Comment devient-on sociologue ? Comment construit-on une œuvre ? Quel type d’écriture invente-t-on pour cela ? Jean-Claude Passeron raconte son itinéraire, de la philosophie aux sciences sociales.
Comment devient-on sociologue ? Comment construit-on une œuvre ? Quel type d’écriture invente-t-on pour cela ? Jean-Claude Passeron raconte son itinéraire, de la philosophie aux sciences sociales.
Un itinéraire de sociologue est un ouvrage qui réunit trois entretiens : avec Raymonde Moulin et Paul Veyne pour le premier, avec Paul Veyne pour le deuxième et avec Denis Baranger (sociologue à l’Université Nationale de Misiones en Argentine) pour le dernier. Le seul thème unificateur du livre est l’auteur lui-même qui raconte sa vie intellectuelle, avec ses recherches au Centre de sociologie européenne, avec ses années à Vincennes, avec son investissement à Marseille, associé à des travaux en sociologie de l’art.
Dans le premier entretien, l’auteur s’attarde longuement sur sa socialisation à l’École Normale Supérieure d’Ulm (1950-1955), où il a préparé l’agrégation de philosophie, sur la lecture d’ouvrage de cette discipline – le nom de Bachelard revient souvent [1] –, sur ses relations amicales et politiques – son groupe était nommé ‘groupe folklorique’ ou la Mafia, parfois le ‘Saint-Germain-des-Prés’ » (p. 87) –, sur son amour du cinéma avec Christian Metz, au Quartier latin, et la drague sur le boulevard Saint-Michel. On découvre un trait de son caractère : son goût « en toute insouciance épicurienne, [pour les] déambulations urbaines, érotiques, muséales ou cinématographiques dans Paris » (p. 116). Jean-Claude Passeron reconnaît qu’il s’agit là d’une différence qui le distingue de Pierre Bourdieu : il ne partageait pas « la même conception du partage entre le temps passé à grignoter les racines amères de la connaissance et le temps donné aux épicurismes de la vie quotidienne » (p. 290).
J.-C. Passeron retrace sa reconversion vers la sociologie. En 1961, il quitte l’enseignement secondaire à Marseille et devient assistant de Raymond Aron à la Sorbonne – son nom ayant été soufflé par Paul Veyne. Il rencontre Bourdieu qui lui propose une association au sein du Centre de sociologie européenne (Pestana, 2012). S’ensuit une collaboration d’une dizaine d’années qui aboutira à la parution des Héritiers en 1964, du Métier de sociologue en 1968 et de La Reproduction en 1970. Il définit sa démarche, au moment de son association avec Bourdieu : le « sociologisme méthodologique » contre « l’individualisme méthodologique » (p. 247), suivant le précepte de Durkheim : « Expliquer le social par le social ».
À l’automne 1966, il enseigne à l’Université de Nantes, créant l’année suivante le département de sociologie. Deux ans plus tard, il part au Centre Universitaire de Vincennes, appartenant du noyau cooptant, et où il crée le département de sociologie (F. Carin, L. Letinturier, J. Rujas, C. Soulié, 2012). Une période agitée dont il retrace les affrontements entre les différentes fractions politiques et pendant laquelle il négocie et renégocie pour tenter de définir une « utilité collective » (p. 380). A posteriori, J.C. Passeron établit un bilan de ces années : « Vincennes m’a fourni […] peu d’enquêtes à dépouiller ou de réformes pédagogiques à moudre. Retraite de milieu de vie d’un fonctionnaire d’aspiration confucéenne, profitant d’une parenthèse institutionnelle pour faire un break taoïste de fantaisie mentale. » (p. 383-4).
J.-C. Passeron quitte « le rocher de Sisyphe du non-agir vincennois » (p. 399). Il apprécie le calme d’une délégation au CNRS pour lancer un groupement de recherches en 1977, le GIDES (Groupe interuniversitaire de documentation et d’enquêtes sociologiques) au sein duquel il dirige L’œil à la page (1981), recherche collective sur l’introduction de l’audiovisuel dans les bibliothèques publiques. Il soutient sa thèse d’État, Les mots de la sociologie, en 1980, et il postule à un poste de professeur à l’Université de Paris V (improprement nommée dans le livre « Sorbonne nouvelle »), mais il est devancé par Michel Maffesoli (épisode passé sous silence). Après cette désagréable surprise, il se fait élire à l’EHESS en 1981, avec un projet de déconcentration à la Vieille Charité à Marseille. Il consacre beaucoup de temps à la structuration de la recherche – avec successivement le Centre de recherche en sociologie de l’art et de la culture, le CERCOM, le SHADYC (Sociologie, Histoire, Anthropologie des dynamiques culturelles), la création de la revue Enquête. Entre l’hédonisme revendiqué par J.-C. Passeron (souligné aussi par Veyne) et « l’acharnement mis au service ‘confucéen’ de l’organisation de la recherche » (p. 399), il y a une tension peu compréhensible, Passeron l’avoue lui-même : « J’ai toujours répugné à la ligne de vie professionnelle que j’ai suivie » (p. 400).
