et le codage des données à l’âge des fiches perforées. En 1978 paraît ce qui demeure l’un des plus grands « monuments » de l’histoire quantitative sur la parenté, Les Toscans et leurs familles [7], tout en ouvrant sur la question des comportements et des trajectoires individuelles.

Catasto del 1427

En 1979, Christiane Klapisch-Zuber est une des premières femmes à obtenir le statut de « Directrice d’études » à l’EHESS. Son séminaire principal s’intitule « Démographie et anthropologie historique de l’Italie médiévale ». Parallèlement, en collaboration avec André Burguière et Françoise Zonabend, elle anime un séminaire commun intitulé « Histoire et anthropologie des sociétés européennes (XVe-XXe siècle). C’est en grande partie de ce séminaire pluridisciplinaire qu’est née l’Histoire de la famille parue en 1986 [8].

Sous l’impulsion de Michelle Perrot, elle participe dès sa fondation au bulletin Pénélope (de 1979 à 1985) qui diffuse les recherches sur l’histoire des femmes. Pendant deux décennies, aux côtés, entre autres, de Cécile Dauphin et d’Arlette Farge, elle est l’une des plus énergiques animatrices d’un groupe de chercheuses se réunissant au Centre historique de l’EHESS pour discuter des travaux et des enjeux de l’histoire des femmes. C’est en partie de ce groupe qu’est née la monumentale Histoire des femmes, publiée en 1990-1991, et dans laquelle elle dirige le volume consacré au Moyen Âge [9]. Christiane Klapisch-Zuber a également été directrice de Mnémosyne (Association pour le développement de l’histoire des femmes et du genre). Elle est toujours restée membre du Comité de rédaction de la revue Clio, Histoire, Femmes et sociétés dès sa création en 1995.

Traquer les destins des femmes

Christiane Klapisch-Zuber est la plus grande spécialiste française de l’histoire des femmes et du genre à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance. Dans les ricordanze – livres de famille rédigés dès la fin du XIIIe siècle par les marchands florentins soucieux de mettre en mémoire leur passé et leur devenir familiaux, et l’une des documentations privilégiées de C. Klapisch-Zuber – elle n’a cessé de traquer les destins des filles et des femmes. Cette source lui permet davantage de se rapprocher de la « parenté pratique » [10], de scruter bien plus en profondeur les liens de résidence (la casa), de familiarité et de solidarité, dans une optique micro-historienne, les ressentis des hommes et des femmes de la fin du Moyen Âge. Elle construit peu à peu une histoire de la vie quotidienne et intime des Florentines, « denrées du marché matrimonial » et « hôtes de passage » dans la casa des hommes. Elle étudie, tour à tour, leur sexualité, leur nuptialité, leur contraception, leur fécondité, leur maternité, leur veuvage, leur mortalité. Ainsi que leurs pratiques généalogiques, car si ce sont les hommes qui tiennent très majoritairement ces livres de raison, la mémoire généalogique des femmes est souvent plus large. Elle est double, car elles se situent entre deux casa, celle qui a commencé à se construire après leur mariage et celle de leur famille de naissance.

Pour accéder à leur intimité, elle utilise aussi leurs correspondances. Dans le chapitre 5 de Florence à l’écritoire elle se penche sur celle de Monna Dora, épouse de Francesco di Jacopo del Bene, marchand de Florence, qui rédige une vingtaine de lettres et de billets entre 1381 et 1394 adressés à son mari (quatorze) et à ses fils (six), dont certains, sans doute, sont autographes. Monna Dora, comme beaucoup d’autres Florentines, même de milieu aisé, possède une alphabétisation réduite et baigne dans une literacy très présente. Lorsqu’elle tient elle-même la plume, apparaissent des « caractères mal formés et dansants ». La majorité des Florentines qui « écrivent » passent beaucoup plus souvent que leurs homologues masculins par une « délégation d’écriture » confiée à des hommes formés aux règles du bien écrire, qui deviennent des filtres risquant de suggérer ou d’imposer à la femme qui leur dicte une lettre leurs propres manières de voir et de s’exprimer. Les missives de Monna Dora relatent les stratégies déployées pour réaliser un bon mariage et négocier les dots, les achats des parures des mariées, les cadeaux reçus ou à offrir, la gestion des domaines (car en cas d’absence du mari, les femmes sont les intendantes) ou la santé de ceux qui vivent avec elle. Monna Dora exprime aussi son ressentiment d’être mise à l’écart des négociations et émet des doutes sur la fidélité de son mari [11].

