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« Johnny Mnemonic », Robert Longo (1995)

Dossier Société

Faut-il avoir peur de la révolution numérique ?
Changement social, optimisme technologique et dystopies numériques


par Jules Naudet , le 8 juin


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Cinq spécialistes des nouvelles technologies partagent leurs points de vue sur les espoirs et les dangers portés par la révolution numérique en cours. Leurs réponses révèlent le besoin urgent d’approfondir nos réflexions sur les conséquences politiques, sociales et économiques de cette transformation de nos sociétés.

L’idée d’un partenariat entre le CASBS (Université de Stanford) et B&I/LVDI (Collège de France) est née de l’objectif commun de nos deux institutions d’enrichir le débat public à l’aide des meilleurs travaux empiriques en Sciences Humaines et Sociales. Alors que le CASBS a été créé juste après la seconde guerre mondiale, La Vie des Idées a, elle, été lancée en 2008, année de la crise financière des subprimes. Malgré cet intervalle de soixante ans entre la naissance des deux institutions, elles ont toutes deux étés conçues avec la même ambition d’apporter des nouvelles clés de compréhension d’un monde en crise et en pleine mutation sociale. Toutes deux tentent de faciliter la circulation des idées produites par la recherche universitaire et d’assurer leur diffusion dans toutes les couches de la société ainsi que par-delà les frontières nationales. Ces valeurs partagées sont au cœur de notre partenariat et nous espérons que les analyses que nous publions en commun connaîtront ainsi une diffusion encore plus large et plus profonde au sein des mondes francophone et anglophone.

Ce partenariat consiste en la publication simultanée, en français et en anglais, de trois types de contenus : des comptes rendus de livres récemment entrés dans la collection Ralph W. Tyler ; des portraits intellectuels d’influents et éminents anciens fellows du CASBS ; et, enfin, des interviews de membres de la communauté du CASBS.

Selon le magazine Forbes, en 2022, 7 des 10 personnes les plus riches du monde ont bâti leur fortune sur l’économie digitale. De même, 40 % des 20 plus grandes entreprises du monde s’appuient sur un modèle économique basé sur ce qu’on appelle « le capitalisme de plateforme ». Le bruit court que les nouvelles technologies seraient le nouveau pétrole. De nombreux investisseurs se séparent en effet de leurs avoirs dans des firmes spécialisées dans les combustibles fossiles et orientent désormais leurs fonds vers l’économie digitale. Ces flux massifs de capitaux transforment la structure de nos sociétés, d’une manière similaire à celle avec laquelle le pétrole a révolutionné le monde en permettant un ensemble d’innovations qui ont-elles-mêmes conduit à l’apparition d’objets qui façonnent désormais notre quotidien : articles en plastique, peinture, cosmétiques, détergents, engrais, voitures, avions, etc.

De manière comparable, la révolution numérique a transformé notre environnement immédiat. Internet, les smart phones et la data science sont omniprésents dans nos quotidiens et de plus en plus d’activités économiques sont désormais médiées par des plateformes en ligne et des algorithmes d’apprentissage automatique (machine learning). Ces technologies sont à l’origine des innovations les plus importantes de notre époque et attirent les plus gros volumes de capitaux. Elles façonnent progressivement un monde matériel inédit dans lequel se développent aussi de nouvelles pratiques et de nouvelles habitudes. Mais, étrangement, nos technologies sociales et juridiques relèvent encore de l’ancien monde. Cela est d’autant plus inquiétant que le développement de l’économie des données (c’est-à-dire la marchandisation des données numériques collectées par les plateformes numériques) transforme le paysage concurrentiel, conduisant à un marché concentré dans lequel les gains économiques vont à un nombre très réduit de grandes entreprises. Ces changements massifs appellent un nouveau cadre juridique, mais aussi, et peut-être surtout, une nouvelle éthique. Des sociétés construites autour de technologies algorithmiques nécessitent en effet un cadre éthique susceptible de les tenir en bride.

Situé au cœur de la Silicon Valley, le CASBS est particulièrement attentif à saisir les multiples conséquences et implications de cette révolution numérique. La Vie des Idées / Books&Ideas a interviewé cinq membres de la communauté CASBS qui travaillent depuis longtemps sur les conséquences de ce changement social massif. Analysant ces transformations sous des angles disciplinaires multiples, ils tentent ainsi de faire sens de ce moment si particulier dans lequel nos sociétés sont actuellement plongées.

Les articles du dossier

par Jules Naudet, le 8 juin

Pour citer cet article :

Jules Naudet, « Faut-il avoir peur de la révolution numérique ?. Changement social, optimisme technologique et dystopies numériques », La Vie des idées , 8 juin 2022. ISSN : 2105-3030. URL : https://laviedesidees.fr/Faut-il-avoir-peur-de-la-revolution-numerique.html

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