Mais, contrairement à Vincennes, la dernière étape à Marseille l’autorise à ouvrir de nouvelles recherches en sociologie de l’art. Cela se traduit notamment par Le Temps donné aux tableaux (1991 ; 2019) avec Emmanuel Pedler, où les deux auteurs dessinent les parcours des visiteurs et chronomètrent les arrêts devant les œuvres du musée Granet. Parallèlement, J.-C. Passeron devient un épistémologue de l’enquête sociologique, insistant, grâce aussi à l’interdisciplinarité effective des séminaires marseillais, sur la « pluralité théorique » de la sociologie (1994).
Ce premier entretien ouvre des parenthèses sur un ensemble de sujets sur la différence entre « pittoresque social et romanesque sociologique » (p. 229), sur la manière d’élaborer des hypothèses, avec l’analogie, la métaphore et la comparaison, sur « la sociologie du soupçon, expression de « la méfiance qui est mère d’hypothèses nouvelles ou aiguës » (p. 300). Pour J.-C. Passeron, le soupçon est nécessaire en début d’enquête, « il n’est jamais qu’un émancipateur des hypothèses » (p. 302). Il nomme joliment cette phase créatrice, le « libre envol des hypothèses » (p. 308), versant positif de la philosophie du non. Si l’ouvrage est impossible à résumer, trois thématiques peuvent cependant être retenues pour mieux cerner son originalité : la première est celle du rapport de J.-C. Passeron à l’écriture ; la deuxième est celle de sa place dans la sociologie, perceptible en partie dans ces entretiens ; et la troisième, celle de sa théorie de l’expérience esthétique.
Le premier entretien – « Conversations sur la philosophie et la sociologie. Réponses aux questions sur les inconséquences de ma carrière de chercheur » occupe 426 pages. C’est une reprise de l’entretien proposé en conclusion d’un numéro spécial de la Revue Européenne des sciences sociales, « Du bon usage de la sociologie. Pavane pour Jean-Claude Passeron » (1996). Mais, alors, cet entretien avec les mêmes questions n’occupait que 79 pages.
Cinq fois plus long ! À juste titre, Jean-Louis Fabiani intitule son excellent avant-propos à Itinéraire d’un sociologue : « Cent fois sur le métier ». Que signifie ce souci chez J.-C. Passeron ? L’allongement du premier entretien d’Un itinéraire de sociologue ne s’explique pas par des ajouts sur la dernière période de J.-C. Passeron à Marseille comme directeur d’études en « sociologie des arts et de la culture ». Il renvoie avant tout à l’attention constante qu’il apporte à l’expression de sa pensée, écrite ou orale. Lorsqu’il reprend un de ses textes, il ouvre davantage d’incises, à l’image de celles qu’il effectuait dans « l’improvisation orale » de ses cours ou séminaires. Il explique que cela lui donnait l’illusion dès le début de son enseignement de philosophie de ne pas se répéter d’année en année.
Mais, au-delà du plaisir associé à une relative improvisation, J.-C. Passeron apprécie que ses textes restent provisoires, car il n’en est jamais satisfait sur la forme et sur le fond. Il le souligne à propos de la fin de son diplôme en études supérieures sur L’image spéculaire sous la direction de Daniel Lagache : « Faute de pouvoir conclure, dans la confection de ce diplôme d’études supérieures où je découvris les liens inextricables entre une ‘écriture’ qu’il faut savoir terminer et l’ambition interminable d’inscrire ses certitudes dans le langage d’une énonciation conceptualisée en toutes ses composantes » (p. 144). J.-C. Passeron hésite toujours à les rendre totalement visibles sous la forme de publication, sauf si d’autres coauteurs le pressent ou si des revues confidentielles l’acceptent, en attendant une version finale.
Il revendique ces « reprises » dans l’article « Mort d’un ami, disparition d’un penseur ». Ainsi, à propos de La Reproduction et du Métier de sociologue, il déclare : « J’ai découvert, dès que nous avons commencé à la pratiquer, le rôle constitutif de la réécriture dans toute écriture de la pensée ». Pour J.-C. Passeron, « la réécriture des énoncés et de leurs enchaînements conduit toujours à refonte et amélioration du raisonnement ».