Christiane Klapisch-Zuber sait ainsi saisir les Florentines dans toutes leurs dimensions, comme lorsqu’elle se penche sur la nourrice, « une silhouette imprécise » [12] dominée par les hommes. À Florence, la mise en nourrice est une affaire d’hommes : c’est le père qui, avec l’aide de son réseau de clients et amis, se met en quête de la femme qui donnera le sein à son enfant. C’est lui qui discute et conclut le marché, signe le contrat et décide que le temps du sevrage est venu. En achetant le lait de la nourrice, il s’octroie aussi le droit de poursuivre les relations sexuelles avec son épouse, sans menacer de « corrompre » le lait maternel, pouvant rapidement procréer à nouveau pour s’assurer d’autres héritiers légitimes. En même temps, preuve de sa domination sociale, par les conditions du contrat, il prive les maris des nourrices de relations conjugales. Christiane Klapisch-Zuber démontre donc avec brio que l’allaitement n’est pas seulement une relation entre une femme et un enfant, mais que c’est également un puissant instrument de domination masculine et sociale.

Christiane Klapisch-Zuber s’est aussi intéressée à la marraine. En travaillant sur le parrainage et le compérage, elle se soucie de « genrer » la parenté spirituelle, c’est-à-dire d’étudier les marraines en comparant systématiquement avec ce qu’elle observe pour les parrains [13]. Elle souligne que les femmes ne peuvent pas participer à ces échanges d’honneur entre compères, car elles sont exclues des formes de clientélisme. Quand elles sont marraines, elles sont déchargées de l’obligation de faire certains cadeaux rituels comme les parrains et surtout elles viennent majoritairement d’un milieu social inférieur à celui de leur filleul : « Avant 1450, écrit-elle, 71 % des marraines sont recrutées dans des groupes sociaux nettement inférieurs à celui de leur filleul » et appartiennent souvent aux classes sociales les plus démunies. Les parrains, dont la fonction est essentiellement d’accroître le capital d’honneur de la famille du baptisé, sont, en revanche, pour la plupart, issus de couches sociales plus élevées. Seul le choix de la marraine apparaît comme une concession faite par les familles à l’Église dans la mesure où il s’agit d’une recherche de gages d’humilité chrétienne. Elles sont « voisines ou locataires, parfois pauvresses, sages-femmes et garde-malades, nourrices de bébé », presque toutes des femmes âgées [14]. Autre conséquence de ce système : à Florence, les enfants (surtout les aînés mâles) ont beaucoup plus de parrains que de marraines. Dans une région où l’on assiste pourtant à la fin du Moyen Âge à une considérable inflation du nombre de parents spirituels, moins d’un petit Florentin sur cinq se voit attribuer une marraine.

Les Florentines n’ont pas eu de Renaissance

Saisissant les femmes au sein de leur famille, Christiane Klapisch-Zuber a toujours eu souci de les différencier en fonction de leur âge et de leur position dans le cycle de vie (jeune fille, femme mariée, veuve, jeune ou vieille, nonne, etc.). Elle a souligné les fortes différences entre filles et garçons dans la société florentine dans le cadre de l’allaitement mercenaire : « les Florentins gardent plus souvent leurs garçons que leurs filles à la maison » : 23 % des garçons sont confiés à une nourrice habitant la maison contre seulement 12 % des filles [15]. De même, les filles sont nourries un peu moins longtemps au sein et la brutalité du sevrage est encore plus fort pour elles que pour les garçons [16]. Lorsqu’elle étudie l’éducation et l’instruction, dans l’article « Les clefs florentines de Barbe-Bleue », malgré la pauvreté des informations, deux parties sont consacrées à l’éducation des filles qui sont davantage gardées qu’instruites, en particulier enfermées à la maison et au couvent. Elles écrivent peu, d’où la dernière phrase sans appel de l’article sur les clefs florentines : « La clef interdite à la Florentine, c’est au XVe siècle encore la clef de l’écriture » [17].