Cependant, il est conscient que « l’écriture à deux, ou à plusieurs, est surcontrôlée » (Un itinéraire, p. 293). Il prend encore l’exemple de La Reproduction, reconnaissant que le texte est peu fluide, dû « à la trop longue réécriture du texte, aggravée par les épaississements de l’argumentation et encouragée par l’écriture conjointe de partenaires qui soldaient ainsi leurs désaccords sociologiques » (p. 296). J.-C. Passeron ajoute que c’est pour cette raison de lourdeur que Bourdieu et lui écrivent le livre I, avec des propositions initiales censées aider la lectrice ou le lecteur, et qui ont finalement pris une « physionomie rébarbative » (idem). Malgré cela, et les risques de surcharge qui « guettent les pratiquants “compulsifs” de la retouche », J.-C. Passeron défend sa pratique de retouches en effectuant un parallèle avec Max Weber (son sociologue préféré), « obsessionnel », ce qui « l’a conduit à l’extrême limite de la lisibilité, en tous cas pour le lecteur profane… ; c’est bien sûr le contraire pour le sociologue prêt à payer le prix de cette lecture : la riche marqueterie de ses textes surargumentés est un régal de la pensée » (idem, p. 85).
La réécriture autorise J.-C. Passeron à répondre toujours davantage aux objections possibles, il essaie ainsi de les anticiper, ce qui l’amène aussi à approfondir son raisonnement. En sociologie, serait-il un adepte du Non finito ?
Une séparation n’implique pas la négation de tout ce qui fait une relation. C’est la manière dont Jean-Claude Passeron envisage les douze années en relation forte avec Pierre Bourdieu, entre 1961 et 1973, au sein du Centre de sociologie européenne, visibles à tel point que Pierre Encrevé et Rose-Marie Lagrave estiment que « Bourdieu-Passeron a longtemps été un seul nom propre » (p. 10). Une séparation due, selon J.-C. Passeron, principalement à des désaccords épistémologiques, explicités dans Le raisonnement sociologique vingt ans plus tard (1991). Une séparation qui nous a privés du livre second du Métier. Une séparation sans bilan explicite, comme J.-C. Passeron le narre dans « Mort d’un ami, disparition d’un penseur » : « Les éclaircissements “en tête-à-tête” que nous nous promettions parfois ont toujours été différés dans les bousculades du quotidien […] au fantasme d’un improbable bilan final, là chacun pense pouvoir raisonner “tous comptes faits”, sans compter qu’à ce terme les comptes sont soldés, non plus par les raisonnements des chercheurs qui se sont escrimés à les cumuler, mais par d’autres chercheurs qui penseront dans de nouvelles catégories mentales […] pour répondre à de nouvelles questions posées par la vie en société » (p. 48, « Mort d’un ami… »).
Une identité personnelle résulte aussi d’une transaction avec la manière dont les autres individus et groupes se la représentent. À ce jeu social, J.-C. Passeron a plus à perdre que Bourdieu dans la mesure où le premier a peu de disciples (« Je crois, dieu merci, n’avoir jamais fabriqué ni endoctriné des disciples ») contrairement au second, et où par conséquent son œuvre et sa vie disposent de moins de réécritures et de réinterprétations actualisant et renforçant une identité narrative. Il suffit de comparer la place de Bourdieu dans les écrits de J.-C. Passeron et la place de ce dernier dans les textes de Bourdieu. Ce dernier dans Esquisse pour une auto-analyse (2004) nomme une fois J.-C. Passeron, sans évoquer le « couple » de chercheurs qu’ils ont formé, et évoque en revanche plus son groupe au Centre de sociologie européenne. L’inverse de ce que fait J.-C. Passeron qui est contraint, pour une large part, de rester, même après la séparation, un « ex » alors que Bourdieu, en position dominante, dispose de plus de ressources pour minimiser cette dizaine d’années de vie commune théorique.
Une relation à deux, aussi égalitaire soit-elle, est toujours aussi une relation de dépendance. Et la mémoire, inscrite dans le récit de soi, après la séparation, rend bien compte de cet état de fait. Ainsi, dans le troisième entretien, Denis Baranger l’interroge en parallèle avec son travail sur l’épistémologie de Bourdieu (p. 587). Ce rapprochement a pour intérêt, malgré tout, de permettre de préciser la position de J.-C. Passeron sur la sociologie et ses effets, caractérisée par son « scepticisme praxéologique » (p. 600) : « Je suis moi-même de plus en plus persuadé que la connaissance scientifique ne peut jamais, dans les sciences sociales, agir sur ses objets avec l’efficacité technique dont elle fait preuve dans d’autres sciences, assises sur des déterminismes plus mécaniques ou plus universels. » (p. 604).
J.-C. Passeron développe en une centaine de pages des idées esquissées dans un précédent entretien, en 1996, cherchant à convaincre de sa nouvelle manière d’interpréter ce que les « regardeurs » tirent de la vue des tableaux. Il critique les analyses « réductionnistes », c’est-à-dire celles qui réduisent l’art soit à une « pureté intrinsèque d’un rapport à l’art débarrassé de ses scories empiriques » (p. 241), soit à une autre fonction, celle de « l’exercice de la fonction de distinction », associée à la « possession d’un capital culturel » (idem). La distinction (1979) est visée. Il n’est pas possible de réduire toute l’activité du regardeur au souci de se différencier socialement d’autrui. Il existe d’autres sources de satisfaction qui dérivent notamment du « sentiment d’échapper au temps », de l’érudition investie dans la visite, de l’émotion ressentie devant tel ou tel tableau. Le plaisir unique vient, pour J.-C. Passeron, du fait que chaque spectateur dose les différents plaisirs en une composition unique. Il propose théoriquement un modèle « posologique », et défend le « goût de l’impureté, du mélange des formes sensorielles et du mixage des saveurs symboliques » (p. 582). Il ne donne pas d’idéaux-types des visiteurs des musées qu’il serait possible de construire en fonction de la place et du poids accordés à chaque plaisir.
J.-C. Passeron insiste davantage sur les modèles de référence historiques du modèle posologique. Il estime qu’il peut y avoir à certains moments un appauvrissement du plaisir, par élimination éliminant trop de composantes, ou les pondérant de manière trop hiérarchique. Il prend l’exemple des arts révolutionnaires : avec « un rétrécissement orienté des composantes de la perception artistique qui a rapidement abouti à la monotonie et à l’insignifiance stylistiques, avec pour corollaire la constitution d’un art académique » (p. 564). L’art engagé confond la légitimité politique et la légitimité culturelle, et exclut cette dernière composante. Et J.-C. Passeron pose, de manière plus polémique, que l’art contemporain, pour une part, tend lui aussi vers une forme d’appauvrissement, avec « la quasi-disparition du souci d’une expression “plastique” fondée sur le travail patient des matérialités et des formes » [qui] a suivi « le renoncement aux techniques de la “figuration” » (p. 556). Même les nouvelles formes de figuration (comme le pop art) n’échappent pas à ce que J.-C. Passeron considère comme une « restriction du nombre des composantes sollicitées conjointement pour éveiller l’émotion artistique » (p. 563), notamment en faisant disparaître « le sentiment d’échapper au temps ».
Aussi pertinent soit-il, le modèle posologique et ses types idéaux ne facilitent pas son opérationnalité. En effet les indicateurs de l’arrêt et du temps donné à chaque tableau, aussi pertinents soient-ils, ne permettent pas de rendre visibles les composantes actualisées de l’expérience esthétique. J.-C. Passeron le reconnaît lorsqu’il estime qu’il est impossible de « séparer l’effet produit par chacune des composantes signifiantes de l’œuvre » (idem).
Une analyse sociologique de la socioanalyse proposée par J.-C. Passeron dans Un itinéraire de sociologue, surtout dans les chapitres 1 et 3, serait possible. Cela supposerait de rendre compte de la socialisation telle que la pense l’auteur. Quand Bourdieu commence sa socioanalyse, il affirme ceci : « Je m’oblige (et m’autorise) à retenir tous les traits qui sont pertinents du point de vue de la sociologie, c’est-à-dire nécessaires à l’explication et à la compréhension sociologiques, et ceux-là seulement. » (2004, p. 11-12). En lisant en parallèle les textes de Bourdieu et Passeron, on observe qu’ils accordent beaucoup d’importance à leurs études supérieures et au contexte dans lequel ils les font. On ne peut qu’être frappé par la place accordée à cette socialisation scolaire, comme si le reste de l’existence comptait peu : l’enfance (J.-C. Passeron dessine néanmoins l’influence de sa mère, institutrice, engagée à gauche et anticoloniale), la vie conjugale, l’éducation de son enfant, les amies, les amis (ultérieurs à l’ENS). Tout se passe comme si ces relations avaient peu d’impact sur la trajectoire intellectuelle. Est-ce que cela signifie, puisque l’historien ou le sociologue a « pour fin de replacer une action sociale dans son “contexte” pertinent » (p. 646), que l’intellectuel n’est déterminé que par ce qui est intellectuel ? La vie privée est privée des lumières de l’analyse sociologique ! Une forme d’abstraction, loin de la connaissance située (Haraway, 1988).