Dans la société florentine, le patriarcat écrase les velléités féminines, en faisant des femmes des êtres subordonnés, leur imposant contraintes et souffrances : épouse perdant le contrôle de leur dot dans une cité où il est plus généralement impossible de « constituer et transmettre des ‘matrimoines’ » [18], pauvres nourrices dominées par leur mari et exploitées par les élites, mères aux multiples grossesses, souffrant et risquant leur vie à chacune de leur parturition ou jeunes veuves reprises par leur famille d’origine pour être réinjectées dans le marché matrimonial en devenant des « mères cruelles » contraintes d’abandonner leurs enfants dans le lignage de leur ancien époux. Assurément, les Florentines de Christiane Klapisch-Zuber n’ont pas eu de Renaissance, réponse radicale à la célèbre question posée par Joan Kelly en 1977, qui s’interrogeait sur l’évolution du statut des femmes durant cette première modernité [19].

Les historiennes outre-Atlantique d’abord, des historiens du droit et certaines collègues italiennes ensuite, lui ont reproché d’avoir peint un bien sombre tableau de la position des femmes dans la société toscane des derniers siècles médiévaux et de ne pas avoir été assez attentive à leur capacité d’action, l’accusant de tomber dans un certain misérabilisme.

La réconciliation des Romains et des Sabins
par Jacopo del Sellaio (c. 1441/42–1493)

Pour sa défense, on soulignera plusieurs aspects. D’abord, la grande majorité de ses travaux originaux sont produits entre 1972 et 1998, dans un contexte français fortement marqué par l’histoire quantitative, puis par l’anthropologie historique et l’histoire des mentalités ou l’histoire des représentations en pleine vogue, contemporain de l’essor du mouvement de l’histoire des femmes. Ainsi, ses travaux cherchent d’abord à dévoiler les discours que les hommes tiennent sur les femmes. Les historiennes américaines, qui l’ont lue et ont émis des critiques sur le manque d’agency des Florentines dans ses travaux, vivent dans un contexte historiographique totalement différent, où elles sont fortement sensibilisées aux Women’s studies et ont déjà chaussées les lunettes de la gender history et où s’impose le concept d’agency.

Ensuite, Christiane Klapisch-Zuber n’a cessé de répéter qu’elle étudie l’une des sociétés (et surtout ses élites) les plus patriarcales et les plus rigides de l’Occident et que ses résultats ne peuvent en aucun cas être généralisables à d’autres sociétés, y compris à d’autres de l’Italie centro-septentrionale. Elle souligne toujours « la singularité florentine » [20] par rapport à ce que d’autres ont pu observer pour Venise ou Gênes et écrit que « Florence n’est qu’un ‘modèle’ » et que « par ses excès et ce modèle n’est guère valable ni pour l’Italie ni, en particulier, pour les cités marchandes qui, par leurs activités commerciales et industrielles, peuvent lui être comparées et se révèlent plus ouvertes aux énergies et aux investissements féminins » [21].

Enfin, on peut affirmer qu’au-delà du poids écrasant du patriarcat florentin, Christiane Klapisch-Zuber a eu malgré tout souci de chercher, dans tous les petits interstices laissés par les hommes, les marges de négociation et les capacités d’initiatives des Florentines : elles sont ainsi des aide-mémoires pour les hommes cherchant à reconstituer leur généalogie et transmettent à leur fille, voire à leur petite-fille, des biens matériels et symboliques, (linges de corps, objets de toilette et de couture, livres d’heures, patenôtres, images saintes ou saintes poupées) créant des chaînes matrilinéaires [22]. Comme elle l’exprime très clairement en 1990 dans l’introduction de La Maison et le nom, elle est convaincue que les rapports de sexe ne peuvent se définir « uniquement en termes négatifs d’oppression féminine et de domination masculine, car les acteurs partagent le ‘code restreint’ de communication qu’ils mettent en scène » [23]. Même si elle n’a eu de cesse de mettre l’accent sur la violence exercée par les hommes à l’encontre des femmes, la souffrance qu’elles endurent et la domination masculine, très tôt, avant même d’avoir intégré le concept de genre, si lointain en France dans les années 1980, elle regarde aussi du côté des hommes, qui souffrent. La masculinité qui l’intéresse n’est pas seulement celle qui s’affirme par le patriarcat mais aussi celle qui est parfois en crise, ne pouvant plus répondre aux fortes injonctions genrées de la société.

Nom, identité et filiation

Puisque c’est moins le collectif que l’individu dans ce qu’il a de singulier qui intéresse Christiane Klapisch-Zuber, le nom et la manière dont il se donne et se transmet au sein de la parenté ont été des thèmes particulièrement importants dans son œuvre. Cette attention à l’identité onomastique se manifeste très tôt. En particulier, dans un article pionnier et original portant sur la pratique du rifare publié en 1980 [24]. Partant de témoignages très intimes récoltés dans le cadre de recensements fiscaux et des ricordanze, elle se livre à une magistrale analyse de la pratique des Florentins de « refaire », c’est-à-dire d’attribuer à nouveau à l’enfant le prénom d’un ancêtre ou d’un parent proche récemment décédé. Dans la Florence de la fin du Moyen Âge, sur 266 enfants issus de 33 unions mentionnées dans des ricordanze, 30 % des filles portent le prénom d’une sœur décédée et 13 % des garçons reçoivent celui d’un frère aîné disparu.

Pour les Florentins, « refaire » un mort du lignage apparaît comme un devoir. Tous les milieux sociaux adoptent cette pratique qui concerne plus souvent les filles que les garçons et qui trahit la croyance que, par la réattribution d’un prénom, un ancêtre ou un parent proche va se trouver comme réincarné dans un nouveau-né, prédestiné à perpétuer son aïeul éponyme : « Chaque enfant offre son corps comme un habitacle périssable au nom dont la pérennité n’est assurée qu’à travers la corporéité de ses porteurs successifs. “Refaire” quelqu’un, c’est empêcher que disparaisse un nom, assurer l’incessante circulation, à l’intérieur de la famille, d’un capital de prénoms que les morts passent aux vivants » [25].

En 2019, Se faire un nom offre une synthèse remarquable sur les pratiques onomastiques des artistes de la Renaissance à partir des Vies des plus artistes écrites par Giorgio Vasari (en 1550 et en 1568), ouvrage qui relate les biographies d’artistes italiens (Giotto, Botticelli, Raphael, Michel Ange etc.) entre le XIVe et le XVIe siècle [26]. Plutôt que de se doter d’un patronyme ou de s’adjoindre le nom de leur père, les artistes choisissent d’ajouter ou se voient attribuer un second nomen révélant leur origine géographique, ou bien encore ils adoptent le nom de leur maître, ou d’une œuvre qui les a rendus célèbres, voire un sobriquet. Ces attributions, choisies ou imposées, sont mouvantes et peuvent changer au cours de la vie. Pour ces artistes italiens, la filiation biologique compte peu. Ils préfèrent inscrire leur identité dans des filiations spirituelles, se faire ainsi un nom en privilégiant leur maître, sorte de père adoptif ou de parrain qui les a fait renaître dans l’art et leur transmet son savoir, un « donneur de grâce » dont ils cherchent à s’approprier la renommée.

Une historienne du social

Ayant exploité majoritairement une documentation émanant de l’élite florentine, Christiane Klapisch-Zuber n’en a pas moins cherché à étudier tous les niveaux sociaux et, ce dès ses premiers travaux. Dans les Maîtres du marbre, on lit sous sa plume une certaine affection pour les petites gens et les laborieux. Au début de l’introduction, elle évoque ce qui l’intéresse : « le petit peuple des carriers et des tailleurs de marbre du Moyen Âge » ; souligne souvent « la pauvreté des carriers de Carrare » [27]. Tout au long de son étude, elle se montre très sensible à la hiérarchie et à la division du travail entre carriers, marbriers, transporteurs, artistes qui s’affirment au sein de la société d’artisans marbriers, à l’exclusion progressive des étrangers au profit des artisans locaux au XVe siècle et, finalement, à la détérioration de leur statut au XVIe siècle. Dans Les Toscans et leurs familles (1978), on note un souci constant d’individualiser le plus précisément possible les déclarants pour souligner les différences de richesse et les contrastes géographiques (opposition ville-campagne), et différencier socialement les familles. Dans toute l’œuvre de Christiane Klapisch-Zuber, l’acteur de l’histoire est toujours sociologisé pour pouvoir mieux saisir son identité, son statut, son rôle, ses actions, ses relations et la famille dans laquelle il vit. La leçon que l’historienne nous transmet avec force, dans ses séminaires et dans ses écrits, est qu’on n’agit pas de la même façon sur la scène de l’histoire en fonction de son appartenance sociale, son sexe, son âge ou la position dans son cycle de vie.