Quoi qu’il en soit, Un itinéraire de sociologue constitue une importante contribution à la sociologie renaissante des années 60, définie par J.-C. Passeron comme celle de l’exercice d’un « métier middle class d’allure ‘plébéienne’, fait de patience au travail, purgé du lyrisme aristocratique du prophétisme […] – et surtout un métier intellectuel débarrassé des spéculations mal débarbouillées de leur apprêt théologique ou métaphysique. » (p. 167).
par , le 1er avril
Bibliographie
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– Bourdieu Pierre, Esquisse pour une auto-analyse, Raisons d’agir, Paris, 2004.
– Carin Frédéric, Letinturier Rujas Javier, Soulié Charles, « La sociologie à Vincennes : une discipline dispersée », in Soulié Charles (dir.), Un mythe à détruire. Origines et destin du Centre universitaire de Vincennes, Vincennes, Presses Universitaires de Vincennes, 2012, p. 315-358.
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– Fabry Lucie, « Jean-Claude Passeron et la critique du bachelardisme naturaliste en sociologie », in Roux Sophie, Fabry Lucie (dir.), Bachelardismes et anti-bachelardismes. Controverses épistémologiques des années 1960, Paris, Classiques Garnier, 2024, p. 297-324.
– Haraway Donna, « Situated Knowledges : The Science Question in Feminism and the Privilege of Partial Perspective », Feminist Studies, 14, 3, 1988, p. 575-599.
– Moulin Raymonde, Passeron Jean-Claude, Pasquier Dominique, Porto-Vasquez Fernando, Les artistes. Essai de morphologie sociale, Paris, La Documentation Française, 1985.
– Moulin Raymonde, Veyne Paul, « Entretien avec Jean-Claude Passeron. Un itinéraire de sociologue », Revue Européenne des Sciences Sociales, tome XXXIV, n°103, p. 275-354, 1996.
– Passeron Jean-Claude, « L’œil et ses maîtres », postface au catalogue Jolis paysans peints, Musée des Beaux-Arts, IMEREC, Marseille, 1989, p. 99-123, repris in Passeron Jean-Claude, Pedler Emmanuel, Le temps donné aux tableaux, Lyon, ENS Éditions, sous le même titre, 2019, p. 217-250.
– Passeron Jean-Claude, Le raisonnement sociologique, Paris, Nathan, 1991 (réédition Paris, Albin Michel, 2006).
– Passeron Jean-Claude, « De la pluralité théorique en sociologie. Théorie de la connaissance et théories sociologiques », Revue Européenne des Sciences Sociales, tome XXXII, n°99, p. 71-116, 1994.
– Passeron Jean-Claude, « Mort d’un ami, disparition d’un penseur », in Pierre Encrevé, Rose-Marie Lagrave (dir.), Travailler avec Bourdieu, Flammarion, Paris, 2003, p. 17-90, texte enrichi publié sous le même titre in Revue Européenne des Sciences Sociales, tome XLI, n°125, 2003, p. 77-124.
– Pestana José Luis Moreno, « Pierre Bourdieu & Jean-Claude Passeron », in Lebaron Frédéric, Gérard Mauger (eds.), Lectures de Bourdieu, Paris, Ellipses, 2012, p. 353-372.
– Vallet Pascal, Dubief Jessie, « Du métier de sociologue, les archives de L’œil à la page », Ethnographiques, 32, 2016, p. 1-36.
– Veyne Paul, « Celui-là n’a pas un bon cœur, que la gratitude fatigue. Pour notre ami Jean-Claude Passeron », Revue Européenne des Sciences Sociales, tome XXXIV, n°103, 1996, p. 7-14.
François de Singly, « Passeron par lui-même », La Vie des idées , 1er avril 2026. ISSN : 2105-3030. URL : https://laviedesidees.fr/Passeron-Un-itineraire-de-sociologue
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[1] Jusqu’au Métier de sociologue (1968). Dans cette édition première, Bachelard et Durkheim sont à égalité en nombre de textes (7 chacun sur 73). Dans Le raisonnement sociologique, J.-C. Passeron s’éloigne de l’épistémologie bachelardienne, comme l’analyse Lucie Fabry (2024).