Christiane Klapisch-Zuber ne rate jamais une occasion de descendre dans l’échelle sociale et parler des petites gens et de leur exploitation par les milieux favorisés de Florence, quitte à délaisser sa ville de cœur. Pour analyser le monde du travail manuel, de la boutique ou de l’artisanat, elle s’intéresse à Gaspare Nadi, maçon bolonais [28] devenu l’un des personnages centraux de Florence à l’écritoire dans le but de confronter « écrits de notable » et « écrits d’homme du peuple » [29]. C’est aussi cette volonté d’observer les familles dans toute leur diversité sociale qui l’incite à se poser la question des degrés de virilocalité (système selon lequel le nouveau couple réside dans la maison où habitait l’homme (vir) avant son mariage). Elle montre, pour le début du XIVe siècle, que les « humbles » de Florence, au contraire des milieux aisés, pratiquent le mariage « en gendre » : ce type d’habitation, dans la bonne société citadine, entre un homme et sa belle-famille est un déshonneur (il est svergognato). Cette différence d’attitude est la preuve que dans les familles des plus démunis, existe une plus grande « égalité » entre les deux branches puisqu’il n’est pas honteux de partager la même maison avec sa parentèle d’adoption [30].

Une historienne de l’image

Dans ses travaux les plus récents, Christiane Klapisch-Zuber a fortement intégré les documents iconographiques, sans doute, une manière de renouer avec ses rêves d’enfants lorsqu’elle voulait étudier l’histoire de l’art, voire mener une carrière artistique [31]. Les sujets dont elle traite sont très disparates. En 2011, elle étudie « la lutte pour la culotte » [32], en 2015, « la Fontaine de Jouvence [33], en 2017, « la Danse de Salomé » [34], en 2018, les « coffres de mariage » [35] et en 2024, des femmes, représentées sur une fresque du XIIIe siècle en Toscane, qui ramassent des phallus [36]. Elle a aussi publié trois livres très importants plaçant la documentation iconographique au centre de son propos. En 2000, sort L’Ombre des ancêtres. Essai sur l’imaginaire médiéval de la parenté, somme impressionnante sur l’origine de l’arbre généalogique qu’il convient de compléter avec le gros dossier iconographique paru trois ans après, car l’ouvrage de 2000 ne pouvait accueillir les abondantes images sur lesquelles elle avait travaillé [37]. En 2015, elle brosse un portrait historique et artistique foisonnant de Dismas, ce saint qui pour certains avait usurpé sa place au Paradis [38].

Partant de la constatation que l’arbre généalogique est un mode de représentation de la parenté relativement tardif (il ne s’impose véritablement sous la forme que nous lui connaissons qu’au XVIe siècle) et qu’il ne va pas de soi, Christiane Klapisch-Zuber s’attache, dans L’Ombre des ancêtres, à démonter les mécanismes qui, dans l’espace européen, essentiellement du Xe au XVIe siècle, ont conduit à l’adoption de cette figure. Censé d’abord éclairer les liens de filiation, l’arbre n’a pas été choisi pour sa lisibilité et, par conséquent, ne se donne pas seulement pour fonction de représenter la parenté. Dans ces conditions, la question est de savoir pourquoi l’image de l’arbre s’est progressivement imposée comme métaphore de la parenté. Au moins jusqu’aux XIe-XIIe siècles, dans les modes de figuration de la parenté sous forme de diagrammes et d’images, la chaîne de médaillons l’emporte. Il faut attendre le IXe siècle pour que l’on commence à désigner par « arbres du droit » (arbores juris), les représentations de la parenté (arbres de consanguinité ou d’affinité), figures qui connaissent un large succès au cours des XIe-XIIIe siècles. Cependant, malgré leur nom, ces schémas prennent rarement l’apparence d’un arbre, ce qui explique peut-être que l’enlumineur s’est parfois senti obligé d’ajouter des feuilles et des fleurs.

Malgré cette timide avancée, au cours du Moyen central, l’arbre généalogique est encore loin de s’imposer. D’une part, parce que d’autres modes de représentation de la parenté sont bien attestés comme ceux de la maison ou du corps humain. D’autre part, parce que l’arbre demeure un outil de classement des savoirs pouvant figurer autre chose que la parenté (les vices et les vertus par exemple). Christiane Klapisch-Zuber s’interroge donc sur les raisons de l’essor de la figure de l’arbre à partir du XIIIe siècle, où « l’arborescence (...) s’adapte à merveille à la progression d’une pensée discursive et didactique telle que l’enseignement scolastique la met en œuvre. Quant aux subdivisions de l’arbre naturel – racines, tronc, branches, rameaux, feuilles, fleurs et fruits –, elles semblent propices à la mise au jour des distinctions d’une pensée classificatrice et hiérarchisante (p. 209) ». Au XVe siècle, la réflexion se poursuit et s’intensifie et l’image de l’arbre devient moins un outil de classement, un support de la mémoire qu’un objet de spéculation. Il faut attendre le dernier siècle du Moyen Âge pour assister à une véritable réflexion sur une contradiction pourtant déjà perçue auparavant entre l’ascension (croissant vers le haut) de l’arbre naturel et la forme de l’arbor des parentés humaines (orienté vers le bas, qui pousse à l’envers).
Pour tenter de résoudre cette aporie, on utilise la formule homo arbor conversa : l’homme est un arbre inversé, car le haut correspond au lieu de naissance de l’âme primitive, qui est notre racine, d’où l’importance des analogies entre l’arbre et le corps de l’homme. À la fin du Moyen Âge, nous explique Christiane Klapisch-Zuber, l’arbre est partout : arbre des âges de la vie, arbre à alphabet, arbre des couleurs héraldiques, arbre des vices, arbre des sept arts libéraux, arbre des états, etc. Dans l’ensemble de l’Europe, on assiste au triomphe de l’arbre généalogique qui désormais, preuve de son succès incontestable, se rencontre parfois seul, sans texte. À la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle, l’arbre sort des livres, des vitraux et des châteaux pour se dresser dans les villes et les villages sur des échafauds à l’occasion des fêtes. Ce livre révèle la capacité de Christiane Klapisch-Zuber de sortir de sa zone de confort, de sa période et des espaces qu’elle traite habituellement. Elle y cherche les arbres, avec une aisance remarquable, dans l’ensemble de l’Europe chrétienne, de l’Antiquité au XVIe siècle.

Conclusion

Christiane Klapisch-Zuber a aussi publié des articles et, en 2006, un livre essentiel, sur les magnats de Florence, qui en font aussi, du côté italien, une spécialiste de la vie politique de Florence et de l’histoire communale [39]. Mais, déjà, ce rapide tour d’horizon des aspects les plus saillants de son œuvre permet d’en mesurer l’incroyable richesse et originalité, qui expliquent sa renommée internationale.

Toutes celles et tous ceux qui ont eu, comme moi, l’honneur et le bonheur de côtoyer Christiane Klapisch-Zuber, remarquaient immédiatement ses qualités hors du commun, non seulement celles qui font d’elle l’une des plus éminentes historiennes de sa génération (intelligence, rigueur, vivacité, perspicacité, ouverture aux autres disciplines, créatrice de champs nouveaux, écriture ciselée, etc.) mais aussi ses qualités humaines : écoute attentive de l’autre, amour profond de son prochain, disponibilité, sens du collectif, élégance, modestie, pudeur, discrétion, humour. Christiane Klapisch-Zuber est une grande dame qui, tout en faisant les choses sérieusement, ne se prenait jamais au sérieux.

par , le 5 mai

Pour citer cet article :

Didier Lett, « Christiane Klapisch-Zuber, arborescences florentines », La Vie des idées , 5 mai 2026. ISSN : 2105-3030. URL : https://laviedesidees.fr/Christiane-Klapisch-Zuber-arborescences-florentines

Nota bene :

Si vous souhaitez critiquer ou développer cet article, vous êtes invité à proposer un texte au comité de rédaction (redaction chez laviedesidees.fr). Nous vous répondrons dans les meilleurs délais.

Notes

[1J’ai retrouvé dans mon ordinateur une ancienne version de ce texte, daté du 10 décembre 2003, qui portait un autre titre, tout aussi explicite de son itinéraire : «  Des grands nombres (masculins) aux histoires de vie (féminines)  » sous lequel nous avions écrit, entre parenthèses, sans doute à sa demande : «  Titre provisoire : Christiane attend l’inspiration  !  ».

[2La plupart de ces articles ont été repris dans Christiane Klapisch-Zuber, La Maison et le nom. Stratégies et rituels dans l’Italie de la Renaissance, Paris, 1990 et Id., Mariages à la florentine : Femmes et vie de famille à Florence. XIVe-XVe siècle, Paris, 2020.

[3Pour davantage d’éléments biographiques, voir Christiane Klapisch-Zuber, «  Du nombre au profil. Un parcours d’historienne  », dans La famille, les femmes et le quotidien, XIVe-XVIIIe siècles, Textes offerts à Christiane Klapisch-Zuber, Isabelle Chabot, Jérôme Hayez et Didier Lett (dir.), Paris, 2006, p. 13-27  ; Christiane Klapisch-Zuber, «  ‘Je crois en la vertu de la curiosité’. Quarante ans de recherches sur les femmes, le sexe et le genre  », Clio a trente ans, Clio, Femmes, Genre, Histoire, 2025/1, n° 61, p. 315-344  ; Michelle Zancarini-Fournel, «  Entretien avec Christiane Klapisch-Zuber - Une communauté de femmes en prison pendant la guerre d’Algérie  », Clio. Femmes, genre, histoire, no 39,‎ 2014, p. 219-232  ; Didier Lett, «  Itinéraires. Entretien avec Christiane Klapisch-Zuber  », Genre & Histoire 19, Printemps 2017  ; et André Burguière «  Du marbre de Carrare aux croix du Golgotha : le parcours d’historienne de Christiane Klapisch-Zuber  », dans A. Burguière et B. Vincent (dir.), Un siècle d’historiennes, Paris, 2014, p. 135-147.

[4Pour davantage d’éléments biographiques, voir Christiane Klapisch-Zuber, «  Du nombre au profil. Un parcours d’historienne  », dans La famille, les femmes et le quotidien, XIVe-XVIIIe siècles, Textes offerts à Christiane Klapisch-Zuber, Isabelle Chabot, Jérôme Hayez et Didier Lett (dir.), Paris, 2006, p. 13-27  ; Christiane Klapisch-Zuber, «  ‘Je crois en la vertu de la curiosité’. Quarante ans de recherches sur les femmes, le sexe et le genre  », Clio a trente ans, Clio, Femmes, Genre, Histoire, 2025/1, n° 61, p. 315-344  ; Michelle Zancarini-Fournel, «  Entretien avec Christiane Klapisch-Zuber - Une communauté de femmes en prison pendant la guerre d’Algérie  », Clio. Femmes, genre, histoire, no 39,‎ 2014, p. 219-232  ; Didier Lett, «  Itinéraires. Entretien avec Christiane Klapisch-Zuber  », Genre & Histoire 19, Printemps 2017, et André Burguière «  Du marbre de Carrare aux croix du Golgotha : le parcours d’historienne de Christiane Klapisch-Zuber  », dans A. Burguière et B. Vincent (dir.), Un siècle d’historiennes, Paris, 2014, p. 135-147.

[5Elle s’est livrée sur ces événements dans deux interviews : https://entretiens.ina.fr/entretien/441/christiane-klapisch-zuber/sommaire/1 et Michelle Zancarini-Fournel, «  Entretien avec Christiane Klapisch-Zuber… op. cit.

[6Christiane Klapisch-Zuber, Les maîtres du marbre. Carrare, 1300-1600, Paris, 1969.

[7David Herlihy et Christiane Klapisch-Zuber, Les Toscans et leurs familles. Une étude du catasto florentin de 1427, Paris, 1978.

[8André Burguière, Christiane Klapisch-Zuber, Martine Segalen et Françoise Zonabend (dir.), l’Histoire de la famille, Paris, Armand Colin, Paris, 1986.

[9Christiane Klapisch-Zuber (dir.), Le Moyen Âge, vol. 2 de Histoire des femmes en Occident, Georges Duby et Michelle Perrot (dir.), Paris, Plon, 1991.

[10Définie par Florence Weber comme «  l’ensemble d’obligations et de sentiments qui donne leur efficacité aux liens officiels de parenté ou qui crée d’autres liens  », Florence Weber, Le sang, le nom, le quotidien. Une sociologie de la parenté pratique, Paris, 2005, glossaire, p. 9.

[11Christiane Klapisch-Zuber, Florence à l’écritoire. Écriture et mémoire dans l’Italie de la Renaissance, Paris, 2023, Chapitre 5, p. 113-127.

[12Christiane Klapisch-Zuber, «  Parents de sang, parents de lait  » (article paru en italien en 1983), repris dans Id., La maison et le nom …, p. 272.

[13Christiane Klapisch-Zuber, «  Compérage et clientélisme  » (article paru en italien en 1985), repris dans Id., La maison et le nom…, p. 123-133.

[14Ibidem, p. 131.

[15Christiane Klapisch-Zuber, «  Parents de sang, parents de lait  », repris dans Id., La maison et le nom …, p. 268.

[16Ibidem, p. 383-384.

[17Christiane Klapisch-Zuber, «  Les clefs florentines de Barbe-Bleue. L’apprentissage de la lecture  » (article paru en italien en 1984), repris dans Id., La maison et le nom…, p. 309-330.

[18Christiane Klapisch-Zuber, «  La bourse ou les boules de saint Nicolas. De quelques représentations des biens féminins en Italie  », Clio. Femmes, Genre, Histoire, 7, 1998, p. 77-78.

[19Joan Kelly, «  Did Women Have a Renaissance   ?  » in Renate Bridenthal et Claudia Koonz (dir.), Becoming visible : women in European history, Boston, Houghton Mifflin, 1977, p. 137-164.

[20Christiane Klapisch-Zuber, Mariages à la florentine…, «  Introduction  », p. 9.

[21Christiane Klapisch-Zuber, Mariages à la florentine…, «  Introduction  », p. 149.

[22Sur tous ces aspects, je me permets de renvoyer à Didier Lett, «  Les Florentines de Christiane : entre subordination et agency   », Clio. Femmes, Genre, Histoire, 64/2026 (à paraître).

[23Christiane Klapisch-Zuber, «  Parents de sang, parents de lait  », repris dans Id., La maison et le nom …, p. 12.

[24Christiane Klapisch-Zuber «  Le nom ‘refait’ : La transmission des prénoms à Florence (XIVe-XVIe siècles)  », L’Homme, 20, 4, 1980, p. 77-104, repris dans Id., La Maison et le nom…, p. 83-107.

[25Christiane Klapisch-Zuber «  Le nom ‘refait’…, p. 105.

[26Christiane Klapisch-Zuber, Se faire un nom. L’invention de la célébrité à la Renaissance, Arkhê, 2019.

[27Christiane Klapisch-Zuber, Les maîtres du marbre…, p. 9 et 168.

[28Christiane Klapisch-Zuber, «  La vie domestique et ses conflits chez un maçon bolonais du XVe siècle  », dans Le petit peuple dans l’Occident médiéval. Terminologies, perceptions, réalités, Actes du Congrès tenu à l’Université de Montréal, 18-23 oct. 1999, P. Boglioni, R. Delort et C. Gauvard (dir.), Paris, 2002, p. 485-498.

[29Christiane Klapisch-Zuber, Florence à l’écritoire…, Chapitre 1, p. 53-65.

[30Christiane Klapisch-Zuber, «  La vie domestique et ses conflits…, p. 489-490.

[31Christiane Klapisch-Zuber, «  Du nombre au profil…

[32Christiane Klapisch-Zuber «  La lutte pour la culotte, un topos iconographique des rapports conjugaux (XVe-XIXe siècles)  », Clio. Histoire, Femmes, Sociétés, 34/2011, p. 203-218.

[33Christiane Klapisch-Zuber, «  La Fontaine de Jouvence. Bain et jeunesse entre XIVe et XVIe siècle  », Clio. Femmes, Genre, Histoire 42/2015, p. 181-190.

[34Christiane Klapisch-Zuber, «  La danse de Salomé  », Clio. Femmes, Genre, Histoire 46/2017, p. 189-198.

[35Christiane Klapisch-Zuber, «  Coffres de mariage et deschi da parto : la signature des objets  », dans Images de soi dans l’univers domestique  ; XIIIe-XVIe siècle (Actes du colloque… Montpellier, 17-19 oct. 2013), dir. Gil Bartholeyns, Monique Bourin & Pierre-Olivier Dittmar, Rennes, PU de Rennes, 2018, p. 134-140.

[36Christiane Klapisch-Zuber, «  Des femmes cueillant des phallus (Italie, fin du XIIIe siècle)  », dans Sophie Lalanne, Didier Lett, et Dominique Picco, (dir.), Histoire des femmes en Europe (des grottes aux Lumières), Paris, Armand Colin, 2024, p.459-461.

[37Christiane Klapisch-Zuber, L’Ombre des ancêtres. Essai sur l’imaginaire médiéval de la parenté, Paris, 2000 et Id., L’Arbre des familles, Paris, La Martinière, 2003.

[38Christiane Klapisch-Zuber, Le Voleur de Paradis. Le Bon larron dans l’art et la société (XIVe-XVIe siècles), Paris, 2015.

[39Christiane Klapisch-Zuber, Retour à la cité. Les magnats de Florence, 1340-1440, Paris, 2006.

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